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diaphane express

1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 21:16

le baiser

faut pas lui parler,

faut plus lui parler,

il n’entend plus que cette litanie presque un susurrement torride,

- viens, viens, viens me faire un baiser, je t’attends

tout imprégné de la moiteur de ses nuits insomniaques

et cette voie en écho,

il tourne et retourne qui cherche un nom, une issue,

et ce rendez-vous improbable,

il brume, il grisâtre, il est là devant cette porte de transparence,

- viens, viens me faire un baiser, je t’attends

une sorte de couloir, éclairé de fulgurances ressurgies,

est-ce toi Vanessa qui lui offrit l’amour,

est-ce toi Xéna et vos mots inventés,

est-ce toi Christa, votre maison, vos enfants,

est-ce toi Léa et vos deux miroirs,  

est-ce toi Lydia, vos combats, vos tendresses,

est-ce toi l’Inconnue, l’irrémédiable et qui veille ?

ce couloir entrevu, traversé de soubresauts,  

ces bouches qui se touchent, frissons d’égarements,

il pleut, il noircit, il tâtonne

- viens me faire un baiser, je t’attends,

le voilà titubant et ses souvenirs de salives sauvages,

elle est là, rouge écharpe, rouge rose, rouge lèvres,

elle l’attend, c’est écrit,

il se penche, se glisse en dessous, semble lui relever la tête,

ce n’est pas elle qui appareille mais lui vers d’autres infortunes,

les mains, les cœurs, tous ces destins heurtés,

il en est des haleines désormais et des effleurements,

comme de ces baisers nourriciers et furtifs

soudain l’échange, l’abandon,

faut lui parler,

faut vite lui parler,

- embrasse moi, il est temps,

il est attentif certainement,

elle est belle, elle est froide,

bouche et lèvres tendues comme dernière frontière,

il s’incline et porte son visage au sien

 

pour mil et une 
Tableau : Carolus-Duran / Palais des beaux arts de Lille

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commentaires

Annick SB 03/01/2013 21:54


L'amour est attente ... jusqu'à en mourir ... 

daniel 05/01/2013 17:20



oui Annick, tout à fait ça même qu'à force, on attend plus...



MIche 18/12/2012 05:42


Cette tension entre dire et taire ... ce que les corps délient...


Merci


 

daniel 05/01/2013 17:22



...délient et laissent comme tatouages au fond du coeur...
merci Miche



voyages immobiles

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

city.jpg

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

thailande.jpg

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

et ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

sagesse.jpg

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés d’ailleurs,

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotants,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

auroville.jpg

...

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une présence

...un peu de douceur,
dans un monde de brutes...