Ecriture, poésie, politique

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sympathie pour le Diable

c’était l’année 1968, petit banlieusard je traînais déjà mes rêveries au fond de la classe près de la fenêtre, la cour de récré ne mélangeait pas les gars et les filles et les livres étaient notre télévision

sur les murs fleurissaient d’étranges phrases :

l’imagination au pouvoir,
la dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours !

la rue grondait, de la fac à l’usine comme un parfum d’utopie et le général balbutiait

cette année là Montand faisait de la bicyclette et Dutronc regardait Paris s’éveiller et puis de l’autre coté des mers, Joplin sortait son premier album, les Beatles un double blanc, les Moody blues rêvaient de nuit en satin blanc et les Rolling Stones enfin compositeur déposaient sur les platines une galette nommée Beggars Banquet

ce n’est que plus tard presque religieusement que je découvris le morceau phare du groupe, celui d’un meurtre à Altamont en 1969, celui qui accompagne leurs tournées depuis le début :

Sympathy for the Devil

S'il vous plaît, permettez-moi de me présenter 
Je suis un homme riche et distingué 
Ca fait bien longtemps que je rôde 
J'ai volé l'âme et la foi à beaucoup d'hommes 
Je rôdais déjà quand Jésus Christ a eu ses moments de doute et de douleur 
Et je me suis assuré que Ponce Pilate se lavait les mains et scellait son destin 
Enchanté de vous rencontrer, j'espère que vous savez qui je suis 
Mais ce qui vous perturbe, c'est la nature de mon jeu 
J'étais coincé à St Petersbourg quand j'ai vu que l'heure du changement était venu 
J'ai tué le Tsar et ses ministres, Anastassia a hurlé en vain 
J'ai conduit un tank et obtenu le grade de général pendant que la blitzkrieg faisait rage et que les corps puaient 
Enchanté de vous rencontrer, j'espère que vous savez qui je suis 
Mais ce qui vous perturbe, c'est la nature de mon jeu 
J'ai observé ravi quand vos rois et vos reines 
Se sont battus pendant dix décennies pour les Dieux qu'ils avaient fait 
J'ai crié : "Qui a tué les Kennedy ?" 
Alors qu'après tout, c'est vous et moi 
S'il vous plaît, permettez-moi de me présenter 
Je suis un homme riche et distingué 
Je tendais des pièges aux troubadours 
Qui ont été assassinés avant d'atteindre Bombay 
Enchanté de vous rencontrer, j'espère que vous savez qui je suis 
Mais ce qui vous perturbe, c'est la nature de mon jeu 
De même que tous les policiers sont des criminels, tous les pêcheurs sont des saints 
Et pile est face, appelez-moi simplement Lucifer 
Car j'ai besoin d'une certaine modération 
Donc si vous me rencontrez, soyez gentils 
Soyez aimables, attentionnés, conduisez-vous bien 
Servez-vous de l'éducation que vous avez reçue 
Sinon je perdrai votre âme 
Enchanté de vous rencontrer, j'espère que vous savez qui je suis 
Mais ce qui vous perturbe, c'est la nature de mon jeu

on était bien loin de la chansonnette guimauve, les Stones par ce titre marquait le début de leur légende, celle d’enfants maudits, rebelles

les années sont passées et le Diable est resté, on dirait même qu’il fait de plus en plus d’adeptes, quand aux Stones, ils arrivent, 38 ans plus tard avec le même chant et le message est hélas toujours d’actualité

écoutez, regardez, la vidéo qui suit est sauvegarde d’une époque ou la liberté de dire et d’être existait encore

Vidéo extraite du Rock And Roll Circus / enregistré le 11 décembre 1968 / inédit jusqu’en 1996 / sortie DVD 2004 – montage graphique et remix sur cette version
Merci à Serge pour la traduction

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L
Toujours plaisir à te lire<br /> je regarde tes mots...sans que me vienne un écho<br />  
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D
ah voila un retour qui me fait vraiment plaisir - à bientôt laparhasard
A
daniel et franc6, mes mots on du depasser mes pensees. J'essayais d'exprimer que les baby-boomers ont du temps (le retraite) et souvent le confort materiel pour entreprendre et certains le font. Pour ma part, mes enfants sont encore petits, je dois encore me battre pour offrir un minimum de confort a ma famille et cela absorbe l'essentiel de mon energie. Pourtant, je n'ai pas l'intention d'accepter ce monde tel qu'il est...:-)La Quete a commencee...
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F
" meme si pas encore la liberte de l'oisivete de cette generation... "<br /> eh bien Aude ! sacré raourcis pour décrire ma génération,alors comme parler de moi je sais faire ...je dirais que contrairement aux générations dites ' montantes ' la notre a traversé toute les évolutions,avalé toutes les couleuvres... et compris que la seule richesse qui compte c 'est celle de l’intérieur eh! à l 'ère du paraître, dans tous les domaines ,nous sommes tout simplement ,sans besoin de prouver, montrer, voir provoquer. Ce qui compte ce n’est pas ce que l’on possède ,c’est comment on l’a acquis….<br />
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D
je cautionne Franc6, haut et fort
F
très sympa aussi de retrouver Mike jeune<br /> avec son visage d'ange<br /> :-)<br /> blog toujours aussi sympathique<br /> amitiés Marco
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D
merci Marco, ah Mick, le premier androgyne bien avant Bowie, Cooper, Manson et d'autres - à bientôt merci pour ta visite
A
Vous avez ete temoin...tout comme moi...Nous savons que ca existe...Nous aussi nous avons le pouvoir meme si pas encore la liberte de l'oisivete de cette generation..."You may say, I'm a dreamer, but I'm not the only one..."La Quete a commence...
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D
oisif : inactif, sans occupation, personne qui n'exerce aucune profession, dont tout le temps est libre (Dico), je pense Aude le terme un peu fort, on y sentirait de votre part presque de l'envie, non cette génération n'est pas oisive mais ce qui me peine c'est que presque tous ceux qui pronaient une idéologie de l'espoir et d'un autre possible sont désormais "dans les rangs" bien loin de leurs concepts d'origine - je suis un rêveur mais je ne suis pas le seul, là je vous rejoins et il en est encore de cette génération qui le sont restés, après tout je n'en suis pas trés loin si je n'ai pas connu les pavés, j'ai connu le flower power et si l'utopie parait désuette, je la revendique encore - si loin de l'individualisme de maintenant...