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diaphane express

23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 21:58

porté par un vent qui l’éloigne des côtes,
l’esquif s’enfonce aux confins

des paquets gluants et glacés s’agrippent aux rafales

embruns incandescents

l’acier gémit et résiste

il s’est amarré de cordes au bastingage

ce pénis de pierre accouché de la roche

son œil jaunâtre qui balaie le déchaînement

comme un doigt de tempête

farouche et avide

les planches se déchirent

et voilà la terre

ce crayon de granit à la mine balbutiante

le flot est prétentieux

il gravit de l’intérieur ce pieu comme un défi

et le vent qui s’acharne, fait trembler l’édifice

le phare est vide

certainement les fantômes

qui veillent sur le verre et l’état de l’éclat

cette peau liquide n’en finit pas de remuer

l’orage qui scintille aux frontières des paupières

il observe, il scrute

les mois qui passent

sculptent à ses joues d’autres chemins

cette nuit-là était autre

fragments de roulis

écailles mouvantes qui se dessinent

la mer accouche

les yeux rongés de sel, rouges comme la veine

juste guetter la brillance ponctuelle

du faisceau aveugle

phare.jpgfigé d’errances projetées

il l’espère s’approcher, crever l’ombre, dévoiler sa présence

écorce tremblante qui balbutie aux jugements

parfois aux replis de l’étoffe

la vague qui suinte, relents de poissons oubliés

écrasés sous la botte d’éphémères voyageurs

elle s’esquisse si fragile si furtive

transparente aux tourmentes

et lui qui tend les mains

encore la nuit à cogner la roche

 à rêver d’impossibles courbes
si lentes et sereines

elle va venir, c’est sur…
cette bave d’écume au repli d’une lèvre
des souvenirs balancés, ressac d’amertume
il descend titubant, ce lancinement de marches
elle a gravi le derme
une main habillée de terre et d’eau

cette boue qui le dévore et le ronge

il chancelle sous le déferlement

il l’attend depuis si longtemps, viens…

une silhouette diaphane

comme sous le trait d’un peintre halluciné,

se dessine habillée de brume et d’écharpes nacrées

elle est là, c’est sur…

toute trempée et déjà ses cheveux qui volent

derrière lui ce trait de roc


dessin : Hugo Victor Marie / 1866
texte revu et mis en ligne sur Mil et une 

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Published by daniel - dans écriture
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commentaires

Laudith 25/12/2007 22:07

Comme l'écrit si bien zebu, ton texte va crescendo, en le lisant on se sent emporté par une déferlante qui nous pousse toujours plus loin... très beau et puissant.Bon noel Daniel.Bisous de la ch'tite d'en haut.

daniel 28/12/2007 22:14



s'il est quelqu'un qui sait nous emporter, c'est bien toi Edith, tes poèmes sont des univers et l'attente et le tendre, tu l'as déjà tellement écrit
bises



zebu32 25/12/2007 18:22

Ton texte prend aux tripes et monte crescendo. Tes flots de mots se fracassent contre le phare de l'intellect en jet d'embruns qui s'entrechoquent jusqu'à atteindre le coeur. Je ne sais où est ta sirène, mais c'est une sacrée muse. Merci pour tes mots sur ton blog, toujours touchants et justes. J'espère que tu as passé un bon Noël.

daniel 28/12/2007 22:12



j'ai toujours eu zebu cette métaphore de la sirène ou de la femme de pécheur, cette silhouette qui guette ballottée par les claques du vent et les baisers froids des nuits, ici c'est un homme,
une dépouille de coque et une ombre qui s'avance, la femme rêvée, la mort...



voyages immobiles

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

city.jpg

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

thailande.jpg

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

et ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

sagesse.jpg

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés d’ailleurs,

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotants,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

auroville.jpg

...

Dans L'armoire

une présence

...un peu de douceur,
dans un monde de brutes...