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diaphane express

30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 21:04

Ça puait la frite rance et le jarret trop grillé. Qu’est-ce qui lui avait pris ? Comme un appel, il avait mis son manteau et s’était dirigé vers la foire. Lui qui s’enfonçait doucement vers un destin d’ermite, le voilà soudain sous le coup d’une étrange frénésie à vouloir se mélanger au peuple de l’ombre et du bruit.
Des cohortes d’enfants titubants gerbaient des structures foraines. Il se frayait un chemin faisant fi des bousculades et des cris de basse-fosse. Des néons agressifs faisaient les faces tantôt livides tantôt cramoisies. Comme guidé, il laissait ses pas le porter tout en observant ce qu’il pensait être la perdition, l’enfer esquissé de l’espèce humaine. Une phrase de Dante lui revenait à l’esprit : «
 Cet état misérable est celui des méchantes âmes des humains qui vécurent sans infamie et sans louange et qui ne furent que pour eux-mêmes... »
Il avançait tout absorbé de songes. Ils se donnaient conscience, s’inventaient des dieux en faisant la guerre, cherchaient toujours plus loin avant de se reconnaître. Dante lui parlait encore : «  Par moi on va dans la cité dolente, par moi on va dans l’éternelle douleur, par moi on va parmi la gent perdue. » 
Des effluves de gaufres et de barbes à papa l’amenèrent doucement vers les baraques à monstres. Mais que venait-il faire en ces lieux ? Sous ses yeux repus, la maison du strip-tease, l’homme tronc, le bicéphale, la femme aux rats

« Combien se prennent là-haut pour de grands rois
qui seront ici comme porcs dans l’ordure,
laissant de soi un horrible mépris. »

Dante

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 22:06

comme une douce mélopée

ta voix m’insuffle le tendre et l’attendre

ils se penchent sur toi

austères et mécaniques

tellement absents à tes souffrances

ils vont t’ouvrir le ventre

c’est ta vie contre la mienne

ils te le répètent sans cesse

dans ce couloir monacal

au blanc macabre

comme devin aux affres du monde

je ne veux pas la lumière

si chaud, si bien au creux de tes entrailles

si près de ton cœur

dix jours de retard

je n’ai plus de visage ne suis que forme

ils me cacheront à toi

et te laisseront pantelante et avide

 

comme un cri de rage

ta voix m’offre la voie

errant désabusé, bouffi d’artificiel

égoïste et perdu

et ta main tendue

qui m’extirpe du cloaque

je crains toujours la lumière

attiré tellement

aux abysses de l’illusion

je sens ton cœur

et tes peurs au travers mon cœur

je t’aime et ne te le dis pas

les mots, les tiens, les miens

substitués au langage

on se cachera tous deux

torturés et si vides

 

comme un chant susurré

ta voix me nourrit

tu as donné la vie

et moi j’ai tué

je puise en ta main et tes yeux

cet amour salvateur

je m’agrippe à ce cordon de chair

notre cordon, celui du sang et de l’amour

celui de mon besoin et de mon manque

de toi

ou est la lumière ?

c’est toi, toujours, pour toujours

ce café aux prémices d’aurore

et nos bras confondus

toujours cachés, toujours

ou donc est cette chaleur limpide ?

 

comme une ode partagée

ma voix comme prélude

ils se penchent sur toi

à l’affût de ton souffle

cette balafre à ton ventre

ma signature de tourments

tu ne me vois plus

tu perds la lumière

tu vas me quitter

je peux bien serrer ta main

et te dire des mille «je t’aime»

ta substance de vie

s’éloigne et s’estompe

je te perds

et me perds avec

mon socle, mon refuge

 

ils t’ont ouvert le ventre

pour me laisser naître

c’était un deux Mai

et c’est la première fois

que j’ai pas mon baiser

 

à Maman

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 09:08

...j'ai laissé couler trop d'émoi...

...il est parti le temps, il n'a pas pris son temps...

Emilie Simon / le vieil amant

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 21:19

et voila la page blanche,
c’est toujours étrange cette première approche,
clavier ou plume,
on sent les mots affluer, même si les idées tâtonnent,
il y a ce frisson, ce besoin soudain,
toutes façons on le fait pour soi
mais certainement aussi pour laisser,
offrir,
des bouts d’intime quand le cœur la fait triste,
et l’égo sous la tornade,
tous pareil…

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 21:46

déjà toute petite sur son siège bébé, il suffisait de fredonner pour qu’elle se balance entre tutute et jouets puis vint le temps de l’école, à la récré loin des autres, elle susurrait en prenant soin de ne pas trop élever la voix,
aux tables des classes, elle chevauchait de l’intérieur le monologue du prof et les sarcasmes des autres et doucement se réfugiait en mélopées enfouies,
se taire, les refrains finissent toujours par lasser,
elle se levait, chantait devant son écran, non, elle ne voulait pas être la voix ou la star, juste communiquer à qui veut bien l’entendre son amour et son désespoir,
elle est conviée, sélectionnée comme on dit,
elle n’ira pas dans leurs studios aseptisés, ne fera pas de sourires béats aux caméras,
en cette fin d’après midi de printemps, elle ouvre grand sa fenêtre,
vis-à-vis à d’autres fenêtres de misère et de silence,
un regard au bas vers cette rue étriquée,
elle gonfle sa poitrine, ni le chant du départ ni celui des partisans
et qui terrasse soudain les stridences ambulancières ou cet éternel ronronnement citadin,
des mots éructés tantôt retenus tantôt crachés, voila l’ultime note,
et qui résonne encore à ces murs d’indifférence, un refrain visionnaire,
- non je ne regrette rien…  
les cours de chant ont disparu, elle arbore timidement sa jupe à mi-genoux, se plie bien au sourire obligé, ce matin sans prévenir, un autre couplet, tous ces télé-crochets,
elle a refermé les battants de fenêtre, se sait devenue muette à des oreilles si longtemps sourdes, le lit est en face, elle s’y allonge, c’est la finale, ne peut se résigner à couper le son,
se souvient de ces couloirs de peurs, bousculée, invisible aux flots apeurés d’ombres soumises aux correspondances, aussi ces rues d’averses, la guitare sous le parapluie, la voix qui s’éraille, elle aurait voulu, vitres offertes, ne plus chanter, juste beugler l’espace d’une seconde comme un souffle d’espoir,
- je repars à zéro…

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 21:36

marché Martine M Richard -        viens mon enfant, regarde, prend ma main, faut pas se perdre, tu vois le beffroi au bout, ben on va prendre la rue une première fois et après si tu veux, on refera les mêmes pas mais en un autre temps,
salut Emile, ça va aujourd’hui, j’vais t’en prendre une livre, eh tu sens là, regarde, de l’ail au safran, la nature rivalise, tiens, Gilbert, ça fait un bail comment tu vas, l’hiver y fait des endives et l’été de la tomate, René, lui, il vend du fromage, tu sais celui qui sent fort, il y en a même qui le trempe dans le café, regarde nous voila déjà au pied du beffroi, ils l’ont construit pour guetter d’éventuels visiteurs et ils ont mis des cloches pour faire un chant de rappel, et puis une grande salle à coté pour les banquets des nobles et les jugements des gens du peuple

-        viens mon petit, observe, tiens bien ma main, j’ai oublié de te dire pendant le marché, dans le beffroi, juste au premier étage par l’escalier qui mène au carillon, ils ont posé un cadenas sur une toute petite pièce qui servait de prison, tu vois les étals sont remplacés par de peureux enguenillés, bras tendus et têtes baissées, il pleut, on va longer les murs pour atteindre le beffroi, le chemin qu’ils ouvrent dans leur frénésie est celui de la mort, écoute, au travers leurs cris déjà l’écho des roues du chariot, elle parait fière et absente accrochée à la ridelle, on était peut-être en 1483, peut-être à Douai, peut-être qu’elle s’appelait Marie Porion,

-        viens, on s’en va

 

sur une proposition de Mil et une

tableau : Martine M Richard

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 21:16

le baiser

faut pas lui parler,

faut plus lui parler,

il n’entend plus que cette litanie presque un susurrement torride,

- viens, viens, viens me faire un baiser, je t’attends

tout imprégné de la moiteur de ses nuits insomniaques

et cette voie en écho,

il tourne et retourne qui cherche un nom, une issue,

et ce rendez-vous improbable,

il brume, il grisâtre, il est là devant cette porte de transparence,

- viens, viens me faire un baiser, je t’attends

une sorte de couloir, éclairé de fulgurances ressurgies,

est-ce toi Vanessa qui lui offrit l’amour,

est-ce toi Xéna et vos mots inventés,

est-ce toi Christa, votre maison, vos enfants,

est-ce toi Léa et vos deux miroirs,  

est-ce toi Lydia, vos combats, vos tendresses,

est-ce toi l’Inconnue, l’irrémédiable et qui veille ?

ce couloir entrevu, traversé de soubresauts,  

ces bouches qui se touchent, frissons d’égarements,

il pleut, il noircit, il tâtonne

- viens me faire un baiser, je t’attends,

le voilà titubant et ses souvenirs de salives sauvages,

elle est là, rouge écharpe, rouge rose, rouge lèvres,

elle l’attend, c’est écrit,

il se penche, se glisse en dessous, semble lui relever la tête,

ce n’est pas elle qui appareille mais lui vers d’autres infortunes,

les mains, les cœurs, tous ces destins heurtés,

il en est des haleines désormais et des effleurements,

comme de ces baisers nourriciers et furtifs

soudain l’échange, l’abandon,

faut lui parler,

faut vite lui parler,

- embrasse moi, il est temps,

il est attentif certainement,

elle est belle, elle est froide,

bouche et lèvres tendues comme dernière frontière,

il s’incline et porte son visage au sien

 

pour mil et une 
Tableau : Carolus-Duran / Palais des beaux arts de Lille

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 21:58

porté par un vent qui l’éloigne des côtes,
l’esquif s’enfonce aux confins

des paquets gluants et glacés s’agrippent aux rafales

embruns incandescents

l’acier gémit et résiste

il s’est amarré de cordes au bastingage

ce pénis de pierre accouché de la roche

son œil jaunâtre qui balaie le déchaînement

comme un doigt de tempête

farouche et avide

les planches se déchirent

et voilà la terre

ce crayon de granit à la mine balbutiante

le flot est prétentieux

il gravit de l’intérieur ce pieu comme un défi

et le vent qui s’acharne, fait trembler l’édifice

le phare est vide

certainement les fantômes

qui veillent sur le verre et l’état de l’éclat

cette peau liquide n’en finit pas de remuer

l’orage qui scintille aux frontières des paupières

il observe, il scrute

les mois qui passent

sculptent à ses joues d’autres chemins

cette nuit-là était autre

fragments de roulis

écailles mouvantes qui se dessinent

la mer accouche

les yeux rongés de sel, rouges comme la veine

juste guetter la brillance ponctuelle

du faisceau aveugle

phare.jpgfigé d’errances projetées

il l’espère s’approcher, crever l’ombre, dévoiler sa présence

écorce tremblante qui balbutie aux jugements

parfois aux replis de l’étoffe

la vague qui suinte, relents de poissons oubliés

écrasés sous la botte d’éphémères voyageurs

elle s’esquisse si fragile si furtive

transparente aux tourmentes

et lui qui tend les mains

encore la nuit à cogner la roche

 à rêver d’impossibles courbes
si lentes et sereines

elle va venir, c’est sur…
cette bave d’écume au repli d’une lèvre
des souvenirs balancés, ressac d’amertume
il descend titubant, ce lancinement de marches
elle a gravi le derme
une main habillée de terre et d’eau

cette boue qui le dévore et le ronge

il chancelle sous le déferlement

il l’attend depuis si longtemps, viens…

une silhouette diaphane

comme sous le trait d’un peintre halluciné,

se dessine habillée de brume et d’écharpes nacrées

elle est là, c’est sur…

toute trempée et déjà ses cheveux qui volent

derrière lui ce trait de roc


dessin : Hugo Victor Marie / 1866
texte revu et mis en ligne sur Mil et une 
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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 21:51

on était assis sur la marche ou quelque part sur un siège, me souviens plus, il y a si longtemps, il n’y avait pas de télé, nous étions uniques, privilégier la bibliothèque au carré noir et blanc qui inondait les foyers, au fil des pages, remplir mes étagères, des mots qui prennent la main et posent à l’humain des bribes de rêve et d’amour,
mon père tranchait mes yeux d’un regard bienveillant et scrutateur, face à mes peurs d’ado, il semblait lui aussi perdu entre souvenirs et devenir, c’était l’évacuation au travers de ruines encore fumantes, son licenciement pour refus de dénonciation, métro, boulot, ce combat professionnel pour sortir de ce rural immobile d’où il venait et se voir expert en sécurité industrielle, porteur d’humanisme et bafoué au joug des intérêts,
la ville dévorante, ce qui était en train de devenir la banlieue et ses métastases, regardait-il ma main refermée, mon cahier sur la nappe à carreaux ou de vagues résurgences passées et indécises, ce soir là, Papa m’a dit :
- tu vois même après tout ce vécu, je préfère ma place à la tienne, ce monde va si mal

 

on était assis peut-être le cul trempé par l’aube ou le crépuscule naissant, me souviens plus, si peu de temps mais tellement de vitesse au diagramme des sciences et modes idéologiques, plus de livres mais au fil des rues d’étranges silhouettes aveugles reliées dans leur solitude à d’éphémères technologies, l’écran omniprésent,
c’était moi le père qui cherchait au fond de ses yeux face à ses peurs d’ado, les trente glorieuses devenues trente peureuses, c’était le temps de l’amour libre et d’une forte culture littéraire et musicale, ils ont gerbé des no futur sur la brique, émaillée de rap et d’électro, puis des billets comme emblème, leurs cabanes numériques, tout ce bouillon de certitudes artificielles,

la ville moite et palpitante, ses non-droits, crevasses de bitume fondu, les infos du jour débitées à de sourdes oreilles, désormais ces hordes soumises d’aveugles et édentés, l’intérim comme survivance, je baissais les yeux, première victime de ce nouveau monde, je posais sur la table un testament de tourments obligés, de précarités dévorantes, j’ai attrapé son regard, et lui ai dit :
- tu vois même après tout ce vécu, je préfère ma place à la tienne, ce monde va si mal

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 20:55

Chantel

mais d’où vient cette dépendance ? du blues, c’est sur, celui des bars saturés de son et de sueurs, celui d’un riff en écho sous une pluie d’eau et de milliers d’oreilles abandonnées,
le coton a viré à l’urbain, la guitare a mangé le piano,
et puis te voila au détour d’une recherche, des flottements de notes qui m’apaisent, m’électrisent et me portent, je te découvre, ta longue robe, tes sourires d’enfant et soudain tu te penches quand tes doigts s’emballent sur le manche de la guitare, plus loin le visage en arrière pour évacuer tes blondeurs bouclées et offrir un solo digne des plus grands édifices du rock, tu tournes, tu souris timidement, pieds nus sur le plancher, tu es belle,
te voila lauréate du « Female Vocalist of the year » par le British Blues Award, toi qui joue avec Bonamassa, reprend du Hendrix, du Robin Trower et j’en passe,…
merci Chantel d’accompagner mes aubes nocturnes, de poser tes notes tantôt douces tantôt tendues à mes errances solitaires…


Sloe Gin
un mélange de blues et de slow, composé par Tim Curry en 1978, c’était au Leeds Irish Club en juillet 2010, reste juste à se laisser porter par la voix et l’envolée finale

 


 


Red House
bienheureux ceux qui se trouvaient le 30 janvier 2010 à Skegness pour cette fabuleuse reprise d’un titre de Hendrix écrit en 1967 ou Chantel s’emporte et nous emporte…

 

like no other : titre de son premier album
pour découvrir Chantel McGrégor, son site

like no other 

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voyages immobiles

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

city.jpg

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

thailande.jpg

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

et ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

sagesse.jpg

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés d’ailleurs,

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotants,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

auroville.jpg

...

Dans L'armoire

une présence

...un peu de douceur,
dans un monde de brutes...