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diaphane express

21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 22:27

mais qui est cet homme qui tombe des cieux ?
elle sera c’est sur la jeune fille aux cheveux blancs
ce sera un pâle septembre,
voiles et dentelles peut-être
mais qui entend le glas que je sonne ?
à l’ombre du perron et du parvis,
d’autres ombres, vivantes ou mortes
comme il est loin le ciel sans cendre,
mais qui est cet homme qui tombe amoureux ?
de fleuves en sommets, de touchers en regards
et tous ces jours désormais qui jonchent le sol,
je l’aime toujours, d’amour, d’amour…

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/0/15/86/22/16-pale-septembre.mp3&

variations sur :
Camille / pâle septembre / live au Trianon  

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 21:18

ils vont venir, vont arriver,
elle la faisait si bien ne pas oublier la cassonade,
régulièrement tourner, immerger la cuillère de bois et brasser les saveurs,
elle levait le couvercle et la tablée séduite de s’enrober de brumes parfumées,
ils sont presque là, la connaissaient tous,
d’une recette aux trépidations anxieuses au sentiment errant,
sauront même pas qu’elle est jusqu’au bout de la fourchette,
pour qui l’ai-je cuisiné ? mes hôtes, ou le secret plaisir d’instants ressurgis ?
elle la faisait si bien ne pas oublier le pain d’épice et la moutarde,
les voilà, ils arrivent à chacun sa nourriture…

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 22:00

c’était brumeux, je crois, elle dans la pièce à coté qui se tordait, coupée de moi,
j’y voyais rien, un adieu douloureux au monde du murmure étouffé,
premier quai, première partance,
il y avait certains soirs, l’ombre de bombardiers traverser en silence le plafond de la chambre, des chuchotements grésillants, ils écoutaient la radio, se faisaient la lecture, et la trousse remplace le plumier, il m’attend à la récré, veut me buter,
premiers sangs, nouvel embarquement,
sont partis en plein jour, dans la benne, livres et tableaux, trop plein de passé, les descendants tournent la page, bientôt la mienne,
voila la peau, l’entrejambe, tâtonnements et frissons,
j’erre, hume, lèche, bois et ne cesse d’explorer,
c’était doux et tremblant, j’en pleure encore, la pièce d’à coté vide et les autres aussi,
des mots bleus et noirs se cognent aux murs, boire le sable, défier l'ombre,
sur le quai, trainer sa valise, ton museau sur ma poitrine, le reste protégé de toile au creux du bras, toujours des approches de béton et mènent aux soubresauts d’acier, 
il y a encore aux tombées de l’ombre des bouches qui parlent, des réverbères de peur, de cris humides de sucre ou de sel, des nacres coulantes de crépuscules et d’ennui,
et nos gueules au miroir,
c’était moite, j’y voyais toujours rien, mais y’avait-il quelque chose ? l’open-space, les sourires esquissés qui t’évaluent, petits pions prétentieux, et l’écume qui t’emmène vers un autre cri, plus rien au plafond que de bras retombants,
début de houle, vents incertains, l’onde charrie des lambeaux d’amour, des broderies de souvenirs voués à l’échouage aux berges desséchantes,
un vent tiède voudrait balayer l’errance, faire comme si, un doigt essuie une bave tressautante, de lourdes ouates grises qui se jouent de la lune,
voila le replis, la main qui se crispe et le corps embryon,
passerelles fragiles et balancées, caresses de pierre à d’éphémères jetées,
elle est ou la peau? les ongles glissent, cette gluance de cravates et de têtes baissées, ce drapeau mesquin et conspué, toutes ces attentes,
c’était sombre, de la terre ou du marbre, voila la conscience du devenir, l’obligé triste,
seul au maelström et des cohortes enguenillées de visages blafards toutes ces caresses perdues et flottantes aux abysses de l’oubli, fontaine, la pierre n’a de conscience que celle qu’on lui offre au-delà de ses tatouages arrachés à coups d’éclats,
il y aura des couloirs tôt ou tard, des rejets en méandres, tant de visages bienveillants en hologramme, cette fenêtre désormais inaccessible, l’onde frissonne en reflets d’argent, dernier estuaire, le sel sournoisement dévorant, celui du vivre et se met à ronger,
c’était venteux comme ce doit être, j’y errais las et titubant, ce quai tourmenté, heurté d’étraves mendiantes, j’ai tendu la main et bu l’eau de pluie, embruns chuchotés, j’ai veillé sans attendre, ne plus écrire de ces lits radeaux, le fleuve éructe, s’abandonne et se perd à l’éternel salé, désormais sentier ponctué de tombes mais aussi de balbutiements enfantins,
me suis penché, séduit et attiré, l’onde chuchote et son immortalité prétentieuse… 

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 21:00

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/0/15/86/22/lavabo.mp3&

 

Face à face
Je me r'garde dans la glace
La glace à l'eau allo me quitte pas
Mes souv'nirs font comme des ronds dans l'eau
Du lavabo

Brosse à dents
Un peu seule dans son verre
Il flotte encore ton parfum d'vétiver
L'hiver qui glace la glace qui fond dans l'eau
Du lavabo

S.O.S. un plombier tout d'suite
J'trouve plus l'joint pour enrayer la fuite
Mais tout s'arrête quand j'entends couler l'eau
Du lavabo
Ho! lavabo

Allo les pompiers
Y'a le feu dans l'eau
Qui c'est ? c'est l'plombier
J'suis marteau
Tuyau
Lavabo

Y a plus qu'moi qui me r'garde dans la glace
Je m'tire la langue et je fais des grimaces
Car tout s'en va comme s'en va l'eau
Du lavabo

Face à face
Parano d'vant la glace
Dans la baignoire y a un peu trop d'place
Bulles de savon éclatées dans l'écho
Du lavabo
Ho! ho! lavabo
Lavabo 

Nicole Rieu : extrait de ZUT / RCA / musique : Nicole Rieu, paroles : Simon Monceau, Nicole Rieu / 1981

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 19:52

on est combien, larves effondrées, muettes et obéissantes, les miettes sur la couette, marbrures sanguines au bout de la rue,

petite langue animale, le clavier suinte, il y a la mer quelque part, c'est sur,
et oui c’est décousu,
toujours l’écran, on reste éclaboussé d’insolences sans mots dire,
ne pas maudire, éructer nos dégouts, des gouts éphémères, passe et repasse l’illusoire
et tous courbés, la tête dans l’abreuvoir,
la main de la femme accrochée au caddie, celle qui frappe au carreau aux portes des cités,
n’oublie pas cinq fruits et légumes,
et oui c’est décousu,
là bas, tout petit, tout silence, tout oubli, rejets d’humain aux cris avortés, silhouettes tremblantes, liens de caoutchouc ou pas de lien, ces bras tendus vers l’inattendu,
ces visages de larmes enfouis sous l’étoffe et qui hurlent à l’amour,
l’amour,
l’amour,
l’amour, … 

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 19:59

moi j’ai fais un hibou avec des lances roquettes en dessous d’ailes,
un mérou avec sonar et caméras sur nageoire intégrée,
même que quand y dorment, j’leur envoie mes nuées suceuses,
y’a des têtes, elles sont tellement drôles,
à l’arrêt, qui marque le cœur et fend l’entre cuisses,
sont là qui frissonnent, bouches béantes,
je les ai vu les vicieuses et les costumes qui empochent,
le plasma informe sous l’œil torve,
le sourire cravaté, antipode aux labours,
moi à genoux j’ai ramassé tous ces éclats grisés au fond du tapis,

les corps qui chutent aux miroirs des façades, sans bruit,
ces poussières d’amour,
allez bois la gueule crachante du canon et du chef,
si peu de noms au répertoire du vrai,
la balance et l’horloge, l’horloge, l’horloge,
le plasma nourrit sous l’œil trouble,

même que dormant, c’est eux qui me dévorent,
je les ai vu dogmes tendus et qu’importe l’habit ou la coiffe,
moi à dire que moi ne veut rien dire,
y’a des têtes, elles sont tellement drôles,
j’y abandonne la mienne, …  

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 21:31

quelque part en Bretagne

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 21:36

c’est juste un citoyen qui s’exprime
pas plus de gauche que de droite mais qui se réjouis ce soir,
de dire « Adieu » du moins j’espère à :

-        l’identité nationale,

-        l’obsession migratoire,

-        Hortefeux, Woerth, Guéant,

-        Dati, Yade, Bachelot,

-        Besson, Kouchner, Allègre,

-        Lefebvre, Morano, Rosso-Debord,

-        Copé, Bertrand, Kosciusko-Morrissey, Pécresse,

-        … Sarkozy,

la liste est loin d’être exhaustive, il ne s’agit pas d’idées mais d’êtres,
arrogants, diviseurs, xénophobes,


alors « au revoir » Monsieur et « à jamais »

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 22:14

Beth,

je t’écris par ta faute,
y’a des morceaux qui hantent qui donnent tout,
sorte de nectarine d’arpèges et de frissons,
leurs cillements humides, les tiens, les miens,

j’étais pas ce soir là au Paradiso,
pourtant tu sais j’avais connu la scène, envoutée, enfumée,
vers les soixante dix,
n’empêche, j’aurais tout donné pour y être,

te voilà émotion, t’es sensuelle, t’es sublime,
tu magnifies le blues
soudain Janis Joplin ou Joss Stone
et puis tu t’inclines, t’agenouilles,
tes doigts de donneuse enlacés à ceux informels du public,
traine une guitare, des envolées électriques,
des peaux qui se touchent,
voila tes mains comme de douces vagues au clavier,
des notes qui charment,
ta voix qui porte et emporte
et qui emporte encore…

Beth,
tu sais, j’aime pas ton bras maintenant, trop tatoué,
bon ta mèche blanche, toutes façons t’es belle,
c’est Joe qui tient les cordes en ce moment,
mais ce soir là au Paradiso,
il est des pierres qui façonnent le rock,
ce concert en boucle sur mes nuits,
ta voix toujours,
j’étais pas ce soir de mai 2004 à Amsterdam,
tu m’as fait remonter le temps,
j’y suis désormais,
ta sueur et ton souffle avec moi
merci Beth

 

Mama

Beth est au piano, elle rend hommage à sa mère, la chanson n’est pas longue mais suffisante pour flirter avec vos paupières, prenez le temps, c’est si beau, si fort,…


 

Am I the one

un monument du blues, le don d’une artiste au public, elle se couche presque, offre le meilleur, et puis cette électricité lente et saturée qui habille le cri écorché et tant et plus…


 

 Am I the one ?

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 21:38

écrire, toujours, pour le plaisir, l'occasion et le partage
ici la suite de quelques petits fragments déposés sur le site mil et une,
comme çà pour rêver se perdre avec les autres...

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63 


Big brother

Elle a pleuré encore ce soir, ces mots avortés, étouffés étaient à peine audibles, j’ai dû éteindre la télé. Il y avait ce voile de souffrance aux pupilles, cet éclat terni.
Laissez-moi vous conter ce chemin commun.
Grandir ensemble même bahut et sans jamais toucher nos peaux, cette complicité confiante et révoltée. Passer nos nuits à refaire le monde avant que le destin et nos ambitions l’emmènent vers ce qu’elle offrira aux autres.
- tu veux faire quoi après ?
- tu le sais bien, soit prof soit journaliste
Je hais ces odeurs et ces couloirs qui m’amènent à elle. Et puis cet écran bruyant perché au mur, sa main pendante qui serre le boitier.
Elle fit (j’en parle déjà comme au passé) la une des hebdos. Du sable des émeutes aux jungles policées, du fracas des bombes aux chambres de fin de vie, elle déposa comme reliques ces textes et images.
- regarde, ils m’écoutent et voient
- en es-tu sure ?
Elle s’absente quelque fois du fond des yeux, doit cacher sa douleur certainement. Soudain des draps comme barreaux et ce ciel fenêtré. Figée comme punie d’une faute d’incompréhension, elle semble veiller sur le vide.
Retrouver ces regards déguisés, ces fuites rampantes, le subjectif avide du vigile assermenté. Elle fut des magazines d’info, des caméras reportage et même d’un respect politique tous bords confondus.
J’exècre la vue de ce numéro de chambre, je voudrais sentir des vents et qui chasseraient ces ombres dansantes au fond de son écran désormais nourricier.
- il me reste une main et ce boitier qui me fait vivre

On m’a appelé, on m’a dit de venir en urgence.
Elle avait arraché ses liens de survie et avec fracas avait détruit la télévision en y jetant violemment sa télécommande.

 

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les vieux assis


Il (elle) reviendra

c’est le bruit de ses ailes, de lourds battements,
elles percent l’ombre, les bruines de glace,
il sent et sait,
Idyl, c’était son nom,
elle ouvrit de grands yeux quand il vint se poser,
au tréfonds de l’iris, elle se vit découverte,
main crispée, main tendue,
Nad, c’était son nom,
ce fut un son qui le fit découvrir,
cette ombre volage, massive et si frêle,
paupières closes, paupières blanches,
c’est l’onde d’invisibles, de destins susurrés,
il plonge, s’apprivoise d’elle
Idyl tâtonne, s’écharpe en silence d’un vécu bien trop lourd,
elle gratte au creux de l’étoffe cette nouvelle nourriture,
sous l’œil volatile aux ailes repliées,
s’abandonne à l’aimé
il sent et sait,
et c’est ce cri étouffé de silence,
l’incite doucement à s’entrouvrir,
Nad torture l’étoffe parfois, se perd en silence,
d’abyssales oublis, des manques à palper,
il gratte au creux de replis la peau nourricière,
c’est le bruit de ses ailes, de lourds battements,
elles percent l’ombre, les bruines de glace,
il tourne,
les voit tous deux sur ce banc de silence
qui piétinent le temps,
ils se sont aimés et l’attendent,
il sent et sait
et trace de grands cercles sans pouvoir se poser 

sculpture : Jean-Pierre Augier  

 

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hilda     Hilda

Hilda est lasse, le jour n’en finit pas.
Elle attend avec impatience que vienne le crépuscule. Retrouver enfin son alcôve, sa solitude feutrée, ses livres et son réfrigérateur. Elle a mis des rideaux devant ses miroirs, ne les entrouvre qu’à moitié.
Hilda peine à s’endormir. Tout au fond des souvenirs toujours les mêmes échos. Déjà en maternelle aux jungles naïves et cruelles du béton des récrées :
- Oh la grosse mémère !
Elle a grandi, et dans les parcs aseptisés des facs :
- t’as vu ta gueule et en plus t’es rousse !
Elle n’a pas vu peut-être les yeux de celui-ci.
Hilda ferme la porte comme elle l’a fait pour son cœur.
La pomme et ses gouttes d’argent se faufilent aux courbes embuées. Elle baisse les yeux, s’effleure de savon et s’essuie rapidement. Des murs boutonneux des cités aux sucettes urbaines qui squattent nos trottoirs, on les voit. Silhouettes fières, démarche chevaline si maigres comme décharnées parfois. Les médias s’en abreuvent et la gente féminine s’accommode et fait silence.
Hilda se glisse sous l’étoffe, sculpte la couette.
Elle n’a pas vu peut-être les yeux de celui-ci.
Elle va se perdre, sa peau en frissonne, c’est l’heure du fantasme et des spasmes, Sur d’autres murs d’autres affiches. On les nomme « burlesques », le cabaret les illumine. Et d’autres en une accrochées aux kiosques qui troublent le lambda. Elle se tend, cherche ses errances onaniques. Son souffle, ses mots susurrés, cet abandon soudain. Il viendra, il viendra c’est sûr. Hilda s’endort, elle délaissera le poème entrouvert, le retrouvera matin retenant en vain quelques bribes de sommeil.
Elle n’a pas vu peut-être les yeux de celui-ci.
Je le sais…


tableau : Duane Bryers

 

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emil-nolde-les-masques

 

 

 

 

 

 

 

 

Tsantsa  

 


tu te souviens,

les suées, cette moiteur lourde, ce silence de tentacule, 
tu te penches sur le cordage, essuies ton front, 
hamac de torture à guetter le moindre bruissement, 
et puis soudain le bruit sourd des tambours,
ce n’est plus le frisson peureux de la bête venimeuse 
plutôt celui de la flèche et ces corps aux armes de couleurs, 
enfants du feuillage, quêteurs d’âmes, 
tu n’as plus de souvenir, 
des bribes brumeuses et cramoisies,
tu ne te souviens plus, 
si encore un peu, ce visage dépossédé, qui se vide, 
peau réfractaire et rabougrie… 
… comme le mobile aux yeux de l’enfant, 
paupières entrouvertes, ils sont là, 
tournent et torturent nos fièvres partagées, 
n’ont gardé que l’admissible et l’âme rampante, 
tu les attends qui viennent, 
ils ou elles se penchent, sucent ta bouillance, 
ces morceaux de tête, grimaçants et vides, 
et l’aube qui vient t’habillera du tien, 
ce masque de survie…

 

Tableau : Emil Nolde

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voyages immobiles

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

city.jpg

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

thailande.jpg

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

et ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

sagesse.jpg

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés d’ailleurs,

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotants,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

auroville.jpg

...

Dans L'armoire

une présence

...un peu de douceur,
dans un monde de brutes...