Ecriture, poésie, politique
allez viens,
je veux juste faire un bout de chemin
avec toi
je dis tu même si je pense vous
tu es plus proche
que ces ombres assoiffées
qui tous nous hantent et nous rongent
je veux respirer, je veux vivre et voir des yeux rieurs m’observer, des accents, cris de bouches, semer encore la terre et les couleurs du monde, et cette voie de rocaille parsemer le désert, nuages translucides, cocon liquide, l’effort salé du désespoir, le souffle du naseau
viens, me lâches pas
faut digérer le trop plein
gueulements de flics et d’ambulances
des carrés, des cubes, l’indécence urbaine
agressive et criarde
au fond des couloirs ou sur canapé frileux
coincé, engoncé au survivre narcissique de l’espèce
on s’argumente, on s’alibi
naufragé obligé aux cycles du remous
viens, nous lâchons pas
on aspire tous les deux à cette aube plus bleue
un plus un égale deux
je veux croire encore aux tourments de la peau,
aux messages de la pierre et de ses oripeaux
le canon étouffé
sous le chant de l’oiseau
et le mot liberté
tatoué sur nos peaux
viens, me dis pas que je suis seul
il y a l’autre affamé
et celui sous le fer
et l’enfant déchiré et le travail des mères
le soldat obligé et le sang, la misère
non,
on reste pas muet devant tant de colères
dessinons tous les deux
des couleurs sur les ruines
c’est maintenant ou jamais
semer ou récolter
je m’égare, m’illumine
sous l’éclat du programmé populaire, j’erre et j’observe, jungle apeurée, courbée et silencieuse, comme ces tournesols fatigués de soleil, j’entends leurs voies vengeresses et cruelles, je suis dedans,
t’es avec moi…