Ecriture, poésie, politique

Publicité

l’après mythe

dehors, pas de foule, de queue anonyme, émue et souffrante
non juste des limousines noires qui jettent quelques minutes, un homme, un femme, tous partis politique confondus, masques hypocrites d’émotions contenues bien tournés vers l’angle caméra, l’hommage à l’homme ne dure que trois jours et cette première journée n’est pas ouverte à ceux du peuple qui pleurent une personnalité unique, exemple sur bien des engagements, non, viennent aujourd’hui ceux du pouvoir, ceux qu’il a toujours voulu sensibiliser et qu’il a du combattre
au milieu de la pièce, un cercueil, une chaise, ils ont osé y poser la légion d’honneur qu’il a toujours refusé, blasphème, ils sont ministres sans mémoire, enflés de déréalité, combien de respect et d’action aux dépourvus dans votre ville monsieur, vous  préférez payer, pas de pauvres dans mes rues,
le corps du désormais immobile, c’est celui d’un humaniste, d’un prêtre, d’un révolté juste, exhorté d’amour, et c’est aussi nous, au renvoi du miroir ou son reflet s’est tu,
et là, les encravatés sourds depuis plus de cinquante ans qui se singent, tellement rien et ignares du message offert, pitoyables de paraître sans même une éthique d’eux même
et puis le silence de l’église, il était abbé, mutisme aux relents d’inquisition, on torture plus mais on condamne toujours, monsieur le pape, vous ne dites rien de cet homme de foi et de son œuvre, oui c’est vrai, j’oubliais, il disait le mariage des prêtres, le port du préservatif et l’ordination des femmes, il a même connu la chair, c’est vrai que pendant qu’il cachait des juifs, vous donniez vos idéaux au service du nazisme, c’est vrai que lorsqu’il couchait dehors vous retrouviez vos draps de soie, engoncé dans votre mutisme vous souillez l’idée même de ce que vous revendiquez
il y aura foule demain, après demain, celle du cœur et du vivre et après il y aura silence, mais hélas, tous autant que vous êtes, il y aura de par nos actes et les vôtres toujours ce qu’il a refusé, l’exploitation de l’homme par l’homme, cette béance d’amour, avide, asséchée
sur sa tombe juste ces mots : il a essayé d’aimer
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Z
Magnifique hommage que tu rends ici à l'Abbé. Plein de vérité. C'est sûr qu'il n'aurait pas aimé tout ce "déballage", tous ces honneurs posthumes. S'il avait pu, il aurait troqué tout ça contre quelques minutes d'attention pour les pauvres qu'il aidait au quotidien. Mais c'est typiquement français, ça : on glorifie un grand homme une fois qu'il est mort, mais on l'a laissé galérer seul pendant sa vie. Ne pas se salir les mains, surtout, mais se blanchir après coup. Quelle cruauté.
Répondre
D
oui zebu, ton comm est sans appel, hélas
C
Oh Daniel, comme je ressens ton cri, quelle beauté dans tes mots !Merci. De tout coeur.Je t'embrasse fort.
Répondre
D
merci cristal, vraiment, certainement avons-nous le même message, toi par la douceur et la réflexion, moi par la révolte, le ressentiment dépouilléje t'embrasse cristalallez découvrir, rêver et réfléchir : http://refletsdecristal.blogspirit.com
S
C\\\'est vrai que ce monsieur était un grand monsieur, humain, sensible, attentionné...au revoir Monsieur l\\\'abbé, vous demeurerez dans les mémoires.<br /> Je souhaitais aussi rendre hommage à deux inconnus pour vous tous, et là daniel, si tu le souhaites, tu peux supprimer cette partie du message. <br /> J\\\'ai perdu mon grand père en décembre, 87 ans, un vieux monsieur, pas toujours très sage il est vrai mais c\\\'était mon grand père, généreux envers moi surtout, je dois le reconnaître, il a travaillé pour lui et sa famille, c\\\'était son oeuvre....au revoir pépére, tu es parti dans la souffrance mais là, tu te reposes, ce que je dis tous les jours à mallaury qui te réclames, tu me manques pépère, je ne t\\\'oublierai jamais.<br /> J\\\'ai aussi une pensée pour toi joseph, tu n\\\'étais pas de ceux qui vont sur le web, tu t\\\'exprimais peu mais tu étais "un bon gars", je t\\\'ai dit au revoir hier matin, tu avais 27 ans, emporté en 3 jours par ... je ne sais pas encore, ton oeuvre demeurera inachevée, c\\\'est vraiment pas juste de partir comme ça, vraiment pas...au revoir joseph, au revoir.<br />  <br />  
Répondre
D
samtout être a valeur unique et irremplaçable, puissent ceux qui partent et ceux qui sont partis, trouver un autre meilleur, la haut j'espère qu'il n'y a plus de couleur ni d'appartenance mais juste le tissu de l'homme et du coeurje t'embrasse sam même si mon baiser n'est qu'une phrase derrière un écrannous irons tous...
D
merci à vous tous, Tigwenn, Lyd, Dysis, Laudith, Annick, Maya, Luc, Mireille pour ce partage d'émotion et d'humanité
Répondre
M
merci Daniel de remettre les pendules à l'heure. J'ai vu avec grand intérêt le vieux film sur l'hiver 54 avec Lambert Wilson. Il faut garder en mémoire ce pouvoir d'indignation, de révolte , et son efficacité. Surtout, aussi, "essayer d'aimer". Et laissons les "corbeaux" faire leur cinéma (le gros sel, on en aura besoin pour déneiger!)
Répondre