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diaphane express

1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 22:22

Demain, j’irai face au vent, je garderai grand ouvert les doigts de la main

Et chercherai à saisir tous ces rêves échappés, déchus,

Je les ferai mien,

Demain j’irai boire aux cascades de nos déboires et illusions,

Je ramasserai les pierres en ferai un socle

Non pas pour une statue,

Juste quelques notes frissonnantes,

Des mots cadeau,

Demain je sillonnerai ces arpents de neige,

Aussi ces jungles aux innocences tachées,

Demain on fera mieux, c’est sur,

J’irai offrir ma main au tremblant du trottoir,

J’irai glisser le bulletin, par dépit,

J’irai mander l’évident,

Demain j’irai aux tourments du fleuve, je tenterai de m’échapper,

Et l’âme toute ouverte,

J’irai lécher le vrai s’il en reste,

C’est beau la vie, ça aussi c’est désuet, un slogan,

Au fond de la main,

Un peu de craie et de sable

Demain face au tumulte je garderai tendu les bras vers les clameurs,

Juste l’homme qui se mérite, l’éveil,

Demain ne sera plus mien mais une entrée douce au générique de fin

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 21:06

Hier, je suis tombé sur une émission télé qui retraçait les années 80 et 90.

Hier, j’avais l’impression d’être d’un autre siècle.

Ah oui, on dira les accords désuets, les textes sibyllins mais soudain j’ai senti comme un optimisme aujourd’hui tabou,

Hier il y avait du rythme, de l’espoir, du romantisme même délavé aux regards inquisiteurs du présent, de ces bobos socialos qui communiquent à leurs collègues de bureau par mail,

Mais faut pas louer le passé sinon t’es ringard, un vieux con, n’empêche, on fait rien que fêter des anniversaires de morts, Balavoine, Gainsbourg, Bashung,

Et l’ombre de Coluche à filer à bouffer à des pauvres qui enflent,

C’est trop tard, des jeunes incultes abreuvés de rap primaire et de films horrifiques, gavés d’individualisme à s’en déchirer eux même,

C’est moi le père ?

Putain j’aurai dû aller au cinoche ou me couper la queue, tout ça pour rien…

Quinze ans à chercher à transmettre des valeurs, l’éveil, la tolérance, l’ouverture aux autres, au monde à nos gouvernances,

Faut pas parler comme ça ?

Ben si, t’as beau élever, chercher à donner cet héritage d’humanisme, leur dire c’est ton avenir, écoute, participe, intéresse-toi…  c’est qui le premier ministre ?

Hier comme un con tout seul devant mon écran, j’ai dansé, pleuré, j’me suis dit ma jeunesse avait encore un peu d’humain, on disait bureau du personnel avant qu’on dise ressource humaine,

Hier j’ai pensé que le jour fatal ne me fera pas regretter de ne pas vivre l’avenir…

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:25

c’est février, c’est un autre tableau de mille et une

et plein d’horizons passionnés…

marc-chagall-a-tableEugène, souvent quand c’était la moisson coupait le moteur de sa vieille batteuse et contemplait la parcelle.  Il disait toujours : « pourquoi aller ailleurs, regarde la plaine, vois mes grains d’or pas besoin d’images et de mots. »

Eugène, il était  comme ça, c’était la Marthe qui faisait l’intendance, fallait que ce soit prêt au  retour des champs. Les deux mômes, c’était foutu, voila qu’ils voulaient apprendre au lieu de retourner la terre, ben faut bien donner à manger au peuple, « c’est pas des livres qui font le boulot ! »

Eugène, il est aigre, ça le brule de l’intérieur, c’est qu’aucun des rejetons n’est  repris la ferme ou cette douleur au bas du ventre ? La peau s’est ramollie et posés ces méandres crevassés. C’est la coopérative qui ramasse ses blés désormais et ses fils derrière un écran à spéculer et gagner en un jour, une année.
Marthe, penchée à son fourneau sait le temps amener l’impossible,  et voila qu’il peut plus marcher, son dos à fourcher les ballots, relever l’attelage pour ancrer la charrue, la tête face à l’horizon, la binette comme une croix à ce champ de betteraves.

Marthe, elle supporte plus le fauteuil, les vociférations, « tiens prends ça, ça t’occupera », elle lui tend un livre, une histoire de terre, de collines en crête de dragon, d’églises à rénover et le voila soudain de silence, avide à ces mots tremblants sous le feu de l’âtre.

Marthe ce soir, elle en peut plus, elle l’entend encore : « mais laisse moi tranquille, je l’ai lu, la chair est faible mais l’esprit est ardent, c’est de ta faute t’avais qu’a pas me foutre toutes ces idées entre les mains », il s’étouffe, hoquette.

Marthe elle est là, sa main tendue et le bouillon tiède au fond de la cuillère, et lui affamé qui sait son dernier livre, sa  dernière page et le mot fin.  

 

* tableau :  Marc Chagall - à table

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 22:45

allez, ouvre l’étoffe, replie l’édredon,

vois ces plaines de paille torturées,

va chercher la sueur,

la goutte figée,

pose encore tes lèvres à son cou tendu,

fouille l’orifice et sa moiteur abandonnée,

bois ses yeux,

donne lui des mots pour qu’elle t’en rende

même si tu sais l’éphémère,

plus loin la roche

et la peau en souvenir,

allez, choisis,

le poigné offert

ou le sourire las,…

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 22:35

Un nouveau site est né, il se nomme Mille et une comme toutes ces histoires qui surgissent de nos imaginaires. Ici pas d'inscription juste le plaisir de lire, d'écrire, de découvrir et de partager les mots.
Une image par mois comme une porte ouverte à la diversité et aux rêves. Allez vous y perdre, on y est si bien. Compartiment%20C,%20voiture%20193 %20Edward%20Hopper %20193

 

 

Voici le thème de Janvier.
 

Compartiment C, voiture 193. Edward Hopper. 1938. Collection I.B.M. New-York.

 

 

Il s’avance vers le quai, la nuit s’étale sur ce béton d’après pluie, le panneau de départ n’indique même plus l’arrivée. Au bord de l’escalier mécanique, un contrôleur balance doucement son falot, le train va venir.
La machine gémit, soubresaute, transpire dans ses râles de métal, s’ébroue et ouvre ses portes.
Alors il monte, cherche une place ou caser ses jambes et près de la fenêtre. Ce n’est pas tout de suite qu’il a vu tous ces sièges vides, ce lancinement qui vire au maudit et ces arrêts à des gares désertes.
Juste une banquette froide et tachée devant lui alors il ferme les yeux, se berce d’hoquètements d’aiguillage, et la rencontre.
Ses jambes, ce crépuscule lancinant, de mer saturée et terni ce bleu de nuit pudique et prometteur ?
Non, elle ne lit pas, elle feint, elle est belle avec ses boucles anarchistes fuyantes aux bords de sa coiffe.
Un message l’a réveillé, il n’y aura pas d’arrêt à la prochaine gare. La banquette est vide et la prison d'acier tremble à nouveau, s’enfonce dans le noir et l’au delà des frontières.
De nouveau la paupière en rideau, la mélopée de fer et de vent, puis ses jambes.
Que lit-elle ? pourquoi ne relève-t-elle pas les yeux ?
Puis-je vous parler Madame ? Ne pas se réveiller surtout, j’en suis sur, elle n’y sera plus.
Soudain ce cri de vapeur, sa lèvre entrouverte sous le choc au siège d’en face, le silence, sa main qui tâtonne, elle est là ?
Et juste ce carnet entrouvert et ces mots bleus comme sa robe, tremblants :
on est arrivé…

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 21:05

elle s’en fut,

un matin clairet d’octobre,

doucement il a refermé la porte blanche, s’est retourné vers le couloir,

au fond les rideaux rouges qui parfument la lumière,

à gauche l’escalier qui mène désormais à des chambres vides,

à droite la cuisine puis le séjour comme on dit,

cette porte-fenêtre qui offre quelques roses timides,

véroniques et iris patients, clématites gourmandes,

il a pris l’escalier,

chercher le drap, l’odeur, méandres de soie oubliés,

palper l’indicible, l’invisible,
le voila qui arpente cet entre-chambres,

il sent déjà ce froid rampant,

filets de lèvres figés, peaux grillagées vouées à l’oubli,

et ce destin de glace, d’échos fissurés, de doigts qui tâtonnent,

alors il dit : fait frissons ce soir…

 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 20:54

encore ces bouillonnements,

des violons distordus qui bavent,

à l’orée des nuits,

accrochées des lamelles de peaux

qui se balancent aux vents rouges,

il hurle assez,

lové d’oripeaux qui ont perdus sa trace,

la couche pue la mort,

derrière les volets blancs

des écharpes hurlantes,

des toiles empâtées de silence,

il cherche son ventre,

invoque d’utopiques chimères

à son Eden muqueux et frissonnant,

boire encore ce suc nourricier

ces horizons moites et turgescents,

vider la machine, ranger le couvert,

jet jaune fumant pour effacer,

ce blanc figé, limace d’émail,

il se couche, regarde

et de fœtus devient gisant,

ils vont revenir papillons d’angoisse,

mélopées d’ombres vigilantes,

frapper le mur mais déjà immobile,

non, attends, attends, tu sais…

encore ces bouillonnements,

l’orchestre titube, se doit d’achever l’œuvre,

à l’orée du devenir

tous ces cœurs affamés

et qui chutent aux vents gris 

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 22:40

doucement j’ajuste les prismes,

fait tourner avec lenteur la lentille

et en miroir des flots énervés,

des baves écumantes aux crêtes éphémères,

voudraient mordre la pierre,

acharnées et certaines,

elle va venir cette nuit,

des jours que je le sens,

des paquets de pluie qui voudraient aveugler,

les frissonnements du néant,

que finisse l’opaque

aux balbutiements d’aubes sales et tremblantes,

tous ces spasmes de mousse 

et ce cercle jaunâtre qui balaie,

de si noires mouvances,

coques égarées, corps convulsifs et inertes,

elle est venue cette nuit

la grève en cimetière

qui éructe nos absurdes,

méandres de laine à strier le sable,

je ramasse aux cristaux de vent,

des sèves avides,

des jus de certitudes aveugles et orgueilleuses

et ce serpent d’étoffe,

la marée suivante je le sais,

à son bon vouloir, déféquera mèches et filaments

en conducteur d’humain,

cette soie qui serpente

au creux des doigts,

l’onde tendue en soubresauts d’appels,

je la cueille ce matin,

mèches d’écumes bavantes,

comme une bouche au creux des remous,

je sais son spectre m’étreindre,

et le phare éteint qui baisse les yeux,

que viennent  brumes d’embruns

et chants de sirènes,

nacelle tremblante, fière  aux flots autistes,

me ramène à la terre et ses caprices mensongers,

viens,

je romprais tous ces amarres

qui font muet et soumis comme par définition,

une mouche brulée aux chaleurs des lentilles,

ce n’est que lumière et vagues obstinées,

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 21:21

diaphane, qui transmet la lumière,

mais n’est pas transparent,

 

et qui ne s’est pas transcrit, ce jour pluvieux,

comme intrus devant ce dédale,

la terre béante à recevoir un autre corps,

et Lydie, présente à ce constat protocolaire a écrit ce qui suit :

 

C’était un jour de printemps, le ciel menaçant…

Assise dans cette église abîmée, personne à côté d’elle.

Juste face à elle, lui.

 

Elle l’avait connu à l’adolescence, le premier amour,

Celui qui vous fait tourner la tête, et sur ce bout de papier le calcul des jours ensemble échangés à travers la grille du lycée.

 

Mais très vite la relation fut agitée, lui courant après la vie, elle beaucoup plus posée s’essoufflait à le suivre. Pourtant toujours, par amour elle essayait,  jamais elle n’aurait voulu laisser échapper l’homme qu’elle aimait… C’était clair dans sa tête elle ferait tout pour lui, tout…

Parfois, et au fil du temps, elle devenait sa poupée, il pouvait être à la fois tendre et ignoble, comme un enfant qui joue… Il aimait beaucoup sa poupée…

-----

Elle était là, assise, seule, face à lui mais ne pouvait pas voir son visage.

A sa gauche, une petite fille avec un nounours, la ressemblance est flagrante, les mêmes cheveux, le même sourire, le même visage… A côté d’elle cette petite femme, en basket et cuir démodé, elle la reconnaît, déjà vue sur une photo qu’elle avait trouvé chez lui. Ce doit être la maman de la petite…

Devant, une femme blonde, touchant sans cesse son alliance, les yeux remplis de larmes, inconsolable…

Fin de la messe, sortie d’église, elle y retrouve la famille, qu’elle a bien connue. Chacun se rappelle à ses souvenirs… Et une seule question en tête, comment a-t-il pu en arriver là ?

Si jeune, un tel vécu derrière lui, un écorché vif, toujours à la quête de soi, et cette lente déchéance…

-----

C’était un jour de printemps, une éclaircie dans ce ciel menaçant…

Ultime marche pour l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure.

Elle laissa passer la famille et les amis, et derrière ses lunettes noires, elle laissa s’échapper une larme. Des années qu’elle ne l’avait pas vu, ils s’étaient quittés sans violence, juste quelques mots balbutiés au téléphone, et pour lui le regret de l’avoir laissé partir, elle lui avait glissé des mains, il n’avait jamais cherché à la rattraper…

Et comme pour signaler le clap de fin, d’un geste lourd elle attrapa la rose et lui offrit, sous le regard étonné de la petite fille au nounours qui se demandait qui elle était…

-----

Quelques années plus tôt, sur un lit d’hôpital, réveil difficile, l’homme à ses côtés la rassure « ne t’inquiètes pas, je suis là maintenant ».

Ces mots en écho, dans ce cimetière, la rassure. Elle prend son téléphone, l’homme à l’autre bout du fil, « j’arrive mon amour… ». Et cette envie de le serrer si fort, dans ses bras elle n’est plus poupée, elle est femme.

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 20:49

alors elle se sauvait,

toujours,

elle savait l’asphalte et la prairie,

six minutes à courir,

du bas d’immeuble

à la friche industrielle,

semblant de nature,

étoilé de papiers gras,

fleur de pissenlit,

alors elle se rêvait,

toujours,

elle se griffait cœur et âme,

des rêves qui suintent,

qu’elle éponge et s’invente,

au creux des genoux

cet infini désiré,

et la brouille salée

d’un attendu mort-né,

il est tant de silences,

alors elle a crié,

toujours,

elle guettait ses ombres

si promptes à bondir,

six minutes c’est trop long

et trop loin peut-être,

petits méandres figés

et battements d’écarlate,

alors,…

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voyages immobiles

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

city.jpg

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

thailande.jpg

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

et ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

sagesse.jpg

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés d’ailleurs,

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotants,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

auroville.jpg

...

Dans L'armoire

une présence

...un peu de douceur,
dans un monde de brutes...