Ecriture, poésie, politique
clavier
comme une main que l'on serre et retrouve
aussi le fait d'être seul, on ne peut écrire autrement
comment allez-vous ?
ce jour, cette nuit, l'esprit tellement empli et soudain si dépouillé
le murmure de la rivière celui plus prétentieux du fleuve
le rouge de la brique érigé en édifice
devenu rosé au fond du verre
au bout des paupières, l'angoisse en errance
l'oubli furtif, teinté naïf et amnésique
et puis
l'onde tiède du courant qui pousse et libère
l'histoire au fond du vitrail et du silence
l'éclat d'un rire aux gorges de la nuit
les aubes troubles, promesses et testament
musiques et voix
fragments d'existence recueillis, volés au temps
viandes grillés, piqûres d'autochtones ailés
ce pli du sourire, rictus égaré si peu usité
et l'onde encore, son murmure dessous la fenêtre

clavier
doigts fébriles, derniers témoins
qui cherchent l'obligatoire
tandis que l'esprit vagabonde
reste à vider les bagages
comment allez-vous ?