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diaphane express

25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 20:40

c’est flou dans sa tête comme ses aubes de paille, troubles,

le regard jaune du passant, yeux de serpent, langue fourchue,

le fleuve renvoie et charrie excréments et reflets,

se fait appeler « ambre » comme la couleur de sa pisse, dit-il,
ce crépuscule sale quand l’onde renvoie l’ocre aux tremblements des candélabres, sa couleur,

celle du fond de sa bière avant l’édredon de noir, celle de la peau du  mourir, aux sillons oubliés de parfum et caresses,

c’est flou dans sa tête comme cette lune béate,

quand l’œil du rapace scrute jusqu’à l’invisible, becs de sangs,

c’est l’étiage et le temps halète,

se fait appeler « ambre » comme la couleur de son dernier whisky, dit-il,

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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 19:30

- est-ce parce que dit-on ton regard perce les murs
que tu préfères la nuit et la solitude ?



...tant de bleu au fond de la cage...
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 20:57

juste dire,
on reste au creux de ceux qui nous ont aimé...
comme ça,
parce que avec nos petits orgueils, 
nos certitudes de paille,
isolés et mendiants,
oui, je sais bien
on n'a jamais raison, préserver la notion,
la famille, tiens, mais c'est déjà plus,
non j'ai tort, encore,,
des sentiers de pétales, d'elfes pailletés,
vous accompagnent,
vos égos à l'égal de vos ignorances,,
et ce palper rare qui pousse au pingre,
j'vais pisser, seul aux édredons de nuit,
voudrais bien m'y coucher,
comme ça,
dehors comme dedans,
si vide...
oui je sais bien
on se croit possesseur, préserver l'identité,
culture et géographie mortes et "savoirs" enfuis,
ces acquis de miettes et d'illusoire,
vous accompagnent
vos doigts qui tâtonnent
isolés et mendiants,
draps de peaux secoués du même vent,
non j'ai tort, encore,,
de l'alcôve à l'atelier même requête,
et vos mots retentis et dupliqués,
j'vais écrire, seul aux barreaux de mes couleurs,
voudrais bien m'y perdre,
comme ça,
dehors comme dedans
,

et même…

…au travers nous…

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:57

c’était en 1973, seul au cœur de l’amphi, sur son estrade,

il parlait et tournait dans sa main une pomme comme un symbole. Il parlait d’industrie, d’agriculture et de démographie, d’urbanisme aveugle et de recyclage

c’était bien avant Dany le vert ou Nico le converti, bien avant les bobos à vélo et le snobisme bio, la démesure et l’intérêt tiraient déjà les ficelles, et l’amphi silencieux

il s’appelait René Dumont

qui avait senti l’herbe humide tremper ses chevilles ?

ils ont pris moult formes les utopistes de la chloro,

plus d’un quart de siècle à se faire entendre,

comme les radios libres comme désormais le net

le costard cravate s’accapare le concept y rajoute quelques taxes et se fait avocat,

c’est presque foutu

jardinier je taillais des pruniers vétustes et mourants, enfermés d’asphalte au trottoir éventé et sombre lorsqu’ils vinrent, le parenchyme vous connaissez pas ? Le vert est passé de la barbe à la limousine, les forêts restent piétinées et les puits avides, faire payer le pet des bovins et subventionner l’industrie des 4X4 ?

et les voila, sélectifs comme leurs poubelles,

qui a palper ce grain aride de l’écorce ?

porte nos cendres et nos âmes,

terrassées de degrés asséchants, de regrets, pas même,

s’effilochent les valeurs et se perdent les sagesses ancestrales,

ils font la morale ne savent comment prendre un sécateur,

dessinent sur leur planche les couleurs de nos villes, finis géraniums, œillets d’inde, sauge,

de la vivace et du graminée coutent moins chère à l’entretien et des pistes cyclables en béton là ou il n’y a pas de vélo,

Bertrand reverse pour l’Afrique, Hulot cautionne les shampoings,

jardinier je défends l’impossible mais avec respect et contraintes,

des arbres sur un pont, un mètre cube de survie juste pour plaire

c’est beau sur la planche à dessin ou en projection 3 D,

le culte des archis et des paysagistes,

ceux là qui nous font des tours et des jardins aseptisés,

comme les pontes politiques, hospitaliers ou d’industries,

ils ont raison…

en humant la rose, je me suis fait piquer et j’ai ris de mes rougeoyantes boursouflures, l’oiseau sur le greffon, du gris sur l’azur,

c’est en 2010, le seul est dogme au fond de la rue, sur son écran,

ils parlent, incultes ambassadeurs, une pilule salvatrice posée à l’éphémère de poussière jaune, sous le bleu glauque et muet, partout,

poubelle rose qui se met à chanter, du lisier aux préfectures et du lait aux caniveaux,

de prophase en télophase, çà grouille au fond de la lentille, mais que savent-ils de la sève montante et de photosynthèse ?

on tue les mauvaises herbes en chauffant le gaz ou l’eau, on réveille d’autres graines en latence, et laisse la fumée colorer l’horizon,

c’était en 1973, sur les bancs, des yeux et oreilles tissés au discours,

il disait c’est presque trop tard, comprennent toujours pas…

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 19:52

rediff

elle avait attendu la nuit, la clôture qui ceinturait l’usine était cassée juste derrière l’entrepôt, elle l’enjamba et là sous une bruine froide et silencieuse, immobile, elle sentit le sel sur ses joues se confondre à la pluie
le grand parking était désert, crevé de cercles jaunes que laissaient choir les mats d’éclairage, pas une voiture, fini le temps du ronronnement des ateliers et le va et vient des camions de livraison accostés au quai comme d’étranges navires intemporels
doucement, dans la pénombre des façades, elle a contourné les deux grands bâtiments de fabrication pour atteindre le local d’entretien
elle s’appelle Léone, parole de ch’ti, le père crachait des lambeaux de poumons à chaque toux, trente années de mine, de poussière noire et de lutte, et si c’était pas le fond c’était l’étoffe, le textile, fallait bien faire un choix et nourrir le petit monde
Léone, elle avait connu le métier, celui à tisser, chuchotements des rouages, araignées de laine, la pendule et l’ouvrage au creux des mains,
elle était là devant la porte, tant d’années, tant d’âme déposée, ce geste tellement fait, soudain comme un délit, on était loin des braseros, des regards complices tout emplis de peur et d’espoir qu’ils savaient mort-né, le matin devant l’armoire de fer et ces deux portemanteaux, des regards comme un couperet au travers les mots, chacun sa merde, mais là le même vaisseau, le même naufrage, elle entre, traverse le vestiaire et arrive aux chaînes, oui, on dit comme ça, comme une étrange armée, figée, les machines, handicapées, sans hommes pour les animer, cimetière de métal sans mémoire, sans conscience
elle revoit le contremaître, sa peur, son humanisme muselé, la première réunion avec le grand patron, il est des impératifs économiques qui exigent pour la survie de l’entreprise des mesures contraignantes et indépendantes de notre volonté
elle s’est approchée de son métier, elle n’a jamais voulu dire machine, elle était oiseau blessé, muette et timide, la main glisse sur ce battement d’acier désormais sevré,
Léone, elle connaissait l’outil, l’avait vu évoluer, la machine va asservir l’homme et la voilà maintenant pliée, agenouillée devant cette dépouille d’acier qui ne la nourrit plus, l’avoir combattu comme pressentiment, et là aux échos de sanglots, plus de tissus roulés pour amortir le cri, vous comprenez la conjoncture rend nos coûts trop élevés, il nous faut faire face à la concurrence, soyez surs que nous ferons tout ce qu’il est possible
elle s’est relevée doucement, ces fantômes trapus, ces allées grises, terrassée, abandonnée soudain pauvre elle est partie, courbée comme les machines, drôles de stèles pour un triste cimetière
Léone en revenant s’est accrochée à la clôture et s’est retournée cinq fois…

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 13:34

voila que les pousses claires  gonflent

et promettent d’ascensions futures,

le mois de  Mai, ces naissances, ces décès,

à l’éclosion des pétales,

des mémoires au fond des calices,

je t’aime Man, t’es toujours là pour moi

ce jour ton ventre ouvert pour me laisser vivre

t’es pas partie le 23, tu partiras jamais,

et si le 15 de Novembre revient,

c’est mon autre moitié

Pa j’ai pris en charge l’aérodrome de ma ville,

ton âme sur la piste,

une marche, ce jour

qui me rapproche de vous

cette maison et votre ombre au-dedans,

ce besoin de famille, d’amour

comme celui qui nous a nourri,

reste au fond de mes troubles

des tables de fêtes

des débats à n’en plus finir

deux sourires incertains

à combattre nos débauches sociétales,

vos petits enfants, mes enfants,

voila que fleurs s’épanouissent,

tiges qui ploient aux feuillages retrouvés,

mes deux êtres fragiles,

puissent-ils ne pas me maudire

de leur livrer ce monde

une marche, ce jour

un an lâché au tourbillon du temps,

un pas de plus à vous retrouver,

il n’y a pas de vide, juste l’attente,

ils vont me faire des baisers,

m’appeler,

je vous aime tous deux,

votre mère si proche d’eux

et toi aussi ma nuque refuge

de charme et de patience,

juste une marche

un pas de plus vers l’irrémédiable…

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 20:59

- putain j’vais t’niquer ta gueule salope, c’est pas une meuf qui fait la loi

- taisez-vous mais taisez-vous !

c’est pas l’histoire d’une prof ce film, c’est le constat d’une société, de parents plus habitués au civisme des CAF qu’à l’éducation de leurs progénitures, c’est l’œil du caïd sous le canon du révolver et qui cite Molière,

- ça y est, tu baisses les yeux,

les filles s’en rappelleront et la gâchette dénonce d’autres souffrances, ce passé commun qui fait les peuples avoir le devoir de s’aimer ! du sable stérile aux fragilités de craie et d’argile, les terres portent les mêmes morts, chairs et cendres, au bout du portable des lambeaux de vies,

- madame vous ne maitrisez plus votre classe,

l’orifice tueur a changé de main et  le narcissisme aveugle des prélats du pouvoir rend toute vérité absurde, cette utopie est racine, voila que la prof est élève, même survie,

- donne-moi l’arme,

le bateau est le même qui tangue et prend l’eau, juste un genou entrevu entre la jupe culotte et les bottes puis tous ces dogmes régressifs englués de morale si loin du soubresaut, voila que l’image ose et dit les choses,  du désespoir au partage,
du non-dit au dit !

- …



vous passez, vos ombres font comme moi et n’osent se poser, laisser un effleurement ou un cri

et puis quelquefois la cause est telle, et c’est réconfort dans la boite aux lettres

avec son accord ce texte est prolongement concret à ce succinct billet,

à noter tristement que ce film n’est diffusé que dans très peu de salles, les majors sont plus préoccupés par le fric que par la réflexion…

heureusement rien ne peut encore censurer le témoignage, merci chrystelyne

Ce film je l'ai vu, enregistré et revu avec ma fille, prof débutante et qui enseigne en banlieue après avoir  été stagiaire et surveillante  en ZEP, je travaille moi en collège, c'est dire si ce film  pour nous est parlant ! enfin du vrai, du vécu sans langage de bois, la  triste et dramatique réalité sur  le gâchis, l'incommunicabilité, le pouvoir, l'abus de pouvoir etc. ! enfin les mots disent, les  images montrent et on en a pris plein la gueule de cette vérité et pourtant elle et moi on savait alors j'imagine pour ceux  qui ont encore des illusions, et en prime l'interprétation magistrale et si  juste d'Adjani ! il faut voir ce film et croire à tous ce qu'il met en lumière, à tout ce qu'il révèle, tout comme le bouquin et film entre les murs, pas d’exagération, un réalisme cru qui fait mal et surtout ne pas croire les profs bien pensants, qui enseignent en milieu protégé et qui font un tout autre métier et ignorent en toute bonne foi ou parfois font semblant d’ignorer et nient ce qui se passe ailleurs ! l’insupportable d’un revolver pour pointer tous les écueils, tous les manques, tous les abus, toutes les démissions, la violence extrême pour enfin se parler, être entendu et  faire passer le message, un message qui traverse l’écran  pour nous atteindre de plein fouet avec notamment tout le symbolisme de l’image final caïds, une rose à la main et fille en jupe  ensemble, à l’écoute ! Alors  politiques, institutions parents, continuerez-vous à démissionner et à gâcher, à pervertir vos enfants, nos enfants !!!!!!!!!! Merci Daniel d’être le relais de ce  film !

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 21:59


c’est là juste au moment d’y penser

avant même la destination

simplement prévoir, entrevoir,

feuilleter les guides, admirer les images

oui c’est là que le voyage commence

l’être s’emporte, s’embue de rêves

découvertes et envies caressent l’imaginaire

au travers le hublot

tellement d’histoire et de cultures

et voilà le pas

aux pieds de marbre, de briques, d’argile,

édifices essoufflés

comme furoncles résistant au passé,

de ces pierres effritées

n’en connaitre que bribes,

l’onde a gommé le sang

mais les valises sont trouées,

trainent des fêlures de tanks

et de fleurs incendiées

 

bon j’arrête

qu’importe le lieu ou le temps

y’a peut-être un ailleurs ?

demain l’oiseau de fer et feu va me déposer

demain à l’autre se donner

toucher la pierre,

le battement d’humains qu’elle porte,

des crachins d’amnésie

et du regard au parler

simplement s’unifier

 

c’est là juste au moment de l’écrit

après même les certitudes

juste retenir, préserver,

croire en nous…

croire en nous ?

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 21:05

oh qu’il est beau, tout fripé, ça y est, regarde, il sourit

il ressemble à qui ?

oh c’est son père tout craché, non c’est sa mère regarde les yeux et la bouche

toutes façons il fera parti de ceux qui disent pas bonjour dans les ascenseurs qui te claquent la porte au nez, t’ont même pas vu ou pire t’ignorent, de ces requins imbus d’eux même ou de ces errants smicards avec comme unique choix que celui de survivre

la France, meilleur taux de natalité en Europe, sans parler de l’Afrique ou l’Asie, plein de petits affamés lutteurs, les biens des parents s’assèchent et l’aide se raréfie, n’empêche, sous les promesses baveuses des encravatés, les utérus se dilatent, laissant au monde un héritage voué à l’incertitude et la misère,

je sais je suis pas dans la bien-pensance ni le politiquement correct,


ça y est, fait caca sur le pot, qu’il est mignon, écoute, il gazouille, l’a dit maman,

c’est quoi ? c’est jouer à la poupée, se faire responsable sans même l’être, la société va s’en occuper de ton gamin, toutes façons tu bosses, faut la laisser quelque part la progéniture,

à peine sorti déjà séparé, la télé et la cour de récré se chargeront du reste,

un jour les gènes qui gênent, non faut produire, assurer une descendance d’incertitude et de misère, la délivrance et l’amour chétif au creux des bras tellement jouissif,

transmettre non pour un avenir de promesses aux yeux qui s’ouvrent mais pour se faire plaisir, faire son devoir à la race,

il marche, regarde, qu’il est chou, attention il va tomber, l’a dit papa

il tombera de toutes façons, prévoir des bougies et de la farine, les parents meurent un jour, c’est dans l’ordre établi, suis-je fier de ce que je leur laisse ?

je sais je suis pas dans la bien-pensance ni le politiquement correct,

c’est drôle, viennent toujours me voir même quand je suis pas père Noël, peut-être parce qu’on a gardé la même innocence ?
...tous cas, j'les aime

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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 00:35

 

elle referme doucement l’album de photos, après tout elle est toute seule et peut laisser couler ses larmes, son époux, ses enfants, le temps qui défile insolent et sournois, ils sont grands maintenant, ta société d’amour au bout du pavé est devenue le système du chacun pour soi, l’individualisme en exergue, le thé est froid et trop tôt pour le porto alors il faut y aller, dompter la honte, piétiner une vie, faire abstraction des progénitures suceuses devenues amnésiques, sur le trottoir des frissons de vide, faut continuer de vivre, elle sert son sac de cuir lépreux, comme une main désirée et si absente,

- bonjour madame, elle tend sa vie au bout de ce maigre dossier et d’une main d’écorce qui tremble, attend le verdict, ce sera deux paquets de nouilles, une boite d’haricots verts, un tube de dentifrice et des yaourts, au détour de la rue, elle entend en écho l’éloge tardif et suranné d’un fond de radio débitant l’action des bénévoles et des associations,

 

-----

 

des gerbes d’argiles l’ont recouvert ce jour là, il a hurlé au fond de son lit de boue et en serrant sa main à poser un baiser souillé sur l’anneau, il y en avait qui gueulaient : - j’veux pas crever ! et c’est là qu’il s’est mis à courir, boire et laver ce bouillonnement de sang au poignet, dans le regard de l’enfant la compassion et l’horreur, elle qui lave ces béances cramoisies, et lui sourit, petit soldat, la bague est là au fond du coffret, les années font briller l’éclat de l’illusoire, elle a refusé au lierre le droit de ronger le marbre de son homme, à son doigt le cercle gravé de nos intérims et sa dernière richesse,

- bonjour madame, elle tend sa vie au bout de ce bijou survivant, verra-t-elle que le métal respire et porte le sang et les âmes de nos mémoires ? sur la pierre austère et le narcissisme architectural au service du pouvoir, elle lit : « crédit municipal », ne plus dire « mont-de-piété », le mot est trop fort et l’objet même d’or et de sueurs n’a plus de valeur, elle plie doucement ces deux billets d’insulte, l’air froid des artères bruyantes de la ville effacera ses larmes,

 

-----

 

- mais qu’est-ce que je fais là, j’en peux plus, ils tournent autour de moi, ont voulu me violer, j’l’ai dit, gueulé aux matons, m’ont même vu pleurer, j’ai fais le con, d’accord, alors j’ai plus le droit à l’espoir, la reconstruction, mon délit vous sert si minime soit-il au vu de vos sombres transactions, sanglantes poignées de main, j’en peux plus derrière ces murs et ces abrutis absous d’intelligence, et ce sont vos codes et paravent, votre justice, ministres de strass et pacotilles qui envoient à vos murs bavant de pourriture des âmes ébranlées à vos legs, …,

j’vous baise la gueule, vos foyers, vos couloirs de papier, ils vont sortir ces deux bourreaux de cellule, j’aurai quinze minutes pour le drap, le radiateur et la liberté même si c’est pas la votre,

- bonjour madame, il tend sa vie au bout de l’étoffe déchirée, parle seul à ses brumes et la silhouette faucheuse, maîtresse dévoreuse et obligée, d’autres vierges refuges, s’il vous plait emmenez-moi, rien ne peut être pire, le nœud serré au robinet, le dernier souffle, je ne vous hais même pas,

 

-----

 

plus loin derrière le mur de verre qui empêche la stridence des réacteurs et les effluves lourdes de kérosène, ses mains liées, respiration avide derrière son masque de laine, ils le poussent, le tirent sous l’œil choqué de voyageurs en transit, tellement d’ombres et de fuites et puis d’heures d’attente, de frissons de froid et de peur, raté, case départ, l’humanisme, l’ambition, non, l’espoir de survie, piétiné, ignoré même, le cri se meurt au fond du couloir, les yeux se vident d’éclat, il est aux aguets et se doit de se taire, il l’appelait madame, il savait qu’il la retrouverait, de faim ou de jugement guirlande, condamné d’office avec pour seul délit d’être parti, de croire en l’homme et d’autres horizons, loin des couleurs et dogmes, il lui disait : - tu seras gentille, prends-moi vite, les sentiers de boue qui veinent, ce tissu de tôles, de canaux vomissants et cette chaleur de roche ne seront plus miens, le regard vide des geôliers, poignés derrière le dos, ligotées d’acier,

- bonjour madame, il tend sa désolation, les doigts tremblent, il sait tellement la moiteur du mal-être, retour à l’enfer sous l’œil inquisiteur de ceux qui ont toujours suivi le pouvoir même sous l’occupant, amnésiques et démunis de cœur, il sait la douleur continuer encore comme l’envie de fuir,

 

-----

 

ce soir c’est l’année qui meurt, dans ce métro désert de sueurs moites et d’effluves de parfums éventrés, d’huiles brulées, il s’étire, il ne sait l’heure fatidique de l’année nouvelle, une bande certainement liée d’amitié braille et titube se raccrochant aux carreaux froids et sales du tunnel, une seule l’a vu, même un drôle de regard, comme elle était belle, il rêve et sa main caresse et tâtonne un vide, humble désir et silence convenu, l’écho de la rue et l’afflux soudain de demi errants le font se plier, vouloir se faire ombre, il tousse et crache discrètement derrière le mur encore un, son bouclier de carton lui fait honte, toutes façons trop tard, le froid n’ankylose pas que les membres, voilà qu’on le piétine,

- bonjour madame, je suis le plus rien, si souvent invisible, il ne tend rien, reste figé tout courbé, au bout des doigts une vie qui chancelle, une barbe qui gratte avant les flammes, y’a quelqu’un ? si seul à ne même plus en crever, vous avez encore des paillettes dans les cheveux, je sens mauvais,

 

-----

 

- tu sais, j’ai juste allumé la lumière, simplement regarder avec les yeux de la liberté, égalité et fraternité, aux bords des fleuves des ombres inanimées ballotées aux flux des fiertés,

Pa, Ma, je vous aime, vous êtes trop loin… ……….

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voyages immobiles

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

city.jpg

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

thailande.jpg

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

et ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

sagesse.jpg

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés d’ailleurs,

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotants,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

auroville.jpg

...

Dans L'armoire

une présence

...un peu de douceur,
dans un monde de brutes...