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j’ai pas attendu la caresse sournoise
du jour fatigué et qui se recroqueville
aux travers les carreaux les rameaux s’estompent
baiser paresseux, clair et ombre se toisent
tandis que se dessinent en courbes dociles
des noeuds de douleurs et plaisirs à se romprent
je traverse l’étoffe, la touche sur les yeux
la salle est terrassée, sa voix, des espoirs
les notes se tordent avec lenteur
ces âmes qui s’abreuvent, c’est le blues des nombreux
ceux échevelés, équilibre illusoire
et les derniers rebelles aux fantômes des peurs
tiens voilà c’est pour toi, c’est juste un peu de bleu
je regarde le laiteux, il se teinte d’obscur
son visage envahi, elle susurre et elle beugle
elle donne avec les yeux et s’abroge les cœurs
la peau qui transpire sous l’horrible morsure
elle chante sans être noire et même pas aveugle
ses silences aussi résonnent à l’intérieur
j’ai pas vu que déjà le jour s’était enfui
et des mots posés là à qui veut bien les prendre
des serpents de mémoire faufilés du passé
retournent aux orifices bientôt voués à l’oubli
aux oubliettes embuées d’autres vont pour se pendre
étamines couchées et pistils asséchés
je transgresse l’obligé et m’en vais boire ailleurs
aux travers les barreaux les rameaux se flétrissent
les peaux sont toutes froides et les regards baissés
est-ce dans notre tréfonds d’être tous menteurs
d’invisibles tempêtes nous rapprochent et nous tissent
pour déposer encore et toujours un baiser…
musique : Janis Joplin / what good can drinkin do