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diaphane express

12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 21:36

marché Martine M Richard -        viens mon enfant, regarde, prend ma main, faut pas se perdre, tu vois le beffroi au bout, ben on va prendre la rue une première fois et après si tu veux, on refera les mêmes pas mais en un autre temps,
salut Emile, ça va aujourd’hui, j’vais t’en prendre une livre, eh tu sens là, regarde, de l’ail au safran, la nature rivalise, tiens, Gilbert, ça fait un bail comment tu vas, l’hiver y fait des endives et l’été de la tomate, René, lui, il vend du fromage, tu sais celui qui sent fort, il y en a même qui le trempe dans le café, regarde nous voila déjà au pied du beffroi, ils l’ont construit pour guetter d’éventuels visiteurs et ils ont mis des cloches pour faire un chant de rappel, et puis une grande salle à coté pour les banquets des nobles et les jugements des gens du peuple

-        viens mon petit, observe, tiens bien ma main, j’ai oublié de te dire pendant le marché, dans le beffroi, juste au premier étage par l’escalier qui mène au carillon, ils ont posé un cadenas sur une toute petite pièce qui servait de prison, tu vois les étals sont remplacés par de peureux enguenillés, bras tendus et têtes baissées, il pleut, on va longer les murs pour atteindre le beffroi, le chemin qu’ils ouvrent dans leur frénésie est celui de la mort, écoute, au travers leurs cris déjà l’écho des roues du chariot, elle parait fière et absente accrochée à la ridelle, on était peut-être en 1483, peut-être à Douai, peut-être qu’elle s’appelait Marie Porion,

-        viens, on s’en va

 

sur une proposition de Mil et une

tableau : Martine M Richard

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Published by daniel - dans écriture
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voyages immobiles

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

city.jpg

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

thailande.jpg

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

et ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

sagesse.jpg

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés d’ailleurs,

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotants,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

auroville.jpg

...

Dans L'armoire

une présence

...un peu de douceur,
dans un monde de brutes...