Ecriture, poésie, politique

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un banc, des vies

pour Papier libre sur une idée de Juliette

toujours j’allais dans ce parc, cette quiétude nonchalante, ces couleurs de saisons

et puis ce banc, mon banc mais laissez-moi vous dire

gamin, j’y posais mes livres, révisais mes devoirs avant l’interro ou écrivais maladroitement les réponses aux exercices, j’observais, mamans et progénitures, retraités solitaires, cadres essoufflés et leur mallette grise comme le fond de leur âme,

puis, l’adolescence, c’étais mon banc, j’y emmenais mes fantasmes et rêves quand les mains se touchent fiévreuses et tremblotantes et les premiers baisers, visages rouges et mots incertains, plus tard j’y fis même l’amour, sexe tendu sous la jupe longue et le visage caché par l’étreinte, le défi et la communion, immobile

puis vînt le temps de l’adulte, je caressais les lattes de bois entre les larmes et y pleurais les absences venues, mes géniteurs, mes êtres aimés, ruptures de vie, peaux manquantes,

et ce banc, tout écorché de gravures au couteaux et de peintures rebelles restait le mien, il me semblait que le bois respirait quand je le retrouvais,

je sortais mon carnet en ces moments propices et y laissais quelques mots éphémères au tapis pourpre des feuilles sous le craquement des promeneurs,

ce jour je tousse, viens encore m’y asseoir, ce banc est complice, il sait trop de choses, les cris des enfants m’appellent à la vie, les lèvres avides remuent les souvenirs,

il fait tard et froid, je sais l’ultime porte grande ouverte et impatiente, c’est l’hiver c’est sur et mon banc qui m’attend au bout de l’allée, j’y viens, m’y allonge doucement comme tous ces errants sans repaires et frontières,

je caresse encore une fois la fonte et l’écorce, m’étire et replie le banc pour m’en faire un linceul,

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C
<br /> <br /> j'aime beaucoup ce banc  témoin  de vie , il ya  comme ça  des lieux  où l'on revient  toujours  , marqués de nos<br /> empreintes  à jamais  !<br /> amicalement<br /> chrystelyne<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> ce banc, peut-être un jour notre rencontre, une blogeuse (http://aupieddumur.over-blog.com/)  m'avait raconté cette sorte de retrouvaille, à<br /> plusieurs, même pasion, mais le clavier a pris le dessus un blog comme un banc, on y passe, s'y repose et découvre, et anonyme (http://lanonyme.over-blog.net/) on repart,<br /> les feuilles déjà jonchent les allées, ...<br /> bises Chrystelyne<br /> <br /> <br />
T
Ce texte est très émouvant Daniel! Tu nous fais partager ces moments, tes moments intimes, tes joies et tes chagrins!Chacun d'entres nous avons aussi "un banc" qui nous rappelle tant de choses mais toi, tu es très doué pour faire passer les émotions!Je t'embrasse PS: J'ai écouté Mugar, c'est excellent! Merci beaucoup pour cette découverte!
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D
<br /> pardon Tigwenn pour le tardif à répondre, j'étais absent, aux fissures du bois des arêtes de montagne, de roches et de patures avec les flots qui battent, la tête posée au dossier du banc,<br />  souvenirs furtifs et délavés,<br /> je t'embrasse<br /> <br /> <br />
A
sourire....
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A
tu as mon numéro pour le carnet....L'hiver n'est pas encore tout à fait là.Je t'embrasse.Arthémisia
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D
<br /> rendez-vous sur ce banc...<br /> bises<br /> <br /> <br />
U
... comme un certain banc blanc... incroyable!Je t'embrasse.
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D
<br /> oui quand les mots se rejoignent et se touchent...<br /> moi aussi t'embrasse<br /> <br /> <br />