Ecriture, poésie, politique

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tu ne sais plus pleurer

ces limaces translucides

au fond de ton mouchoir

quand le préau fratricide

vient lacérer tous tes espoirs

alors déjà tout embrouillé

tu entrevois ton devenir

caché, muet, prêt à hurler

ta main si avide à saisir

et voilà ces larves de sel

qui sournoises à ton chemin

bave de sang, bave de miel

effaceront tous tes chagrins

et puis, frémissements de peaux

constat de froid, nouvelles aubes

creux d’étoffe, premiers sanglots

l’indifférent qui nous enrobe

ces escargots du bout du cœur,

mon aimée l’épée suinte

se colorent au gré d’humeurs

susurrées comme des plaintes

et tu frottes tes paupières

comme un tableau qu’on efface

fini le temps des prières

filets furtifs, douces traces,

ces cocons de vie serpentent

brises froides et si lasses

se languissent, se lamentent

cris confondus et trépassent

tes bras mangroves ensablés

fouillent la terre qui t’attend

bientôt les sursauts asséchés

l’œil maussade et les absents

et ces larmes chrysalide

de marbre et puis de pollen

tous ces doigts tendus au vide

croulants au poids de nos chaînes

vient, c’est sur, l’heure du miroir

te regarde, ne te vois plus

tâtonne jusqu’au désespoir

bientôt le vent se sera tu...

 

merci à Viviane pour son poème et le chemin qu'il m'a entrouvert

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N
Beaucoup de choses ont été dites sur ce poème, alors au risque de me répéter, il est vraiment très beau.Nanou
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D
<br /> merci Nanou, tes visites sont si rares<br /> <br /> <br />
S
C'est toujours un plaisir de visiter ton blog.Bises
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D
<br /> merci sarah et toi j'espère que ça va ?!<br /> bises<br /> <br /> <br />
A
Tu te souviens, ça devait se passer dans une cour de récréation, sous un préau peut-être ou sous un grand plataneon se serait rejoins on l'avait évoquéun des nous deux aurait eu un genou écorché qui l'aurait pansé avec son mouchoir ? l'autre ?une dame ?qu'importe !les petites blessures laissent de petites cicatrices apparentes ...Là, je me souviens de nous deux en lisant ton poème ... et l'écriture hésitante et promise qui elle aussi s'est tue comme le vent ...Chut, ne réveillez pas l'écrivain qui dort : il rêve encore ...
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D
<br /> oui je me souviens, ce préau, mon envie d'ailleurs<br /> ce bobo qu'on cache et l'oeil du coeur qui le descelle,<br /> même que la maîtresse, j'étais sur qu'elle me panserait<br /> elle était belle et autoritaire, juste et douce<br /> alors comme un lâche, j'ai fui le préau, marre d'être coincé<br /> lâche certainement, et mes pas soudain lourds se sont écroulés<br /> c'est une petite cicatrice que le coeur mémorise,<br /> mais des mots inachevés, une histoire borgne,<br /> forcent et nourrissent à revenir au préau<br /> l'histoire naissante de nos deux plumes avortées<br /> mais non, tout est à écrire<br /> "l'écrivain ne dort, juste titube au rêve,<br /> pose sa main au miroir"<br /> <br /> <br />
C
Quelle solitude, quelle désespérance , quel avenir sombre pour cet enfant , on a envie de sécher ses larmes et de faire renaiître  l'insouciance , le sourire , le bonheur  perdu de l'enfance  ! 
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D
<br /> c'est drôle tu sais chrystelyne, je n'ai presque pas de souvenirs de ma petite enfance mais dès le primaire, les images se sont ancrées aux lambeaux de ma mémoire, et si la famille est là, les<br /> cours de récré restent des jungles...<br /> <br /> <br />
M
Pourquoi, en lisant ces mots, ai-je l'envie de prendre dans mes bras ce petit garçon resté tout seul sous le préau ?!Pourquoi me revient l'histoire racontée par ma mère de ces escargots prisonniers le soir ayant repris leur liberté le lendemain matin en laissant sur les murs la bave luisante qui retraçait leur fuite ?Voilà comment des mots avec leur belle sonorité éveillent des souvenirs.Bel ouvrage d'écriture ! Bravo !Bonne soirée !
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D
<br /> je suis trés touché par tes mots Marianne, vraiment,<br /> ces jeunesses proscrites qui hantent et ressurgissent, parfois,<br /> et en haut de l'escabeau<br /> les marches du passé qui voudraient s'échapper<br /> <br /> <br />