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diaphane express

30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 20:48

les dettes aux pauvres,

les bénéfices aux riches,

et ma morve sur ta pisse

mon dédain à tes canons

et tes billets

mon crachat à ton sang,

élite mourante,

et traine tes méandres de mort

ce monde légué,

infesté,

bruissements immoraux,

palper toujours,

les grands encravatés bouffis d’orgueil

peureux mais toujours imbus,

soudain mendiants

l’état démon, l’état obstacle

désormais salvateur

le boy d’or costard, lécher le communisme,

les erreurs aux pauvres,

les certitudes aux riches,

et ma gerbe sur ta bave

mon refus à tes spéculations,

et tes idéaux

de mensonges et d’intérêts,

suceurs d’égoïsme, prêcheurs narcissiques,

ce monde condamné,

contaminé,

des brassées d’oubli

balayent la masse,

j’fais pipi, après j’m’efface,

ici gronde le souffle maudit

des bouches affamées,

des espèces en perdition,

et toute cette eau souillée,

boursoufflés aux aguets de pouvoir,

les voila amnésiques

et toujours donneurs,

… de leçons !

fuir vers la rocaille des sommets

de la racaille des buffets,

au souffle manquant,

si loin des écrans cannibales

qui assèchent vies

aux intérêts notables,

les miettes aux moyens,

d’abord le palais et les guerres,

je marche, enjambe le peuple du rejet,

prends appui à des membres mourants,

balbutie sous messages et mensonges,

et ris parfois

comme un hoquet,

bulle de refus,

les pansements au peuple

les onguents aux requins

de telles mâchoires

qu’ils se mangent entre eux

et se craignent,

vous chier dessus,

non, pas gaspiller ma merde

je la préfère humus

à dévorer vos cadavres enrichis,

le pressing n’ôtera pas

vos sueurs prétentieuses,

vos reniements,

gonflés d’orgueil,

vous œuvrez pour les murs,

l’autre m’emmerde s’il ne me sert pas,

sourire, éloquence comédienne,

hypocrite et certaine,

des bannières et feuillets,

digérer le vous-même votre capitalisme !

vos poches trop gonflées,

ne vous alourdissent même pas,

las de tous ces constats,

une main sur la pierre,

l’autre au sein du fleuve,

vous subir,

garder l’âme et l’essentiel de l’humain,

si loin de vos salons et mains serrées,

l’angle est bon, le micro sature pas,

clap,

comme une claque,

surtout tais-toi,

les illusions aux incultes,

les trahisons aux pensants,

tant pis pour eux,

tant pis pour nous,

ils courent et tendent le bras

non pour l’étreinte mais pour le titre,

les valeurs du cœur ne se spéculent pas,

mais vous êtes jusqu’à les ignorer,

les dernières grimaces à vos remparts

s’éteignent ou se lassent

empereurs déchus sur de mornes plaines,

une tache à vos costumes,

une brèche à votre prétention,

vous titubez, piétinez

votre holocauste d’appauvris

et les sucez encore,

vous rappelez-vous de vous-même,

l’acajou du bureau,

ce sourire colonial

à l’ignorance béate de votre clientèle,

vous restez les forts

du moins le pensez-vous,

la masse se rétracte,

attend peut-être l’excès avant de se déployer,

la propagande aux muets,

les valises aux invisibles,

la bouche au robinet

si loin des sources,

et ma couette

comme dernier bouclier
-----
dewplayer:http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/15/86/22/utopia.mp3&

utopia / B. Lavilliers / live en mars 1978
écoutez, rien ou presque n'a changé

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 00:31

- avancez,…encore, …plus près, que je vous vois, que je vous juge, ce n’est pas l’inquisition juste un constat et comme c’est le vôtre vous ne devez rien craindre si ce n’est vous-même,

approchez encore un peu, parlez moi du début…

- le début, ben, heuhhh, la chambre avec mon frère, des cauchemars de bombardement, toujours le même avion, les mêmes bombes, je sais d’où ça vient, la tribune de l’histoire à la radio, mes parents attentifs et silencieux, pas de télé en ces temps, petit pavillon bientôt mangé d’immeubles ceux là même qui engendreront les incendies, plus tard je reproduirai mes rêves de feu et de peur, le B52 d’Heller accroché au plafond,

un jour je traversais le pont de la grande ceinture ou les rails vont nourrir de leurs automates la grande capitale, il y avait un chien indécis entre les flux de circulation, je l’ai appelé, je le sentais tellement perdu, à la vue d’un œil et d’une voix alliée il a traversé et tant d’années plus tard le souvenir de mes mains enserrant ce petit corps mourant, c’est ma faute et il sera trop tard, et puis la bibliothèque et le collège, les traits d’un manche de guitare tracés au feutre sur mon décimètre de géométrie, le harcèlement d’un petit roquet, chef de bande qui me faisait me planquer derrière les chiottes pendant les récrés, les jambes des femmes que les mini-jupes soudain dévoilent, le morne et tendu, quelquefois exacerbé, du quotidien parental,…

- c’est quoi ce silence et puis venez plus prés, je ne vous vois pas bien…, pourquoi cet éloignement méfiant à l’espèce humaine, cette marginalité comme un étendard et qui pourtant vous nuit tant ?

- un constat, juste ce que mes yeux entrevoient, des larmes aux bombes, des « je t’aime » qui se perdent aux abysses trouées de nos âmes, tous ces doigts tendus qui palpent le vide, une table de bahut gravée, « c’est toi le pouët ! » j’ai pris les mots comme couverture, boucliers invisibles et surement narcissiques, à les lire, et à tenter de les poser à nouveau, je m’y suis perdu douillettement, et puis, banc d’incorporation, la moitié du crane tondue et l’autre qui attend sous les rires gras d’une bande de gradés, loin des trajets de retour d’internat que j’envie désormais, la route au travers le carreau et la question parentale, me souviens plus du visage, aréoles galaxies, moiteurs marécages à s’y égarer, s’y perdre, et toujours ce frisson, les gars du matin et les fringues dans le casier, tressautements de machines jusqu’au fond des nuits, misère bienheureuse de l’ignorance et de l’identique, et déjà ce tremblement, fragile ou démesuré d’une main avide,

- l’homme vous déçoit, vous en êtes un, …attendez, …je ne vous vois pas bien, venez plus près,… pour vous juger il me faut aussi la ride et le reflet de l’œil, toujours le mensonge transgresse avant d’être apprivoisé, vous n’êtes que contradictions et utopies, trouvez-vous donc une raison et défendez la !

- je n’ai pas de raison à chercher vos statuts d’impasse, je constate l’homme, toutes ces guerres latentes du couple aux nations, ce besoin génétique d’être le meilleur, nous sommes nés mauvais, Darwin n’a pas eu le temps de le démontrer, juste une dégénérescence animale, je suis autre, imparfait mais lucide, nous sommes nombreux, notre silence rejoint celui de l’étoffe orange secouée du vent des sommets, celui de l’enfant et son sang, cadeau d’occident, de nos cafés tièdes à l’orée du matin, et du plaisir caniveau des autosuffisances,

nous sommes humains ?!

- vous parlez jusqu’au grandiloquent, mais il faut bien des règles, vous le savez,

- oui hélas, il faut des règles, l’homme ne peut cohabiter avec lui-même !!! ? c’est pas ça, la source de la merde ? grandiloquent, ouai dans vos costards morgue, au miel hypocrite de vos mots et sourires, au plis de vos draps froids de trop de mensonges et reniements, je revendique ma misère, elle ignore les palaces et s’indiffère du cultissime hommage à l’égo, voyez, je m’approche, je vous offre la perle lente et lourde du transmettre balbutiant, bouée chancelante à des flots déchainés, grandiloquent ? pauv’con !

- vous vous égarez et l’emportement n’est pas excuse ni argument, …oui je vous vois mieux, vous n’avez pas tout dit, et après ?

- je suis entré au monde du travail, à raz de terre, manœuvre, plus tard je fus « chef » puis contrôleur, bouffer du concours, technicien, ingénie… les gueules fades de la cour des fumeurs, les ragots d’avancements, l’inculture en panache, et des tendresses de photocopieurs, la grandiloquence du rien, du morne et du mâché, celle qui me fait hoqueter, de refus et d’impuissance, constat de troupeau soumis à l’abreuvoir, je suis pas brebis mais égaré, attendez, c’est pas moi qui n’est pas donné suite, c’est vous et votre blindage législatif et « culturel », vos hiérarchies et coutumes, vos soubassements de papier, j’ai sondé les nuits et le fond des sanglots, appris le caméléon pour s’insérer et ne pas déplaire, j’ai observé,

- venez plus près, offrez moi vos yeux, je veux le vrai !

- il n’y a que du vrai, celui du mesquin au nombril idole, de la tache égocentrique des hommes sur les peuples, sommes si petits, si muets de frisson, j’aime pisser la nuit la tête dans les étoiles, à rêver, rêver, et voilà deux enfants, oui transmettre tant que l’humain perdure, et l’effroi aux fosses de l’amour, de n’avoir qu’à offrir le feu et le dénie mais quel horizon ! pardon mes fruits de vie de laisser à vos pupilles et cœurs, ce triste sentier, tout reste à défricher mais l’histoire en témoigne autrement,

- vous offensez l’âme de l’homme, c’est sans appel ! vous avez honte d’être un de ceux qui marchent debout ? absent à votre espèce ? mais quelle issue, qu’avez-vous à dire ?

- l’issue ? celle formatée d’écrans éphémères, de la conscience possessive du politique à l’inconscience lénifiante du peuple, de voix pétrifiées de certitude, prêcheurs aux échos de peurs et de servitude, pardon pour la grandiloquence, ça s’appelle l’écriture, et l’émotion, …n’est-ce pas l’indifférence qui vous meut, c’est délit ou marginalité de croire en l’autre, juste en l’homme ? …pleurer les morts, ceux qu’on entrevoit, défendre les bonnes causes, et vous, cautionner les guerres et, filet de vomissements, méandres d’irréparable, bouquets séchés de baisers invisibles, ne faire que sourire, silence comme bouclier, bonjour merci sans même plus se voir, il n’y a pas d’autre fin que celle du face à face,  faites vite, et s’il vous plait, regardez-vous !

- la parole est belle et démagogue, la porte est là ! vous entrez ou sortez ? vous vous savez n’être qu’intemporel, tout se transforme, soyez image, reflet, simplement maillon, qu’espérez-vous embellir ?

- nous n’avons fait que fuir, peut-être, certainement, et ce que je vois n’est pas beau, je souffre de n’avoir comme héritage que troubles et tremblements, des eaux et des vents colère, des pages non lues aux rebords des trottoirs, des regards livides, bonjour merci, non ça se dit même plus, rivés à l’illusoire technologique, rires et vocables torturés, toutes ces ombres formatées et moi dedans, plus de pinceau ni de mots ou de notes, toucher le dernier étamine, sentir la plaine se dénuder, j’ai soif, vraiment, le beau est rivé à l’idée de l’homme, nul besoin d’éclairer ou ternir, le temps nous esquisse et se joue, notre laideur fera le reste, retrouver aux rives des brumes le sourire édenté du chamane, la moiteur volatile des soupirs, l’étouffement ouaté des râles, tout est beau dès qu’il y a substance de vie, la souillure n’est que ce que vous en faîtes,

- je vous vois, je vous cerne désormais, de ces rocs de sable qui s’effondrent au premier ressac, l’heure vient du constat, votre pierre à l’édifice, toujours fier ?

- …vos cathédrales suintent encore toutes imprégnées de vos délits, vos parlements s’empoussièrent et se tissent le pouvoir si loin du vrai, et ces doigts criards, muets d’innocence, portés au bris d’une étrave, non, pas reflet, je n’ai pas de visage, vous n’en avez non plus, l’aléatoire des consciences que vous portez comme étendard nous est fardeau, surtout pas fier, plutôt honteux du transmettre, cet héritage mort-né d’un monde meilleur, tiens, reprend un peu de dessert, des griffes de tornades qui rayent la certitude, des mosquées, des synagogues et des temples, monuments thérapeutes, l’aveuglement forcé du média, qui encense  ou fait ignorance aux faits de l’histoire, qui dira la valeur d’un corps à la puante dictature du spéculateur, tous soumis, transis, bonjour monsieur le directeur, sur le siège je sais qu’ils font tous caca pareil, …donne moi de l’eau et du souffle, souris moi, aime moi, des fracas viennent qui assèchent le marécage et gonflent les océans, qui font les vents méchants, et les canons impunis, j’veux pas me perdre, si je suis transition et mouvance, simplement être goutte, rosée du matin, brillance de paupière, bave de plaisir, mon éphémère annihile l’œuvre, juste éviter les orgueils et fouiller jusqu’à la peau et l’iris, je suis votre, mon illusoire s’estompe déjà, faites !

- ce n’est pas sentence ni paradoxe, j’aime tous ces mots, parodies de conscience, je vous sens si proche, il faut bien des ponts pour relier indifférences et intérêts, puisse le naïf perdurer, votre léthargie nourrit vos bourreaux, béatitude béante, vos linceuls aux fragments d’utopie vous hantent et vous harcèlent et rien ne se bâtit, votre devenir sera celui d’être avec les vôtres et de vous y conformer, je vous vois maintenant, …ceci est la fin

- ils glissent de clairières en ruisseaux, au travers vos verticales de béton, ils s’enfleront c’est sur de trop d’insupportables, ils l’ont déjà fait, vos fleuves cesseront de charrier des cadavres, vos poubelles hémophiles à gerber vos excès, et vos discours bouffis aux creux de vos antres,

j’irai fermer les volets, c’est le froid qui vient, drap carapace aux oublis nourriciers, demain arrive et si partager les miens est verdict, toute façon pas le choix… , je ne vous vois pas, approchez, approchez encore…

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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 12:49
chez moi, l’horizon porte des croix

elles sont comme érables et chênes, ponctuent le paysage, dessinent d’étranges silhouettes au ciel chargé qui se prépare à nourrir la terre

chez moi, le moindre hameau aux bâtisses en torchis porte son monument et ces noms inscrits sur la pierre

l’histoire et l’âme des hommes balayent l’argile et le calcaire

-----

il n’est pas parti la fleur au fusil, il avait lu, n’aimait pas les guerres, ils revenaient morts ou cassés, était-il encore boulanger ou déjà fermier, mon père ne me l’a pas dit,

undefinedil faisait froid ce jour là, la terre creusée s’effondrait en charpies de boue et de sang

et ce gradé qui gueulait, emmuré certainement dans ce cahot d’incohérence, de fracas

- vous trois, retournez à votre poste, ils ont des tireurs d’élite, descendez les ! allez !

blottis au fond de ce trou qui n’en finit pas avec juste le silence ponctuellement souillé de râles, ils reprirent la position et c’était chacun son tour, il avait été le dernier, juste relever la tête, chercher rapidement l’ombre qui dépasse et tirer,

peut-être se sont-ils regardés longuement, le premier a essuyé son fusil de la manche, l’a armé et s’est redressé à demi, l’œil collé au viseur, l’écho d’une balle meurtrière sur la plaine qui suinte, et son corps qui tombe lourdement sur celui du suivant

- merde, tuez-moi ce boche ou j’m’occupe de vous !

il lui a dit, n’y va pas, et l’autre de répondre, j’ai pas l’choix

comme un hommage à son compagnon, lui aussi a caressé le canon puis la crosse et s’est accroupi avant d’entrevoir l’horizon sans être aveuglé par la balle qui lui perce le front

puis ce fut le silence, il est resté muet à fixer bêtement les corps de ses deux potes

mon père ne m’a dit la suite, juste qu’il a survécu

-----

ça gueulait pour couvrir le fracas de la mitraille

éleveur puis vendeur de bestiaux il se retrouvait là, à ramper, à surveiller la progression de ses compagnons d’enfer, ma mère ne m’a pas tout dit, mais lui avait-il tout dit ?

des volcans de terre jaillissaient impromptus avec leurs éclats de chair et le sifflement des balles comme chant funèbre, puis le néant

undefinedquand il ouvrit les yeux, c’est la douleur qui le sauva, cette main bouillante et informe et sa bave de sang, il a rampé jusqu’à sortir péniblement de ce bourbier de mort, ramper, faire le mort, dissimuler sous une indicible douleur l’inerte pour mieux fuir cet apocalypse,

puis en titubant, ne sachant ou aller dans cette brume d’abandon, il a marché, hébété et absent

- monsieur, monsieur, viens, t’es blessé, je sais ou aller

doucement, dans ce coma d’impasse, il a tourné les yeux et cette petite fille qui le tire et le dirige soudain le régénère, son pas résiste et le redresse, sous le préau de l’école, l’enfant ouvre le robinet et lave cette main et ces peaux éclatées et pose sur son visage la fraîcheur d’une caresse humide et salvatrice

ma mère ne m’a dit la suite, juste qu’il a survécu

-----

il s’appelait Lazare

pas d’immigration en ces temps, pas besoin d’être français pour défendre la pays, vingt cinq ans et deux guerres pour obtenir la carte de la nation, lui qui voulait retrouver la dernière fosse dans l’anonymat aux usures diplomatique a dit oui au symbole mais seulement pour tous ces camarades d’horreur et pour la mémoire

laissons lui les derniers mots : « Nous avons fait une guerre sans savoir pourquoi nous la faisions. Pourquoi se tirer dessus alors qu'on ne se connaît pas ? Il y avait des gens qui avaient des familles à nourrir ». « Si vous faites un hommage, qu’il soit sans tapage important et sans défilé militaire ».

undefinedvoir aussi et ici

illustrations : Franck Biancarelli, Adrien Floch, Juan Giménez - extraites du collectif : Paroles de Poilus / Librio / les plus belles lettres en BD

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 21:30
souvent

là devant ce clavier

la résultante du moment de solitude,

de réflexion,

et noyé d’isolement furtif,

le retour à soi même

avec des thèmes qui défilent

au gré des aberrations humaines,

je vous laisse le constant, le constat

blogs frileux, autocensurés,

commentaires épars et timides

toujours les souffles de liberté,

qui s’essoufflent

alors en deux, trois années

le fleuve est à l’étiage,

une chape aux relents d’oppression

nous mure et nous aphone,

je suis au bas du tremplin

juste avant la chute

j’ose plus me retourner

mes errances avides

n’ont même plus de miettes,

à conduire l’illusion

mais c’est l’espoir qui vainc,

c’est un baiser à la science

quand elle sert l’homme

avant que ces préceptes

n’aveuglent leurs pouvoirs,

c’est un hymne au cœur,

celui des écorchés offrants,

qui voient cette nouvelle liberté menacée,

juste revendiquer et défendre l’homme,

juste aimer…

alors, j’ai voulu remettre en ligne le texte qui a ouvert mon blog,

juste un p’tit poème

et merci à ceux qui me suivent

puissions-nous survivre décemment

nous,

les présents et à venir,

sherpas d’idées si modestes soient-elles,

les Nombreux…

 

"Jeudi 27 octobre 2005  

au moment du départ, je n'ai qu'une valise,

un lambeau de quai me conduit à ce train

issu de ma mémoire à jamais insoumise,

je fuis avec mes rêves incrustés de chagrin

toujours sur mon chemin, j'ai laissé ma détresse

tel une marque stérile, étrange maladresse

et fuyant mon destin comme délaissé des autres,

j'ai prêché l'incertain étant mon seul apôtre"

archives : blog, blog (2) , blog (3)
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 22:03
 alors elle avance, toute frêle

ses mains comme des corolles, ténues et qui tremblent

qui palpent l’indicible

des baisers de brise dissipent l’opaque

laissent entrevoir

le bout des membranes,

de l’autre coté du pont ses ombres de semblables

qui l’attendent et offrent aussi leurs bras

des serpents aux tièdes laitances

sillonnent l’aride

encore un pas, encore

elle tâtonne, titube

alors elle crie, toute peureuse

ses mains crochées hurlant la paroi, désaccord du décor

qui pourfendent l’ignorance

des crachats de vent tourbillonnent et se perdent

délivrent doucement l’autre coté du pont

il y coule méandres rosés

de l’eau et de l’humain

et l’haleine fatiguée

du temps et de ses chiens

alors elle se fige, toute roche

ses mains qui brassent, pêcheuses d’étreintes, filets de peau

encore un pas, encore

elle les voit, synonymes, impatients,

tendues comme des ramures, voûtées et cristallines

ce pont à franchir et son autre coté

ces bienveillants de cire se disloquent

bébés d’argile aux rubis ébréchés

il y a des brassées de noir, des vipères de désordre

alors elle se couche, toute soumise

si certaine du demain,

ses mains inertes, souillées, posées au sable et argiles

toute cette terre, porteuse stérile,

de douces mélopées de voix et d’arpèges

c’est l’herbe et la pierre au creux de l’étiage

juste dépasser le pont,

il y s’éteint au dessous, des veines asphyxiées,

enfants de marbres déjà tout fissurés

obligé cette houle et ces gouttes figées,

alors elle…

encore un pas, encore
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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 20:55

oui j’les connais les trottoirs
j’les arpente quand vos âmes dorment
que vos maris vous chevauchent
et vos certitudes de mâles à la femelle contentée
avec en murmure
la soupe diluée de l’écran bleu
ça grince sous le paddock
c’est la fête
le sapin clignote sous l’œil vide du chien
y’a le lampadaire de la rue du pont
qui marche plus
putain ça caille, une grappe de bourges échevelés
traverse la rue comme un ruisseau
la goutte à ma lèvre
c’est pas un reste de sauce, c’est le début de la gerbe
des cris traversent le crépi de ces façades de lèpre
quelques rires aussi
faut que j’lave ma couverture, elle pue trop
à l’aube les poubelles
distilleront encore chauds, la saint-jacques ou le chapon
j’ai marché toujours
sur l’asphalte
miroir humide et reflets de vos frasques
l’aube tarde
ce sera toujours pareil, t’es plus fort, je m’incline
j’ai froid

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Published by daniel souhait - dans écriture
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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 13:29

il cogne un peu au fond du crâne
les abus de la veille ou les vides qui martèlent
on efface les traces
on essuie les assiettes, les verres et les plats
et au  travers la porcelaine
d’autres recettes, celles des aimés
de sapin démesuré, de gui sous le lustre
allez, pose tes mains sur ton ventre
n’affecte pas les autres
retiens ton cri aux absents
fais semblant
l’enfance est là et d’autres utopies…

 

à toi, maman, papa
à zebu, à laudith, à tous ceux qui vivent à plusieurs…

tout au fond du coeur

et à eux

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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 22:07

ils vont arriver, c'est l'heure, la marée a été gentille et les a ramenés dans l'après midi, les caisses de multitudes tortillées, débarquées sur le quai, les derniers crieurs, l'odeur du sel et de l'écaille fraîche,
je les sais avides, certains qui portent encore les embruns du vivant d'écume et d'autres parfumés à l'asphyxie, je grime les paupières, caresse doucement les hanches, ce sont les miennes, cette courbe comme frontière, je tends la jambe et fait glisser  comme timide, le nylon suggestif, au miroir de pupilles si lasses,
déjà les tumultes vocaux, ces voix qui s'élèvent , lavabo, je m'éclabousse avant d'entrer, je regarde mon ventre,
ça pue dans le bar, on s'entend pas, des hommes soudain volcans qui gerbent, éructent et se perdent comme moi si souvent mais sans les flots rongeurs, c'est pour ça que je les aime, je sais leurs regards, de mes yeux à la pointe de mes seins, la vague du bassin et la jambe ondule comme un bras tâtonnant, je suis leur rêve, belle et inaccessible, j'agrandis lentement l'arc de leurs éphémères refuges, tous ces yeux égarés, perdus de solitude,
ça gueule fort ce soir, les temps sont durs, les filets qui se vident et le moteur à nourrir
et rideau traversé, ils me découvrent, m'entrevoient, ils m'aiment brune, mes seins déjà fatigués si naturels, ils m'aiment comme eux, égarés au large si loin de l'inutile bruyant du présent, juste le langage du vent qui nettoie la terre et fait danser l'océan,
 - Apsara ! Apsara ! Apsara ! Apsara !
les voiles de crêpes  et de soie chutent, je danse et me dévoile pour eux, ne vois que de l'ombre en face et m'offre à l'inconnu, je frissonne de narcissisme et de peur, je suis belle, je le sais, je me venge en courant, trop tard
- eh ! viens là ma belle, j'vais t'montrer l'homme !
l'estrade chancelle, ils le saisissent, ses potes de tempêtes et de filets à trier, et je ferme les yeux, je tangue encore à leurs fantasmes éternels, j'existe, ils m'observent et m'envoûtent de leurs silences et obscurités,  ils savent mon téton raidir de par leurs regards, je danse, je m'évade, du bout de mes doigts au profond de mes cuisses, je m'envole ne vous vois même plus, regardez, je suis dépouillée, je n'ai plus rien, je vous offre déjà ça, nos errances et nos quêtes, allez baissez le projo,
ce soir c'était chaud mais pas de bagarre, l'envie engendre la querelle, ils sont c'est sur repus, ils savent l'inaccessible, ne vivent que de ça,
- eh ! pourquoi on t'appelle Apsara ?
- Apsara ? je sais pas, peut-être parce que l'on m'a gravée sur la pierre devenue végétal, que l'on m'a façonnée au fil de tant de peurs et d'aspirations, que l'on m'a faite déesse, c'est dur d'être dérive pour l'homme, gouffre à ses faiblesses, peut-être aussi pour danser et t'emmener vers d'autres rives
toujours pareil, la magie éteinte, juste un désir, je les vois autres, je veux mes draps même froids, lasse, et ces filaments rampants de remords qui rongent  mes restes de pudeur, une autre fille a pris le relais sur cette scène de bastringue, mon éphémère illusion qui tremble, qui soudain se cache aux autres
- ils m'appellent Apsara...

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Published by daniel souhait - dans écriture
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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 21:05


- quatrième ok ! au sol le mécano fait un grand signe
le métal vibre et s'ébroue doucement, le vrombissement des hélices et du souffle des cylindres emballés, la nuit est claire, propice au vol, Paul salue pour la photo, l'avion glisse sur la piste, trente quatre tonnes d'acier et quarante trois mètres d'envergure, ses ailes démesurées et son nez de verre se prépare à l'élan et après la pause vérificatrice, l'envol,
la nuit est claire, il s'appelle Paul Tibbets, il est  trois du matin, les prémices d'une aube grise et rougeâtre, on est en plein océan, Paul tire doucement sur le manche, direction Hiroshima
l'équipage n'est pas causant, les heures de vol si lourdes, tous cobayes, ceux des airs, du bout de la radio et ceux innocents,
Paul n'imagine même pas ce dont il est le dernier instrument, il est huit heures quinze, le B 29 stabilisé à neuf mille mètres, Paul déclanche l'ouverture de la soute, on est le six août 1945, Little boy fend les airs, quarante trois secondes de chute libre, et l'explosion à 580 mètres au dessus du sol dans l'axe de l'hôpital au coeur de la ville, Paul doit maintenir le cap
- eh les gars on fait un demi-tour et on regarde

Paul ne repassera pas au dessus de ce  désert d'horreur accouché et qui enfle, tout l'équipage de la Superfortress mettra ses lunettes de protection et reprendra, hébété le cap du retour, plus de cinq cents kilomètres avec cette emprise monstrueuse qui s'étale et monte et détruit, en deux minutes le monstre atteint dix mille mètres d'altitude,  encore six heures de vol, le premier sommeil de Paul, cette vision et cette médaille au sortir de l'appareil,
Paul Tibbets est mort ce jour, ce jour de mort, de cimetières retrouvés, il fit sa carrière au service de l'armée, fut rejeté de certains et soutenu par d'autres et même s'il se taisait pour d'obscurs arguments, puisse-t-il s'apercevoir aujourd'hui qu'il ne fût que l'articulation ténue du bout du fil aux grimaces empiriques des gouvernants,
un homme, juste un instrument de l'histoire...
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photo 2 : Mémorial / merci Edith
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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 23:03

au bout du quai, je voyais le fanal onduler doucement, une araignée de brume tissait sa toile aux réverbères et aux façades dépecées, d’étranges fantômes grisâtres déambulaient en silence ne me voyaient même pas, oui c’était la nuit ou le jour transformé, entaché d’éclaboussures, de rouge et de couleur d’invisible, en marchant je me laissais hypnotiser au chant répétitif des traverses de la voie et ces deux lignes d’acier fuyant vers l’horizon, juste le halot trouble et incertain du fanal comme guide, les caméras ne voient pas au noir, les gyrophares traînent aux quartiers riches, les égouts canalisent nos écoeurements, je vous sentais, vous mes hantises, mes vides, mon ombre alanguie, porteuse de ces amours muets et pieuvre, si rapides et avides toujours, silhouettes de rats, du labo au fond de l’homme, le candélabre comme un gros œil triste, échos mourants de révolte et papiers gras voletant aux caprices d’un reflet d’âmes, soudain l’obscur, à tâtons, sans repères et ficelles, tremblotant, peureux, le fanal se rebelle, le quai n’en finit pas et pour quel train ? j’avance un peu à l’écart du cœur torturé de la rue gavée de racoles et d’hymnes à l’individu, les masques ont pris le dessus, des lits comme cercueils, l’égoïsme qui se perd le temps d’un orgasme ou d’un simili, des ados comme cocons écrasés aux ailes naissantes déjà amputées, des adultes bêtifiés nourris aux baves nauséabondes des médias et du jeu, mes pas résonnent sur ce quai silencieux, le fanal titube comme las, donne-moi l’éther du silence et de l’amnésie, les hordes désespérées descendront tôt ou tard vers l’hyper centre, les pastels au bitume ne seront pas ceux attendus, chacun se meuble comme il veut, et la haine suintant de misère, un jour c’est sur crèvera la rue en cicatrices cramoisies aux échos renvoyés du seuil aux fenêtres des façades de morne et d’identiques, j’ai soif, de souffles, d’haleines aux relents de gerbe, celle écarlate du fond du cri et celle du corps convulsé, fragmentaire, des brumes en paravents pour cacher la goutte blanche en méandres sur l’émail, du bois craque quelque part, le fanal si proche mais qui le tient et pour quel train ? au bout du quai sûrement l’attente, des lentilles voyeuses et délatrices, dérisoire, tu veux ma photo, t’as déjà tout, ce froid ne suffit pas à l’étouffement des flammes, des une en surnombre et tous ces sourires narquois, derrière les monuments, des billets cachés, des protocoles primitifs qui s’étendent en gouvernance et manipulations, plus loin des ombres qui scrutent les poubelles et des veines ouvertes sur des canapés de velours, reste encore une peau, une pupille tremblotante et le froid de cœurs figés et aveugles, dis, reste encore un peu, j’entrevois le fanal timide et chancelant, les limites du quai, des nervures de métal qui trouent la ville, issues fragiles et débordantes, là bas, des ruisseaux hoquetants, l’araignée de brume façonnait un mur, j’étais là, immobile, les yeux rivés sur cette entaille de graviers et de fer,
un train allait venir…

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voyages immobiles

pétrir les nuées,

ce jus d’humain

écarlate et bleu parfois

aux stries asséchées,

des paradoxes d’histoire

font les aubes béates,

se pencher au miroir tremblotant,

s’y voir et plonger la main

à tâtons y cueillir l’amour

city.jpg

viens,

il traine ici des relents de soufre,

ces nuits d’uniformes

de cagoules et de coups,

palper les vides,

filets d’égoïsme, d’ignorance,

gris et encore cramoisis,

villages bombardés,

vos crachats meurtriers font les différences,

aux arrières cours,

les limousines et costumes veillent,

cravates au fond des banques,

transis mais toujours à l’affut,

retrouver la rue,

le droit de dire, de se préserver…

 

viens,

on va se faire des baisers,

se toucher et frémir,

se plonger en iris,

dire caresses et mots,

faut surmonter comme excrément peut-être,

leur héritage,

leurs protocoles et tabous,

et si les gestes sont mêmes,

les échéances dévoreuses et lénifiantes,

ne laissent en germes

que déserts et murs,

sur la vitre,

méandres de pluie,

ta peau aux confins d’étoffe,

survivance éphémère et fragile,

faire avec l’instant…

thailande.jpg

viens

ne pas se perdre au fond des jungles,

aux chauds effrois du désert,

aux spasmes du fleuve, tourmenté et haletant,

chercher le parasite au tréfonds du poil,

ces sourires édentés,

de sagesse, d’aride et de moussons,

les peaux se touchent, se mêlent,

engluées,

débris de marécages, forêts tatouées au bitume,

filets qui suintent, dépouillés de frémissements,

glaces orphelines et mourantes,

on tend même plus la main

pour dire au secours, pour connaître l’autre,

des bruits de sirène et de moteurs,

si loin de l’ocre cloaque des eaux nourricières,

et ces marbrures vérolées qui veinent l’argile,

sagesse.jpg

viens

traversons ensemble

la courbe de brume et ces vagues d’illusions,

dans leur coupe, le sang du sacrifice

tout comme la bombe dans l’autobus,

l’âme a perdu son âme,

à l’ombre de l’édifice, pèlerins affamés d’ailleurs,

englués de certitudes,

croix, croissant, étoile,

la mitraillette aux portes du temple,

et des voiles de drapeaux et d’armures,

derniers battements de cœur,

mais restent les légiférants,

et nous courbés, boucliers d’égoïsme,

muets et tremblotants,

voila quelquefois des mains qui se serrent,

les bouches fumantes des sillons chuchotent,

aux reflets aveugles des cités,

je suis à genou ?

peut-être avec toi,

juste au nom de l’humain…

auroville.jpg

...

Dans L'armoire

une présence

...un peu de douceur,
dans un monde de brutes...