Ecriture, poésie, politique
ses mains comme des corolles, ténues et qui tremblent
qui palpent l’indicible
des baisers de brise dissipent l’opaque
laissent entrevoir
le bout des membranes,
de l’autre coté du pont ses ombres de semblables
qui l’attendent et offrent aussi leurs bras
des serpents aux tièdes laitances
sillonnent l’aride
encore un pas, encore
elle tâtonne, titube
alors elle crie, toute peureuse
ses mains crochées hurlant la paroi, désaccord du décor
qui pourfendent l’ignorance
des crachats de vent tourbillonnent et se perdent
délivrent doucement l’autre coté du pont
il y coule méandres rosés
de l’eau et de l’humain
et l’haleine fatiguée
du temps et de ses chiens
alors elle se fige, toute roche
ses mains qui brassent, pêcheuses d’étreintes, filets de peau
encore un pas, encore
elle les voit, synonymes, impatients,
tendues comme des ramures, voûtées et cristallines
ce pont à franchir et son autre coté
ces bienveillants de cire se disloquent
bébés d’argile aux rubis ébréchés
il y a des brassées de noir, des vipères de désordre
alors elle se couche, toute soumise
si certaine du demain,
ses mains inertes, souillées, posées au sable et argiles
toute cette terre, porteuse stérile,
de douces mélopées de voix et d’arpèges
c’est l’herbe et la pierre au creux de l’étiage
juste dépasser le pont,
il y s’éteint au dessous, des veines asphyxiées,
enfants de marbres déjà tout fissurés
obligé cette houle et ces gouttes figées,
alors elle…
encore un pas, encore