Ecriture, poésie, politique

Publicité

noirs désirs

les murs sont sales certainement
murs de passion, murs de mort
le temps s’approprie les battements du cœur
celui qui reste
trouant ce silence pénitentiaire
les mots-amour, les mots-colère
résonnent toujours
aux parois de lait comme une peau froide
effleurements de corps et souvenirs
fantômes hirsutes de regrets
la couche est tombeau
à celui qui reste
purgatoire peut-être
à celle partie
au bout des nuits traînantes
le goût des haleines et la sueur torturée
tellement loin des luttes
et des notes échangées
le ciel est sale certainement
ciel de pourpre et de bleu
déchirant les barreaux
d’un départ sans adieu
et qui perce l’image
et qui perce le son
des figures, des visages
une vie et deux noms
les couloirs de l’absence mènent aux portes murées
camera sans bobine, une guitare oubliée
et l’étreinte inachevée des amants séparés
qu’un destin capricieux a voulu emporter

à Marie, à Bertrand

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
je n'ai jamais cessé, en fait, de penser à eux deux...quel poids pour celui qui reste.
Répondre
D
 oui, quel poids pour celui qui reste surtout lorsque l'on connait sa sensibilité, son écriture et cette voix qui pleure ou qui clame - Viviane "quand reviendrs-tu ?"
C
J'ai aiméla beauté tragique  de cette poésie  pour évoquer une passion destructrice,  sans jugements de valeur, sans condannation mais  avec humanité et pudeur !bien loin des remous médiatiques et du scandale, un regard différent que j'ai apprécié !<br /> chrystelyne
Répondre
D
merci chrystelyne (quel joli nom), j'ai évolué avec Noirs Désirs et j'ai rêvé avec Marie, je n'ai pas aimé l'ouvrage de sa mère (elle était sous la douleur), j'ai aimé le livre du frère de Bertrand qui avec respect analyse la machine médiatique, la passion a ses risques et ses excès, je le sais j'en suis une "victime" et ne regrette rien...
N
salut daniel comme souhaité je te lache un commentaire,  furtif et lisse car le temps me manque en ce moment pour approfondir la lecture de ton site.Pour le peu que mon regard en a vu je pense bien fréquenter ta plume et te dire une foi la chose faite mon avis aussi modeste soit il.voila mr . Que la plume ne sèche jamais  
Répondre
D
merci Nico et si l'envie te prenait de te servir d'un de mes modestes textes pour y poser ta voix et ta guitare je serai un homme heureux - on peut rêver
L
Tu dis si bien le drame de la rencontre et de la perteque chacun connaitmais dont nous ignorons pourtanttoutmerci
Répondre
D
" t'oublie or not t'oublie, les ombres d'opaline, au rendez-vous suivant, j'attends, au fond d'une autre limousine qui ne vaut pas plus cher que ce bouquet de nerfs " juste envie de citer cet extrait, étrange symbôle mais il y en a tant d'autres dans l'oeuvre et comme tu le dis Luc, la rencontre et la perte que l'on connait mais que l'on ignoremerci de ta visite
M
S'il s'était appelé Robert, sa femme Ginette, qu'ils aient tous deux habité la Courneuve, que ce soir-là ils se soient pochtronnés comme bien souvent, qu'il l'ait tabassé, qu'elle y ait laissé sa peau, on n'écrirait pas que c'était un truc passionnel...<br /> Je retiens juste le tabac que ça a fait! Et cette profonde (et stupide) question: qui était la victime? On aime ça dans notre pays les questions philosophiques à la mords - moi le  noeud! Sans compter le pathos (et le fric) que ça engendre ces histoires sinistres...<br /> Dites, au fait, la passion est-ce un truc qui vous laisse systématiquement sur le carreau? Parce que si une passion ça doit se vivre sur le mode mortifère (et aller jusqu'à l'homicide), alors je préfère "rouler" pépère.<br />  <br />  
Répondre
D
bonjour merbel, content de votre retour mais quel retour révolté, acide et criant !il ne s'appelait pas Robert, il s'appelle Bertrand il est un de nos plus grand poète sur la trace de Ferré, Lautréamond ou Verlaineelle ne s'appelait Ginette, elle s'appelle Marie, elle crevait les écrans avec ce regard, cette douceur qui la rendait si belleils avaient tout quitté pour se retrouver, le reste demeure leur histoire, je ne suis ni flic ni dieu, je ne juge pasils font partie de ceux qui ont offert quelque chose à l'humanité par leur talent au delà des murs de la Courneuveoui merbel la passion laisse sur le carreau, j'en témoigne, le Larousse la décrit comme : mouvement violent de l'âme résultant d'un désir intense, d'un penchant irrésistible ; affection si intense qu'elle peut paraître déraisonnabledites-moi merbel, vous n'aimez pas Noir désir ? amitiés