Ecriture, poésie, politique

Publicité

goutte (2)

depuis quand le commencement ?
il faisait noir
soudain le mouvement, soudain le murmure
l’ébauche distordue, spasmes d’évolution
emportée, entraînée
opaque horizon
crevée soudain de lumière
je jaillis
vomissement de terre
purifiée de roche
hystérique, transparente
les mots font ce qu’ils veulent
je suis éclat tourbillonnant
soudain confondue, anonyme
et ce flot grandissant
serpent de bave
qui chuchote et dévale
veines fragiles,
et cette peau de planète laminée, finissante
aux gueules des gouffres, au profond des gorges
effigies d’ombre qui obstruent et façonnent
parfois l’accalmie
je suis au tout
cellule palpitante d’un être sans visage
le reflet de l’onde soudain reposée
les berges sont vertes et paissent
les nourricières
je glisse au vent caresse
mes reflets comme baisers
pourquoi soudain l’arrêt, l’atrophie de l’obstacle
c’est l’homme insatisfait, qui oblige et mutile
au bout de la chute
des vallées desséchées, un torrent renaissant
il faut tout recréer, du ruisseau à l’étang
et me voilà complice d’un nouvel affluent
les mots font ce qu’ils veulent
je suis miroir frisson
vos visages en exergue
je glisse, m’étale, recouvre toutes les terres
fleuve condamnée à n’être qu’une mer
au fond de l’étamine
plus rien que l’asphyxie
le flux qui contamine
et l’enfant démuni
déjà le sel s’immisce et c’est l’immensité
les mots font ce qu'ils veulent
si petite que je sois
il me faut bien l’avouer
après tout c’est mon droit
que d’être transportée
je rejoindrai bientôt
ces écharpes cotonneuses
qui font le ciel de gris de brumes vaporeuses
et habillent vos âmes en volutes chagrin
pour finir silencieuse
en édredon crachin

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Ce blog étant très poétique, on y parle pas de la goutte scélérate, et pourtant elle existe bel et bien et nombre d'hommes la connaissent.<br /> Enfin, je ne viendrais pas polluer ces belles lignes de propos portant sur la gaudriole. Je m'en vais sans bruit. A pas de velour...<br /> Sister "glisse de là comme la goutte sur la feuille de choux"
Répondre
D
ah sister, je n'y avais pas pensé à cette goutte en effet, grave problème existentiel...
S
j'aime la fluidité de tes mots, bises :)
Répondre
D
merci sylvie marie d'autant que parfois (même souvent) je me reproche d'avoir une écriture trop chargée - je t'embrasse
M
les fautes... imprescriptible imperceptible... le rêve est éveillé.Un son mais politique... cela doit s'assumer.Ne te soucie pas de ce rêve parlé, Daniel, entends-le pour moi... s'il-te-plait, c'est tout.
Répondre
M
Obligée de dire enfin, ce souvenir-écrin, impossible à éteindre, impresciptible, juste (comme un rêve éveillée surgi de quelque part et resté intriinsèquement lointain, depuis assez longtemps maintenant)... je le situe en Chine ancienne ( je le sais sans preuve, mais je le sais). Ce "souvenir" me parle (enfin ?) de la goutte, si proche alors du cristal, voire du diamant. J'ignore tout. Et cette femme comme assise en tailleur sans se laisser jamais voir - en tout cas immobile, mais l'esprit en alerte, qui est-elle ? Que contient une simple goutte d'eau au regard de l'histoire ? Un son ?
Répondre
D
cette goutte au regard de l'histoire peut-être juste la vie en son coeur et la mobilité du temps...
Z
Très bel hommage avec de jolis mots exprimant de belles images. Laquelle retiendrai-je ? J'aime bien l'édredon crachin. J'essaierai d'y penser quand je pédalerai dans la bruine matinale et que les goutellettes comenceront à faire une mosaïque pas très artistique sur mes lunettes !
Répondre
D
ah la pluie zebu,elle ne fait pas que des claquettes... attention sur la route !