Ecriture, poésie, politique

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une rencontre

de toutes façons là ou ailleurs
les nuits sont toujours les mêmes,
si je baise ce soir ce sera toujours ça de gagner contre la mort
à l’entrée d’Hidden hills ça puait l’urine, il y avait du verre cassé comme tapis rouge
Paul m’a dit que c’est un mec bien, qu’on allait s’entendre
le son était pourri mais c’est du blues alors j’ai rien dit
je l’ai vu tout de suite
déjà il tapait la bouteille
sa chemise entrouverte sur son torse de colosse
je voyais la sueur en filaments glisser de sa nuque et s’accrocher à l’étoffe
oui, je vais me le faire, j’aime ces types qui en ont qui en dégagent
- hey mec c’est moi, Janis
Jim s’est retourné, je l’ai vu dans ses yeux, je faisais l’affaire
sur les sofas auréolés de taches de gerbes et d’alcool séchées, une bande de freaks apeurés devaient jardiner le peyolt sur Mars ou Neptune
- tu sais on m’appelle Pearl aussi, c’est le nom qu’on donne aux putes par chez nous
Jim éclusait, son visage rougissait sous l’effet du liquide, moi j’attaquais ma première de Southern, on était comme deux cons un peu timide et impressionnés par l’autre,
il est beau ce type, putain il en met
Paul s’est mis à l’écart, je le voyais nous mater trop heureux de réunir deux grandes gueules du rock peut-être aussi parce qu’il craignait la suite
c’était de ces nuits de ouate brune et troublée, de fines tentures psychédéliques étaient accrochées pour cacher la lèpre plâtreuse des murs et les néons délavés injectaient des reflets criards aux volutes sombres de la fumée
la voix de l’ogre s’amplifiait à mesure que les verres se vidaient, je ne saisissais pas tous ces propos, il me parlait de lézard, d’aura et de contre-culture, je le sentais partir dans un désespoir ou grandissait l’agressivité
merde je veux juste baiser, j’veux pas de pseudo délire orgasmique, non, rien qu’une bonne queue pour oublier ma peur et cette putain de solitude qui me ronge
c’est foutu pour ce soir, j’en ai marre de ce bastringue de ringards friqués et je vois soudain Jim commencer à cogner un mec, il en impose avec sa carrure de géant, ses mèches frisées qui lui poissent le visage, le type à terre s’est relevé et s’est tiré
- lâche-moi, mec, t’es trop speed, prend un truc ça te calmera, non c’est foutu, fais pas chier
plus je le repoussais plus il en demandait, appuyé sur le bar, titubant il cherchait encore à saisir des bribes de vie comme des bouées avant les voiles torturées du délire
j’ai traversé la salle, suis allé voir Paul
- tirons-nous, j’en peux plus
dehors sous le halot du réverbère, deux junkies se faisaient un fixe, on est monté dans la voiture et j’ai entendu Jim qui beuglait en cognant sur le carreau, il a ouvert la porte m’a tiré par les cheveux, merde mes plumes
tu sais quoi, j’ai pris la bouteille de Southern et je lui ai fracassé sur la gueule, j’ai vu Jim osciller et s’écrouler sur l’asphalte, j’ai regardé Paul, inquiète
- t’en fais pas, il va s’en remettre, la violence, il connaît, il aime ça
le lendemain, Paul m’a appelé, il était allé voir Jim en répétition
- tu sais ce qu’il m’a dit, Janis, que t’étais une femme géniale, grandiose, qu’il voulait te revoir mais quand il m’a demandé ton numéro de téléphone, je lui ai dit que c’était peut-être préférable de laisser tomber et je l’ai senti anéanti

 

( librement inspiré de Break on through : The Life And Death of Jim Morrison / Riordan James et  Prochnicky Jerry )

« Je suis un être humain, sensible, intelligent, affligé de l'âme d'un clown qui me force toujours à tout gâcher aux moment les plus importants » - Jim Morrison 
« Sur scène, je fais l'amour à 25 000 personnes. Après, je rentre à la maison, seule. » - Janis Joplin

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A
Un blog magnifique. Purement magnifique. Diaphane, oui, c'est le mot.
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L
L'homme et la femme ne sont pas faits pour vivre seul et la solitude n'est jamais bonne car elle fait trop cogiter et parfois pas dans le bon sens.<br /> Seul...<br /> Accoudé au comptoirOù il vient tous les soirsRetrouver ses amisOublier ses soucisDans les vapeurs d'alcoolIl dégrafe son colFume ses cigarettesPour lui le temps s'arrêteIl écoute les copainsParler de tout, de rienDu dernier match de footDes accidents de la routeDu temps qu'il fait dehorsDes nuisances sonoresPuis lorsque doit arriverL'instant tant redoutéLa fermeture du barEt que c'est le départAussi la peur s'installeLorsqu'il faut qu'il s'en ailleEt doit rentrer chez luiCe lieu où il s'ennuieAlors il traîne le pasPour repartir là-bas<br />  <br />
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D
<br /> <br /> merci Laudith pour ce poème, joli cadeau, dans le cas de Jim et Janis il y avait l'alcool mais aussi la drogue et comme le dit carpofolo une immense solitude<br /> <br /> <br /> <br />
M
...je n'ai jamais bu qu'une fois et qu'une gorgée de wisky, après avoir hurlé à la mort. Celui-ci doit être meilleur ?
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D
<br /> <br /> un peu plus sucré, Marie-Gabrielle et un peu moins fort<br /> <br /> <br /> <br />
M
Non.<br /> Je goûterais bien, mais la couleur m'effraie, d'or en fusion.
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D
<br /> <br /> fermez les yeux, c'est ce que j'ai fait lorsque j'ai gouté pour la première fois cet étrange whisky sucré, elle en buvait tellement (même sur scène) que la marque lui a offert un menteau de vison<br /> pour la remercier de cette pub inattendue<br /> <br /> <br /> <br />
C
c' est pas l' excés de sensibilité qui tue mais l'excés de solitude! ;-)
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D
<br /> <br /> oui carpo, cette solitude qui les a tué qui tue tellement encore, cette solitude que les écorchés se prennent en plein coeur<br /> <br /> <br /> <br />