Ecriture, poésie, politique

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mille morts

il fait froid ce matin du 2 décembre 2005
il est 2h05, dehors, ils sont une centaine au milieu de cette nuit, ils tiennent tous une bougie toute tremblotante sous le souffle de cette brise nocturne, les murs gris du palais de justice ne reflètent pas ces éclats jaunâtres voués à l’oubli
derrière le mur, Kennet Lee Boyd, 57 ans, et des hommes visages de circonstance, costards gris, yeux sans âme
Mike Easley, gouverneur de Caroline du Nord, en a ras le bol, cette pression, tous ces échos, putain foutez-moi la paix, mais il fallait dire oui ou non, c’était la veille, et Mike Easley a dit oui, faisant fi des appels du monde entier, des quelques bougies et de sa conscience, s’il en a une…
il est 2h10, les hommes ont emmené Kennet, dehors même les bougies peinent à se consumer et les doigts se figent par l’émotion et cette température agressive
c’est une petite pièce, il y a même un mur en verre pour que l’on voit derrière, anonyme et complice
Kennet Lee Boyd a fait le Vietnam, il s’est battu pour son pays et il garde au fond de ses tripes le sang qu’il a vu et  puis, il y a 17 ans, Kennet a tué par deux fois et le doute subsiste et même s’il ne subsistait pas
il est assis maintenant, on lui lie les chevilles, les poignets, et on lui ceinture la hanche, la prison de Raleigh va ôter la vie au nom de la justice, la vie…
certains rallument la bougie, ces petites lueurs finissent par se confondre, et font un furtif halo de lumière sous ce ciel sombre
dans ce pays qui revendique la liberté et la démocratie, dans ce pays ou le Président prie avant ses réunions, dans ce pays ou le nom de Dieu porte un engagement aveugle, on ignore le premier commandement
il est 2h15, un homme en blouse blanche s’avance, Kennet a les yeux bandés, et l’aiguille injecte dans la veine tendue sa dose létale
tu ne tueras point
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S
la peine de mort, le mal pour le mal. Elle est radicale par son issue, brutale par sa sanction, égoïste tant elle ne laisse espérer d'autre issue.<br /> Faut-il être pour ? Faut-il être contre ? Elle paraît, pour ceux qui pensent que cette sanction fatale serait l'anti-crime mais beaucoup oublie que beaucoup d'auteurs de l'inévitable réagissent à des pulsions et ne sont pas de raison.<br /> La France l'a compris un jour de 1982 quand la peine de mort fut abolie par la rose à la faveur de la perpétuité et là encore, on peut en dire, tant cette option a des travers...la perpétuité existe-elle vraiment ?
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F
pour tuer il faut faire partie de l'état voir police , et surtout l'armée ( irak) mais dans la vie interdit de tuer sinon pan! pan ! ou piqure ( cherchez l'erreur )
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