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diaphane express

29 avril 2006 6 29 /04 /avril /2006 10:39

coupe de France

Olympique de Marseille contre Paris St Germain

des hordes de supporters abrutis d'alcool déferlent sur la capitale, 2300 policiers veillent à ce qu'ils ne se rencontrent pas, même en Afrique les troupeaux d'animaux sauvages n'ont pas cette violence, et plus encore, il faut aussi séparer les supporters d'une même équipe, les tribunes sont aux noms des clans, ils se bouffent entre eux !

sorte de gaulois analphabètes, tonitruants et bornés, des transports en commun spéciaux sont mis en place toujours pour éviter les affrontements

on a rarement fait pire dans la connerie et la déchéance humaine

Marx écrivait : « la religion est l'opium du peuple », au moins il fallait réfléchir, trop dur pour ces fanatiques aux beuglements éthyliques

non faut pas être méchant, retenez vos larmes

Zidane arrête, après la coupe du monde en juin, modèle de « réussite sociale » qui a fait vibrer la France en 1998, on se serait cru à la libération

tout un peuple gavé à la sauce médiatique, ah bon les français ne sont plus racistes ?

pauvre Zizou avec ses 13 M€ annuels, dont 6.4 M€ de salaire, 200 000€ de primes et 6.4M€ de contrats publicitaires et d'opérations diverses

mais le ballon fait rêver, on tape dans les boites plutôt que d'aller à l'école et des rabatteurs barbares viennent trier la future élite

 dans ma ville on a construit un stade avant une salle de concert, la connerie l'emporte sur la culture, il faut occuper le bon peuple, surtout ne pense pas mec, bois ta bière

 

et c'est pas fini du 9 au 23 juin on va en bouffer, télé, radio, presse

et pour accueillir la barbarie mondiale on crée le plus grand bordel d'Europe

quelle honte ! c'est cela peut-être la décadence ?

l'article 1 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dit : « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune »

ah bon ? parce que moi j'ai certainement plus besoin d'un chirurgien, d'un éboueur, d'un prof, d'un artiste ou d'un mécanicien que d'un footballeur

 bon j'arrête ils vont venir foutre le feu à mon blog!
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24 avril 2006 1 24 /04 /avril /2006 10:41

c'est la rencontre d'un texte et d'une chanson

merci Annick de nous prêter ce poème si fort et de m'autoriser à y mettre du son

laissez-vous prendre la main par ces deux joyaux

dewplayer:http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/15/86/22/l--oiseau.mp3&

C'est l'agonie d' une mouette qui n'est plus au bord de la mer .

 

La vie lui a cassé les ailes .  

 Elle a été chassé en quelque sorte ... 

 ... à moins qu'elle ne se soit enfuie ... 

 Elle ne sait pas très bien . 

 Son malaise envahissait les autres et elle a compris qu'il fallait qu'elle s'éclipse pour ne pas gêner, comme toujours .  

 

La mer, c'est fini pour elle ... 

 plus de vagues, 

 plus de vent, 

 plus de bleu, ni de gris,

 plus de rochers,

 plus de petits poissons frais à se mettre dans le bec, 

plus d'eau salée à aspirer, 

plus de danse avec ses congénères, 

plus de marin à enchanter,

plus rien de tout cela  .

Elle est mourante la mouette et les seules nourritures qu'elle trouve sont celles des décharges publiques loin de la côte .

Elle a l'impression désormais de se nourrir d'immondices .

Ce n'est plus la mer qui la porte, la vie qui l'émeut .

Elle grelotte .

Elle est vide .

Elle ne peut plus déployer ses grandes ailes, et ses pattes sont ridicules .

- les pattes chez les volatiles c'est ce qu'il y a de plus pitoyable -

elle n'arrive plus à avancer .

 

C'est l'agonie d'une mouette qui n'est plus au bord de la mer .

 

poème : Annick SB

chanson : Lucid Beausonge

 

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21 avril 2006 5 21 /04 /avril /2006 20:03

ceci est une expérience

allez, je me défoule, attention…, partez !

connard ! salope ! raclure ! ectoplasme ! branleur ! pauv’con ! putain ! abruti ! pipi ! bâtard ! va mourir ! grosse vache ! enculé ! sale gosse ! racaille ! moule à gaufres ! ordure ! taré ! caca ! ta gueule ! …

bon, qu’est-ce que ça fait ?

je vais vous dire, rien,

 un petit plaisir peut-être d’avoir écrit ces mots, quoique…
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16 avril 2006 7 16 /04 /avril /2006 13:40

là bas le square, non plus tard, je tourne à gauche, je longe les murs du collège, cartel d’intelligences, laboratoire d’embryons, transfuges lénifiés et satisfaits, devant le portail d’entrée de cette institution, vous deux les filles que je remarque, opposées, convaincues du caprice des modes, plus loin tout ignorants et si certains, une bande de mecs, caprices d’identité, besoin de puissance, ta bouche que je bouche, je marche encore, je retrouve la grille noire du musée, tu es belle, tu ressembles aux miennes, je m’appelle sapiens et toi néandertal, pourquoi notre impossibilité ? c’est toujours comme ça, - oui, qu’est-ce que tu veux ? – non, j’ai pas de monnaie, excuse moi, j’arrive vers la place, préfecture et mairie, le poivre et sel de mes cheveux m’enlève partiellement des placages aux murs et des frappes en sourdine, quelques encravatés imbus et pitoyables,  rien que l’édifice fait froid, fauteuils, ceux ou absents, vous votez quand même, ta bouche qui me hanche, la pierre est dure comme nos intérieurs honnis d’apparences, prétentieux et frêles, un uniforme m’interpelle – vous cherchez quoi ? – rien, monsieur je regarde le monument, le monument ?! plus loin, c’est chez Chloé, un bar d’humains, de Nombreux, je vais me laisser traîner, je vais me laisser boire aux âmes des autres, me perdre sans excès juste balbutiements de certitudes, éclosions avortées de rencontres, tristes tropiques, c’est le rayon de lune qui me guide, taches d’urine aux pâleurs de réverbères, je retrouve le square, la cellule végétale a une membrane de plus que l’animale, elle a aussi la beauté et le temps, mauve ourlé de fleur, silence figé, ardente patience, sur le banc, aux abysses du nocturne, leurs silhouettes qui s’embrassent, je me lève, il faut que je marche encore et j’entrevois soudain la statuaire granitique de la cathédrale, - eh mec, t’as rien ? file tes tunes et on te lâche – tiens regarde, je suis sec moi aussi, c’est même galère ! ma bouche qui se ferme, la tienne envolée, je vous regarde, ombres tremblantes, courbées de foi, fragments de peaux aux éclats de cire, caprices de peur et l’autel comme un gouffre, je sors, je veux errer encore, loin de vos symboles écrasants et dominateurs, je tourne à gauche, c’est le fleuve, sa perpétuelle insolence et son chuchotement nourricier, je glisse ma main en l’onde glacée et je la secoue, ouvert aux perles transparentes, sang d’être

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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 14:35

je la connais bien cette plaine picarde

terre de labour, de clochers et de bois

ici lorsque l’on ouvre le sillon c’est la mort qu’on y trouve

Beaumont-Hamel, Albert, Péronne et plus loin encore vers l’est

la charrue souvent bute ou fait ressurgir l’horreur du passé

obus d’ypérite encore tout chargés de leur venin, plaques militaires dernières traces du martyr subi, fusils rongés de rouille, grenades latentes

ici mes grands-pères ont donné de leur sang, les monuments aux morts sont patrimoine, anglais, sénégalais, chinois, canadiens viennent s’y recueillir

l’emblème de cet horizon si chargé d’absurde et d’histoire est le coquelicot, la seule plante ayant résisté au déluge de métal, de chair et de destruction

 

Sur le terrain vague, sale et malade, ou de l’herbe desséchée s’envase dans du cirage, s’alignent des morts. On les transporte là lorsqu’on en a vidé les tranchées ou la plaine, pendant la nuit. Ils attendent – quelques uns depuis longtemps – d’être nocturnement amenés aux cimetières de l’arrière. On s’approche d’eux doucement. Ils sont serrés les uns contre les autres ; chacun ébauche avec les bras ou  les jambes un geste pétrifié d’agonie différent. (*)

 

le vent fait se plier les blés et les maïs comme une métaphore du temps

ils ne sont plus que cinq, témoins vivants de ce déluge de mort

cinq survivants, les yeux, le corps et le cœur toujours tatoués de déchirure, de douleurs et d’images terrifiantes

que pouvons-nous entrevoir de ces victimes anonymes, de ces gueules cassées, de ceux tués sciemment par l’ordre établi pour refus de combattre ?

 

Nous sommes là, tous les deux, cet homme et moi, à nous rapprocher et nous heurter sans nous connaître, montrés puis interceptés l’un à l’autre, en brusques à-coups par le reflet du canon ; nous sommes là, pressés par l’obscurité, au centre d’un cycle immense d’incendies qui paraissent et disparaissent, dans ce paysage de sabbat.

- On est maudits, dit l’homme. (*)

 

9 381 551 tués au combat, 23 148 975 victimes du carnage, la guerre des guerres, la Der des Der comme ils dirent, plus de 20 pays en conflit,

Messieurs, vous êtes les derniers savoirs d’un passé qui façonnera l’ère nouvelle, dans la tourmente et le feu, limites humaines, pouvoirs exacerbés, vos mains qui tremblent sont symbole de la fragilité de l’être et des aberrations qu’il porte, vos yeux le miroir de nos erreurs, votre voix l’écho du bruit des canons

je vous retrouve et vous lis au travers ces photos, ces carnets, ces lettres, vestiges échoués, échappés de nouveau à l’enfer des flammes

vous n’êtes plus que cinq

non vous êtes tellement nombreux…

 

(*) extrait du livre : Le feu / Henri Barbusse - 1916 

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16 mars 2006 4 16 /03 /mars /2006 14:45

l’herbe défile et la carlingue s’ébroue,

l’œil alerte, horizon, cadrans et la main toute douce qui tire sur le manche, je tiens ignorant et fébrile la carte sur mes genoux, je suis fier, je m’envole, je quitte cette terre pour maîtriser l’apesanteur, et c’est toi qui pilote

l’ombre des héros qui t’ont nourri, Lindbergh et la traversée de l’Atlantique au travers le bruit et quelques centimètres carrés de vitre, Mermoz et l’Aéropostal, le début des longs courriers, faire parvenir des mots sur du papier, même ta petite amie fait ses albums pour ses rêves, les avions, ceux que tu vis tant de temps, longues traînées blanches de B 17 vers le front allemand,

gamin sous la guerre qui reproduit son désir par le métal et le bois, le papier et l’acétone, sous les ruines tout juste éteintes d’une Allemagne meurtrie, tu apprends l’ordre et choisis la mécanique de l’air,

te voilà à Rochefort, ta main glisse sur l’aile de l’animal, un Spitfire, certainement le plus bel appareil jamais conçu, beau et sensible, tu le démontes, le remontes, l’ombre des héros, toujours, Clostermann, Bader, Saint-Exupéry, drôle de prince, passion et cambouis

concentré mais heureux, tu amorces un virage serré et t’alignes sur l’axe des peupliers qui bordent ta demeure familiale, et là si près des cimes tu mets plein gaz, le bruit du moteur les fait sortir, le bleu azur comme cap, tu souris,

du passage de l’école au métier, tu perds l’aéronautique et découvres l’industriel et toujours pas pilote, Le Bourget, le cri rageur du Drakken, les bouquets d’escadrilles, te voilà muté de nouveau et soudain retraité, dans le sous-sol de la maison, des odeurs d’araldite, un fuselage de planeur comme un sous-marin blessé, tu le caresses, le soignes, tu sais le souffle de l’air saisir la moindre aspérité et c’est là enfin qu’après une vie dédiée à l’envol, brevet en main tu prends le tien

le vent harcèle la toile et la fait insoumise

je tire sur mes lignes, apprivoise l’appareil

je ne suis pas pilote

juste tes initiales sur mon cerf-volant

tu voles toujours, Pa…
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12 mars 2006 7 12 /03 /mars /2006 00:18

s’asseoir, regarder le ciel

se laisser prendre d’une conscience universelle

se vouloir unité humaine nourrie de toutes diversités

élever le spirituel, individuel et communautaire

absoudre le lourd testament des politiques et des religions

devenir citoyen du monde

être libre, en mouvement avec la connaissance

ouvert à toute évolution qui serve l’homme 

 

le 28 février 1968, quelque part en plein désert au sud-est de l’inde plus de 5000 personnes sont rassemblées autour d’une étrange urne de marbre en forme de lotus et là sous les yeux de la Mère, les représentants de 124 nations vont déposer un peu de terre rapportée de leurs pays

le ville de l’aurore vient de naître

la Mère en est l’essence première

Mira Alfassa qu’Auroville appellera la Mère est née à Paris, grande voyageuse elle s’établira en Inde et deviendra disciple de Sri Aurobindo philosophe et homme politique dont elle créa par la suite un ashram à son nom

Mira rêve, elle veut créer une ville laboratoire ouverte au progrès mais aussi à l’individu, une ville de paix, de concorde, d’expressions artistiques, de liberté au dessus de toutes croyances, de toutes politiques et de toutes nationalités

en 1963 elle fait appel à un architecte français, Roger Anger pour lui modéliser ce que sera la cité de l’aurore puis viendra la recherche d’aides et d’autorisations diverses 

 

ce 28 février, la Mère est debout devant la foule et elle délivre le message et la charte d’Auroville :

Salut d’Auroville à tous les hommes de bonne volonté. Sont conviés ici ceux qui ont soif de progrès et aspirent à une vie plus haute et plus vraie. 

Voici la charte de la ville :

1 – Auroville n’appartient à personne en particulier. Auroville appartient à toute l’humanité dans son ensemble. Mais pour séjourner à Auroville il faut être le serviteur volontaire de la conscience Divine.

2 – Auroville sera le lieu de l’éducation perpétuelle, du progrès constant et d’une jeunesse qui ne vieillit point.

3 – Auroville veut être le pont entre le passé et l’avenir. Profitant de toutes les découvertes extérieures et intérieures, elle veut hardiment s’élancer vers les réalisations futures.

4 – Auroville sera le lieu de recherches matérielles et spirituelles pour donner un corps vivant à une unité humaine concrète.

 

là dans ce désert rouge accablé de chaleur, la ville-cellule, la ville-galaxie va grandir

sur une idée première de cercles concentriques, l’urbanisme va la façonner en spirales

la Mère s'est inspirée, comme modèle, du symbole représentant la puissance créatrice du Divin à l’œuvre dans la matière

 

 

 

le noyau de la cité s’appelle le Matrimandir, énorme sphère couverte de pétales dorées ou se trouve la chambre de méditation, grande salle de marbre blanc avec en son centre un lotus d’ou émerge une flamme symbolisant le pouvoir illuminateur de la conscience de Vérité

une zone de silence assez vaste, appelée le Parc de l'Unité, composé de douze jardins prolonge l'emplacement du sanctuaire

et la ville s’étale, elle va se fondre en quatre zones :

- la zone industrielle, petites fabriques, artisanats divers, ateliers de recherche, complexe agricole, la production doit se faire selon les besoins de la collectivité, la concurrence est proscrite et aucun droit n’est accordé au profit et à la surproduction

- la zone résidentielle devenue un melting-pot architectural ou l’on croise toutes sortes de constructions, de la hutte de paille traditionnelle aux villas écologiques et à la pointe du recyclage, ici règne l’imagination tant sur la conception que sur le matériau

- la zone culturelle, qui se voudrait aux travers diverses académies, reflet de l’innovation scientifique et artistique complétée d’installations sportives

ici artistes et chercheurs ne doivent pas tendre aux avantages personnels ni subir de contraintes extérieures économiques ou politiques juste servir la communauté humaine

- la zone internationale, offrant via de nombreux pavillons la diversité de tous les pays, culturelle, linguistique, intellectuelle, traditionnelle

et puis comme pour ceinturer, protéger ce paradis utopique, cette vision sublime du genre humain, Auroville s’entoure d’une immense couronne de verdure, des milliers d’arbres ont été planté, la terre se verdit, la faune revient, l’écosystème renaît

 

Auroville traverse le temps

en 1966 la Mère obtient le soutien de l’UNESCO et l’aval du gouvernement indien sur son statut d’autonomie, l’Union Européenne y contribue depuis plusieurs années, en 1999 Auroville est encore un village avec environ 1600 habitants, plus de 35 nationalités y demeurent, de nos jours, spéculations foncières apparaissent, 3000 touristes par jour et puis ce besoin sous-jacent et peut-être obligatoire d’une unité centrale, d’un « gouvernement »,

Auroville fait venir chaque jour en son sein 5000 Tamouls, paysans pauvres et en guerre pour leur reconnaissance, Auroville se construit, se dévoile

- Mère, tu n’es plus là, as-tu réussi ton rêve échevelé d’un monde d’amour et d’éveil, de bienfaisance et de sagesse ?

Auroville, ses piscines éclairées, ses cantines, son business, ses bougies et son encens

ou est donc « l’Etre Supramental » de Sri Aurobindo, le serviteur volontaire de la conscience que Mère désirait ? Auroville n’est pas morte, elle tâtonne, elle doit veiller à qui veut la prendre, elle doit rester espoir

 

 

s’asseoir, regarder le ciel

devenir citoyen du monde

se laisser prendre d’une conscience universelle

se vouloir unité humaine nourrie de toutes diversités

je pense à Myra la femme

qu’ils ont voulu déifier

jusqu’à l’emmurer, l’empoisonner pour en faire leur symbole

Mère mourut en 1973.

Auroville lui réserva des funérailles de Déesse

la ville de l'aurore

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8 mars 2006 3 08 /03 /mars /2006 22:15

- eh mec, tu crains avec ton rott !

va, continue, petite bête,

habillée d’automne, aux poils débordants

le museau qui analyse l’asphalte du trottoir

qui est si loin des senteurs douteuses

du moqueur de l’autre coté de la rue

et puis le regard du type étonné

de me voir avec mon sopalin

ramasser la crotte, minuscule

et le cul tortillé de l’animal épanoui

- eh t’as vu la terreur !

quarante sur vingt cinq

vif comme l’éclair

douce comme le réconfort

face maligne et pile désuet

inconsciente et câline

un monde

l’odeur de ton poil, tes habitudes canines

et puis nous

ta truffe alertée, qui hume, qui détecte

le fond de tes yeux, avide et donneur,

et nos témoignages

toi si petite

tu me piétines, te frottes, me nargues, me séduis

le coussin pour t’ébrouer

le fond du canapé pour dessiner ton contentement

les limites de ton territoire

dans des secousses libérées

oui nous

et l’humain

au travers une petite boule de poils

fragile, et tellement complice

sentir le poids du silence, la larme qu’on essuie

- bonjour, excusez-moi,

le halot du réverbère renvoie l’ombre d’un grand chien

on traverse, je te sais curieuse et impulsive

arrogante parfois

c’est toujours la loi du plus fort

tes pattes survolent le sol

verrais-tu le danger si je n’étais pas là ?

les différences c’est aussi chez la faune

- elle est mignonne, comment elle s’appelle ?

elle s’appelle Virgule

c’est une bâtarde, une métisse

et vous savez pas les instants cachés

nos jeux, nos protocoles, nos défis

nos tendresses, nos apprivoisements

nos manques et besoins

nocturne

je sens cette haleine fuyante

la trace laissée de cette langue furtive

la chaleur animale

moi si démesuré qui te porte en mes mains

tes aboiements timides qui me font sourire

cette vivacité reptile, ce langage mimétique

cette présence

- allez on rentre, viens Virgule !

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24 février 2006 5 24 /02 /février /2006 09:02

debout, les mains dans le vide

regarder les ruines, les lambeaux, les fragments que les flammes et fumées dévoreuses ont bien voulu nous laisser,

emmenés les traces, les œuvres créées, les images et le toucher, enlevés une nuit d’apocalypse de feu et d’eau, dans les halots des projecteurs et lances, l’âme et le bâti en volutes insoutenables

deux êtres partis déjà et leurs laissés non récoltés à temps maintenant en boue grise et puante

toutes ces déchirures agonisantes qui jonchent le sol

ces actes d’amour et de patience, de tourmentes et de rires

une neige fondue s’invite à ce banquet du diable, trop tard pour cacher ces débris éventrés vomissant de vapeur, peut-être les larmes du ciel, édredon sur destruction

et le lendemain, crachin verglacé

morceaux de papier qui volettent

meubles épars, fracassés

alors dans ce désert de souffrances, morcelé, anéanti

les pieds dans l’eau

j’erre, larmes figées de froid

ou êtes-vous mes aimés, mes créateurs ?

toi, ouvrier inventeur, cadre marginal qui ne joue pas le jeu

qui vole dans les airs, qui construit

et toi, écrivaine tellement imprégnée d’utopie

que le réel t’es trop dur, le cœur à fleur de peau

je porte, je ramasse, je sauve

de ce cloaque morne et accablant

à ce moment les idéaux, les théories, les concepts sont bien loin

il ne reste que l’être

face à lui même

ces relents nauséabonds de feu mouillé

ces pas qui piétinent les existences

des souvenirs naissants

et le froid de l’absence

c’est quand les yeux terrassés de sommeil peinent à se fermer quand les mains serrent l’oreiller faute de peau que la nuit est la nuit, c’est là que le poids du manque, du vécu prend sa valeur, ces dîners sous le feuillage, ces noëls émerveillés, ces blessures soignées

debout, les mains qui suintent de noir

les yeux tellement rouges si loin du bleu offert

vous comme jamais

même si ce jour toutes traces de votre présence se sont estompées

murs béants, poutres de suie, squelette rongé

les âmes déjà se faufilent au travers ces vestiges désormais éteints

envie de se coucher sur ce sol détrempé

au milieu des gravats

faire corps avec la terre, l’eau, le feu

admettre le tout

admettre que désormais

ne reste que la part du cœur, du souvenir

au milieu du magma quelques cahiers parcheminés, quelques outils

cendres et neiges qui se confondent

aube noire

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15 février 2006 3 15 /02 /février /2006 21:03

les draps sont fardeau

plus que la tête

le corps émerge

corps opprimé

de temps d’absence

j’avais peur dans le préau

il voulait me casser la gueule

j’me cachais derrière le muret des chiottes

on va l’butter le rebelle

reprendre le bus

pour une autre austérité

mais t’étais là…

il me tenait par les cheveux

prof de physique

l’escalier du bahut

et mon frère en face

- tu vois, tu seras jamais comme lui,

t’es trop nul

voué à l’échec, soudain

une marque sur les fesses

le début de la solitude

mais t’étais là…

ils se sont amusés

ces guignols uniformisés

ils m’ont rasé la moitié du crâne

et ont ri des heures

de ce demi visage

je servais la nation

je devais être un homme

prison militaire

pour refus de saluer

mais t’étais là…

et puis,

la peau aux fibres de la nuit

les tripes au bout des doigts

l’autre, l’amour

l’être qui strie le cœur

le ronge après l’avoir nourri

le façonne

tatoue les extases et les regards

l’éternel partir

fais le en mémoire, n’oublies rien

on sait bien la chute

mais t’étais là…

c’est l’image qui dirige

désormais

le sang sur l’écran ne nous atteint pas

la guerre comme fiction

pense à sauvegarder

n’importe de ce que t’as, on sait jamais

bouffer de la notion faisandée

relents de dogmes tachés

sur fond de tirs urbains

et d’humanisme voyeur

les dieux snipers

et les hommes orgueilleux

mais t’étais là…

j’éteins la lumière

j’vais me recroqueviller

au fond du drap

ça se bouscule là dedans

ça fout les boules et le vertige

et aussi la honte

même les moutons à compter

sont malades

ils sont ou tes yeux

dis ils sont ou ?

tu vois

au miroir,

je mets ma main

sur le reflet

il me paraît tellement

plus vrai…

mais es-tu là ?
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voyages immobiles

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

city.jpg

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

thailande.jpg

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

et ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

sagesse.jpg

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés d’ailleurs,

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotants,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

auroville.jpg

...

Dans L'armoire

une présence

...un peu de douceur,
dans un monde de brutes...