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diaphane express

21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 21:46

déjà toute petite sur son siège bébé, il suffisait de fredonner pour qu’elle se balance entre tutute et jouets puis vint le temps de l’école, à la récré loin des autres, elle susurrait en prenant soin de ne pas trop élever la voix,
aux tables des classes, elle chevauchait de l’intérieur le monologue du prof et les sarcasmes des autres et doucement se réfugiait en mélopées enfouies,
se taire, les refrains finissent toujours par lasser,
elle se levait, chantait devant son écran, non, elle ne voulait pas être la voix ou la star, juste communiquer à qui veut bien l’entendre son amour et son désespoir,
elle est conviée, sélectionnée comme on dit,
elle n’ira pas dans leurs studios aseptisés, ne fera pas de sourires béats aux caméras,
en cette fin d’après midi de printemps, elle ouvre grand sa fenêtre,
vis-à-vis à d’autres fenêtres de misère et de silence,
un regard au bas vers cette rue étriquée,
elle gonfle sa poitrine, ni le chant du départ ni celui des partisans
et qui terrasse soudain les stridences ambulancières ou cet éternel ronronnement citadin,
des mots éructés tantôt retenus tantôt crachés, voila l’ultime note,
et qui résonne encore à ces murs d’indifférence, un refrain visionnaire,
- non je ne regrette rien…  
les cours de chant ont disparu, elle arbore timidement sa jupe à mi-genoux, se plie bien au sourire obligé, ce matin sans prévenir, un autre couplet, tous ces télé-crochets,
elle a refermé les battants de fenêtre, se sait devenue muette à des oreilles si longtemps sourdes, le lit est en face, elle s’y allonge, c’est la finale, ne peut se résigner à couper le son,
se souvient de ces couloirs de peurs, bousculée, invisible aux flots apeurés d’ombres soumises aux correspondances, aussi ces rues d’averses, la guitare sous le parapluie, la voix qui s’éraille, elle aurait voulu, vitres offertes, ne plus chanter, juste beugler l’espace d’une seconde comme un souffle d’espoir,
- je repars à zéro…

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Published by daniel - dans écriture
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voyages immobiles

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

city.jpg

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

thailande.jpg

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

et ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

sagesse.jpg

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés d’ailleurs,

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotants,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

auroville.jpg

...

Dans L'armoire

une présence

...un peu de douceur,
dans un monde de brutes...