Ecriture, poésie, politique

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le crissement des chariots sur le gris du pavé
puis des errants livides sous l’ombre des ruelles
fuyards décharnées aux lisières des cités
corps putrides et fumants ramassés à la pelle

les greniers sont vides, contagieuse disette
des prêtres échevelés aux sermons insipides
et des rats affamés jusqu’au creux des assiettes
la peste noire s’étend jusqu’au fond des bastides

plus de riches ni de pauvres, disparus les enfants
on brûle les vivants pour éloigner la mort
la plaine est comme stérile, balayée par les vents
et chacun qui se terre condamné par le sort

d’autres temps, d’autres guerres ont façonné l’histoire
et voilà qu’à nouveau l’endémie récidive
nul besoin de tranchées pour la dame et son dard
la souffrance et l’horreur comme simple missive

les gaz et les bombes n’auront pas tué tant
que ce virus sournois qui s’attaque à la chair
le souffle disparaît dans d’horribles tourments
et dans l’œil vitreux la dernière lumière

un siècle s’achève qui emmène la planète
et l’humain qui s’affaire pour se changer la vie
la vérité peut-être au fond de l’éprouvette
toujours la même peur, perpétuelle comédie

le danger vient du ciel et de ceux qui voyagent
de la soute d’avion aux ailes du migrateur
que nos effrois profonds nous rendent encore plus sage
la raison simplement doit terrasser la peur

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V
Il est magnifique ce poème il me parle profondément...oui, beaucoup de communauté dans ce que nous ressentons tous deux...
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