Ecriture, poésie, politique

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le pont

 alors elle avance, toute frêle

ses mains comme des corolles, ténues et qui tremblent

qui palpent l’indicible

des baisers de brise dissipent l’opaque

laissent entrevoir

le bout des membranes,

de l’autre coté du pont ses ombres de semblables

qui l’attendent et offrent aussi leurs bras

des serpents aux tièdes laitances

sillonnent l’aride

encore un pas, encore

elle tâtonne, titube

alors elle crie, toute peureuse

ses mains crochées hurlant la paroi, désaccord du décor

qui pourfendent l’ignorance

des crachats de vent tourbillonnent et se perdent

délivrent doucement l’autre coté du pont

il y coule méandres rosés

de l’eau et de l’humain

et l’haleine fatiguée

du temps et de ses chiens

alors elle se fige, toute roche

ses mains qui brassent, pêcheuses d’étreintes, filets de peau

encore un pas, encore

elle les voit, synonymes, impatients,

tendues comme des ramures, voûtées et cristallines

ce pont à franchir et son autre coté

ces bienveillants de cire se disloquent

bébés d’argile aux rubis ébréchés

il y a des brassées de noir, des vipères de désordre

alors elle se couche, toute soumise

si certaine du demain,

ses mains inertes, souillées, posées au sable et argiles

toute cette terre, porteuse stérile,

de douces mélopées de voix et d’arpèges

c’est l’herbe et la pierre au creux de l’étiage

juste dépasser le pont,

il y s’éteint au dessous, des veines asphyxiées,

enfants de marbres déjà tout fissurés

obligé cette houle et ces gouttes figées,

alors elle…

encore un pas, encore
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V
Magnifique... (Je me répète) . Un texte haletant et émouvant, si riche en images qui parlent.
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D
cette notion de frontière, de passage est omniprésente chez moi, certitude de l'incertain...
S
Il suffit parfois de franchir le pont pour changer son destin , un voyage  qui  grandit notre coeur  sur ce chemin de vie  bien  à  toi....
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D
merci, mais à quelle plume mes mots, qu'importe ils nous sont universels faut juste préserver avec ses mains qui tremblent le coeur en soubresauts de l'amouroui, bien à toi
J
oui on a tous un  destin de l'autre cotes  du pont mais tu dit que tout n'est qu'unmoi je dit non que non tout n'est pas qu'un chacun son individualité  et qu'il faut savoir allez chercher son destin de l'autre cotes de ce pont , la vie est trop ephémere, pour ne pas tenter de franchir ce pont pour y vivre son destinA VAINCRE SANS PERIL ON TRIOMPHE SANS GLOIRE
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D
oui jerome, tu as raison, tellement de différenceset hélas t'as encore raison faut toujours se battremais les corps et les âmes doivent se retrouver tôt ou tardet d'autres vies renaîtrent" rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" - Lavoisier
V
ce poèmeje suis revenue souvent le lirem'a glacée comme peu tant les images y sont serpentesle venin de la nuitde la mortde l'autre côté du pontquelle puissance Daniel!
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D
merci Vivianeje te sais accompagner ceux à l'approche de l'autre rive et ton comm n'en est que plus fortcette berge si lointaine et proche avec tous ceux qui nous attendent, "les déjà passés", et nous, tout seul, tout nu avec notre petit bagage et ce pont comme gardien patient...
A
ubiquiteetre de part et d'autresans se dechirerparce tout n'est qu'un
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D
oui quelque part c'est celamais, sans se déchirerparce que tout n'est qu'unmerci Aude