Ecriture, poésie, politique

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juste t'entendre

j’avais tout froid, ce soir
engoncé sous l’étoffe
les draps suintent cette rage lasse
et les nuits perlées à se tordre
frissonnant, titubant
dans ces rêves crevés
j’ai eu encore besoin de t’entendre
merci Lola


C’est solitaire
Un petit peu la guerre
On grandit mal mal mal
Et si on grandit
C’est qu’il fallait le faire
Pour avoir l’air normal mal mal
On passe des tas d’heures banales
A tutoyer le désert
Le ciel a l’air malade
De l’atmosphère
C’est solitaire
Un petit peu la guerre...
Et c’est même pas l’enfer
C’est juste les jours qui manquent d’air
Ca donne envie de faire taire
Cette personne quelle conne
Qui grandit mal mal
Mal anesthésiée locale
Ce matin comme hier
Ca y est
Tu obtempères
Et c’est l’emploi du temps
Accès à l’espace client
Des mots qui rendent sale sale sale
Et tomber sous le sens
S’allonger dans le silence
Grandir à l’envers de rien
C’est solitaire
Comme un plaisir délétère
J’finirai mal mal mal...
J’m’en tape pas mal mal mal...

Lola Lafon / Le bilan de compétence

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M
ah oui, tiens... grâce à Russalka, je pensais à une chose (un truc) : et si rêves crevés signifiait rêves fatigués ? Pour moi, cette nuance est d'importance...
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R
Ton poème est très beau, Diaphane, très réussite souhaiter d'aller mieux...
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D
merci Russalka, la chaleur et l'échange finissent de terrasser ce mesquin et relatif tourment, il y en a tellement d'autres et qui ne nous appartiennent...
L
Jolitrès jolije me permets un lien
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D
merci Luc, c'est un grand plaisir
M
...ce n'est pas le rêve qui est crevé, mais ce qui le recouvrait qui a crevé. Au total, je crois bien que Lola en un sens a raison, mais alors ce sont tous les rêves qui seraient crevés. Je pense à la Guerre des monde et à Godard... encore d'actualité, reflets de la bulle d'enfer de nos sociétés : sida... la liste serait trop longue. De nos rêves crevés ?
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D
oui Marie Gabrielle, la liste serait trop longue et merci d'avoir pris le temps de la découvrir, si vous le désirez, lisez son livre  "une fièvre impossible à négocier", le combat d'une femme et le constat d'une société avec du tendre comme cimenttous ces mondes qui nous côtoient et que nous ne voyons pas, merci
M
Paint It Black - mon fétiche... et du L52.Cependant que Lola aura sans doute un côté Vanessa (Paradis) dans une sensibilité qui me serait alors encore accessible, je n'adhère pas à l'écriture de ses mots qui (me) font flic, ne trouvant encore personne pour en détourner le sens par un regard demeuré celui  d'un enfant. J'irai quand même voir, parce que c'est vous.Bon courage.
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