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diaphane express

28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 21:06

Hier, je suis tombé sur une émission télé qui retraçait les années 80 et 90.

Hier, j’avais l’impression d’être d’un autre siècle.

Ah oui, on dira les accords désuets, les textes sibyllins mais soudain j’ai senti comme un optimisme aujourd’hui tabou,

Hier il y avait du rythme, de l’espoir, du romantisme même délavé aux regards inquisiteurs du présent, de ces bobos socialos qui communiquent à leurs collègues de bureau par mail,

Mais faut pas louer le passé sinon t’es ringard, un vieux con, n’empêche, on fait rien que fêter des anniversaires de morts, Balavoine, Gainsbourg, Bashung,

Et l’ombre de Coluche à filer à bouffer à des pauvres qui enflent,

C’est trop tard, des jeunes incultes abreuvés de rap primaire et de films horrifiques, gavés d’individualisme à s’en déchirer eux même,

C’est moi le père ?

Putain j’aurai dû aller au cinoche ou me couper la queue, tout ça pour rien…

Quinze ans à chercher à transmettre des valeurs, l’éveil, la tolérance, l’ouverture aux autres, au monde à nos gouvernances,

Faut pas parler comme ça ?

Ben si, t’as beau élever, chercher à donner cet héritage d’humanisme, leur dire c’est ton avenir, écoute, participe, intéresse-toi…  c’est qui le premier ministre ?

Hier comme un con tout seul devant mon écran, j’ai dansé, pleuré, j’me suis dit ma jeunesse avait encore un peu d’humain, on disait bureau du personnel avant qu’on dise ressource humaine,

Hier j’ai pensé que le jour fatal ne me fera pas regretter de ne pas vivre l’avenir…

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 22:37

perclus au fond du canapé

t’es là comme le disait Ferré « à regarder les révolutions qui passent »,

ça secoue au nord du continent d’Afrique,

pendant que chez toi tes gouvernants voyagent et dinent avec les dictatures,

puis tu sais, même si tu vois pas ton devenir

heureusement d’autres luttent au-delà de ton ignorance,

ils laissent des mots, des notes, des tableaux, des sculptures,

ils frappent les murs, les places,

foulards de lacrymaux  qui trainent aux ruelles et avenues,

va pas si loin, regarde chez nous !

 

y’a des rencontres

ça gerbe, la voix qui clame  

alors courons ensemble vers cette fin qui nous lie,

Janis, Bertrand, Béatrice vous êtes là,

Saez, Mokaîesh aussi

et voila Melissmell

aux détours d’errances avec comme tous ces peuples de l’ombre,

la rage et le cœur qui suintent,

Aux armes !

 

  

et puis loin des filets de sang aux caniveaux,

cette éternelle solitude des cœurs,

avides,

je me souviens,

un parent absent, une peau désirée,

je vous la vends mon âme,

et Melissmell qui distille ces paquets de réel,

qui triture le fond des tripes,

un violoncelle, une guitare,

des mots rauques, des mots rock,

viens, viens, viens-moi et viens me voir vieillir,

sens ma fatigue, tu la sens,

reste à rêver, un envol titubant, rêvons encore,

et Melissmell comme compagne, douce et tendre 

à nos dérisoires solitudes…

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/0/15/86/22/09-Des-nouvelles-par-les-ondes.mp3&   *


et puis pour l’éveil, la conscience,

du Rimbaud, du Ferré, du Cantat et du Melissmell

 

siteMelissmell

Des nouvelles par les ondes / Ecoute s'il pleut / Melissmell / Discograph
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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:25

c’est février, c’est un autre tableau de mille et une

et plein d’horizons passionnés…

marc-chagall-a-tableEugène, souvent quand c’était la moisson coupait le moteur de sa vieille batteuse et contemplait la parcelle.  Il disait toujours : « pourquoi aller ailleurs, regarde la plaine, vois mes grains d’or pas besoin d’images et de mots. »

Eugène, il était  comme ça, c’était la Marthe qui faisait l’intendance, fallait que ce soit prêt au  retour des champs. Les deux mômes, c’était foutu, voila qu’ils voulaient apprendre au lieu de retourner la terre, ben faut bien donner à manger au peuple, « c’est pas des livres qui font le boulot ! »

Eugène, il est aigre, ça le brule de l’intérieur, c’est qu’aucun des rejetons n’est  repris la ferme ou cette douleur au bas du ventre ? La peau s’est ramollie et posés ces méandres crevassés. C’est la coopérative qui ramasse ses blés désormais et ses fils derrière un écran à spéculer et gagner en un jour, une année.
Marthe, penchée à son fourneau sait le temps amener l’impossible,  et voila qu’il peut plus marcher, son dos à fourcher les ballots, relever l’attelage pour ancrer la charrue, la tête face à l’horizon, la binette comme une croix à ce champ de betteraves.

Marthe, elle supporte plus le fauteuil, les vociférations, « tiens prends ça, ça t’occupera », elle lui tend un livre, une histoire de terre, de collines en crête de dragon, d’églises à rénover et le voila soudain de silence, avide à ces mots tremblants sous le feu de l’âtre.

Marthe ce soir, elle en peut plus, elle l’entend encore : « mais laisse moi tranquille, je l’ai lu, la chair est faible mais l’esprit est ardent, c’est de ta faute t’avais qu’a pas me foutre toutes ces idées entre les mains », il s’étouffe, hoquette.

Marthe elle est là, sa main tendue et le bouillon tiède au fond de la cuillère, et lui affamé qui sait son dernier livre, sa  dernière page et le mot fin.  

 

* tableau :  Marc Chagall - à table

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 22:45

allez, ouvre l’étoffe, replie l’édredon,

vois ces plaines de paille torturées,

va chercher la sueur,

la goutte figée,

pose encore tes lèvres à son cou tendu,

fouille l’orifice et sa moiteur abandonnée,

bois ses yeux,

donne lui des mots pour qu’elle t’en rende

même si tu sais l’éphémère,

plus loin la roche

et la peau en souvenir,

allez, choisis,

le poigné offert

ou le sourire las,…

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 22:35

Un nouveau site est né, il se nomme Mille et une comme toutes ces histoires qui surgissent de nos imaginaires. Ici pas d'inscription juste le plaisir de lire, d'écrire, de découvrir et de partager les mots.
Une image par mois comme une porte ouverte à la diversité et aux rêves. Allez vous y perdre, on y est si bien. Compartiment%20C,%20voiture%20193 %20Edward%20Hopper %20193

 

 

Voici le thème de Janvier.
 

Compartiment C, voiture 193. Edward Hopper. 1938. Collection I.B.M. New-York.

 

 

Il s’avance vers le quai, la nuit s’étale sur ce béton d’après pluie, le panneau de départ n’indique même plus l’arrivée. Au bord de l’escalier mécanique, un contrôleur balance doucement son falot, le train va venir.
La machine gémit, soubresaute, transpire dans ses râles de métal, s’ébroue et ouvre ses portes.
Alors il monte, cherche une place ou caser ses jambes et près de la fenêtre. Ce n’est pas tout de suite qu’il a vu tous ces sièges vides, ce lancinement qui vire au maudit et ces arrêts à des gares désertes.
Juste une banquette froide et tachée devant lui alors il ferme les yeux, se berce d’hoquètements d’aiguillage, et la rencontre.
Ses jambes, ce crépuscule lancinant, de mer saturée et terni ce bleu de nuit pudique et prometteur ?
Non, elle ne lit pas, elle feint, elle est belle avec ses boucles anarchistes fuyantes aux bords de sa coiffe.
Un message l’a réveillé, il n’y aura pas d’arrêt à la prochaine gare. La banquette est vide et la prison d'acier tremble à nouveau, s’enfonce dans le noir et l’au delà des frontières.
De nouveau la paupière en rideau, la mélopée de fer et de vent, puis ses jambes.
Que lit-elle ? pourquoi ne relève-t-elle pas les yeux ?
Puis-je vous parler Madame ? Ne pas se réveiller surtout, j’en suis sur, elle n’y sera plus.
Soudain ce cri de vapeur, sa lèvre entrouverte sous le choc au siège d’en face, le silence, sa main qui tâtonne, elle est là ?
Et juste ce carnet entrouvert et ces mots bleus comme sa robe, tremblants :
on est arrivé…

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 21:05

elle s’en fut,

un matin clairet d’octobre,

doucement il a refermé la porte blanche, s’est retourné vers le couloir,

au fond les rideaux rouges qui parfument la lumière,

à gauche l’escalier qui mène désormais à des chambres vides,

à droite la cuisine puis le séjour comme on dit,

cette porte-fenêtre qui offre quelques roses timides,

véroniques et iris patients, clématites gourmandes,

il a pris l’escalier,

chercher le drap, l’odeur, méandres de soie oubliés,

palper l’indicible, l’invisible,
le voila qui arpente cet entre-chambres,

il sent déjà ce froid rampant,

filets de lèvres figés, peaux grillagées vouées à l’oubli,

et ce destin de glace, d’échos fissurés, de doigts qui tâtonnent,

alors il dit : fait frissons ce soir…

 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 23:01

C’était en 2004, soixante années après l’ébauche clandestine « Des jours heureux » élaborée comme pour sortir du cloaque de l’occupation qu’une poignée de résistants survivants nous envoyait à la face une vérité criante que nos gouvernements et nos consciences égocentriques se chargeaient bien de nous cacher.  Ceux-là même qui combattirent la barbarie avaient un idéal de justice et d’équité. « La fin n’est plus bien loin » pour ces rescapés de l’horreur avec comme écrin au fond des yeux un monde meilleur et profondément humain. Leurs voies éteintes qui reprendra le flambeau face aux coupes sombres et implacables que nos dirigeants opèrent au détriment du peuple aux bénéfices des riches ? 

Alors, relisons encore et encore quelques extraits du programme du Conseil National de la Résistance du 24 mars 1944 avant que ces perspectives ne soient plus qu’utopie.

couv cnr

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre… les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du C.N.R. proclament qu'ils sont décidés à rester unis…

Afin d'assurer :

- l'établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

- la pleine liberté de pensée, de conscience et d'expression ;

- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères ;

- la liberté d'association, de réunion et de manifestation ;

- l'inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

- le respect de la personne humaine ;

- l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

- l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie ;

- une organisation rationnelle de l'économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l'intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l'image des États fascistes ;

- l'intensification de la production nationale selon les lignes d'un plan arrêté par l'État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques ;

- le développement et le soutien des coopératives de production, d'achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

- le droit d'accès, dans le cadre de l'entreprise, aux fonctions de direction et d'administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l'économie.

b) Sur le plan social :

- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l'amélioration du régime contractuel du travail ;

- un rajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine ;

- la garantie du pouvoir d'achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;

- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale ;

- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ;

- la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d'atelier ;

- l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l'expérience de l'Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de l'industrie, par un système d'assurance contre les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d'accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d'un plan d'équipement rural ;

- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;...  

 

A lire :

- Indignez-vous / Stéphane Hessel / indigène-éditions
- Fakir / n° 45 mai-juin 2010 / fakirpresse.info

 

Créer, c'est resister. Résister, c'est créer.

bonne année ? oui...   

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 20:54

encore ces bouillonnements,

des violons distordus qui bavent,

à l’orée des nuits,

accrochées des lamelles de peaux

qui se balancent aux vents rouges,

il hurle assez,

lové d’oripeaux qui ont perdus sa trace,

la couche pue la mort,

derrière les volets blancs

des écharpes hurlantes,

des toiles empâtées de silence,

il cherche son ventre,

invoque d’utopiques chimères

à son Eden muqueux et frissonnant,

boire encore ce suc nourricier

ces horizons moites et turgescents,

vider la machine, ranger le couvert,

jet jaune fumant pour effacer,

ce blanc figé, limace d’émail,

il se couche, regarde

et de fœtus devient gisant,

ils vont revenir papillons d’angoisse,

mélopées d’ombres vigilantes,

frapper le mur mais déjà immobile,

non, attends, attends, tu sais…

encore ces bouillonnements,

l’orchestre titube, se doit d’achever l’œuvre,

à l’orée du devenir

tous ces cœurs affamés

et qui chutent aux vents gris 

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 21:40

 

 

"je suis le tout petit gars

perdu dans la ville,

je crie « love, love, love »

sorte de brouillard rouge

il glisse dans l’ombre et se met au piano

et puis cette voix frêle et obsédante

c’est juste de la tendresse,

des mots qui voient le quotidien qui décrivent les cœurs,

je vois ces doigts palper d’invisibles guitares,

se remettre au piano

taper sur une improbable boite au fil de son ressenti,

alors il parle des mots roses avec son copain Alain,

des moroses,

pas si loin des maux et des bleus

ceux de l’âme

des cœurs qui s’abandonnent

l’un vers l’autre

loin de l’autre 

voir, voir sans se voir

et se reconnaître avant de disparaître  

les cordes s’emballent,

et les accords trainent en écho

sa voix encore, comme fragile et ténue,

c’est une autre musique,

une caresse au tendre et au pur,

peut-être quand la main trouve l’oreiller vide

ou le trouble illusoire d’un regard entrevu,

toujours les fonds du cœur,

juste de l’amour,

il parle, aménage le rappel,

démontre l’inutile avec humour,

et la sueur d’une guitare,

d’un sax, d’un piano,

ce romantisme qui frissonne,

qui dit : Aimer ce que nous sommes  

«l’infini tu sais, c’est déjà bien,

c’est toute la nuit et puis plus rien  

je regarde le ciel,

les mains tendues vers toi…

 

…parle lui de moi »  

 

 

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 21:24

"il est ou le verbe être

quand tu n'as pas d'avoir" 

Marc Jolivet

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voyages immobiles

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

city.jpg

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

thailande.jpg

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

et ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

sagesse.jpg

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés d’ailleurs,

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotants,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

auroville.jpg

...

Dans L'armoire

une présence

...un peu de douceur,
dans un monde de brutes...