Ecriture, poésie, politique

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chloë

on disait rien dans le village, on savait la lune engendrer sa silhouette près du ruisseau, comme des rires d’enfants derrière le buisson, les rideaux jaunis se fermaient au crépuscule,
j’vous jure monsieur le commissaire, j’ai rien vu, rien entendu
il y a des crapauds de médisance qui gerbent des bouches des biens assis, des serpents enflés de haine et de non-dits à l’ombre des lèvres closes, le vent balaye cette bave nauséabonde, mais l’obstination du temps et de l’hermétisme humain la ramène
à l’épicerie on jasait, au bar on jurait, à l’église on ignorait,
on la connaissait cette ombre marginale, avec son pas titubant, incertain, timide, il est certainement venu pour le chantier,
s’en moquent-ils les elfes, les Mélusine égarées qui veillent aux clairières, des relents de peau, tellement si loin, il écoute le clapotis, et parfois la plainte mouvementée d’un étrange ressac, méandres parfumés,
j’vous jure monsieur le commissaire, j’ai rien vu, rien entendu
la torture liquide serpente et gonfle, ronge la pierre, il ne pleut pas, le flot peut porter l’impossible, des rires oui il y en avait, les ramures près du saule ne frissonnent plus,
mais l’enfant de qui, comme des cris aux creux des reflets, rejets bouillonnants,
il y a tant de mensonges sournoisement distillés aux rectangles bleutés, et la feuille qui se colle au courant qui s’émancipe, les rires enfouis jusqu’au grognement s’inclinent aux caprices de l’onde, et les mots se noient, sang noir aux troubles du temps
à l’aube les rideaux sont restés fermés, l’épicerie, le bar, l’église, tous vides
ils ont dit que c’était lui, il allait toujours aux bords du ruisseau et il paraît qu’il connaissait sa mère, qui vivait au village, j’vous jure monsieur le commissaire, j’ai rien vu
et après ?
on n’a jamais retrouvé ces éclats de vie, de voix
lui, ils l’ont emmené, il pleuvait, …
il paraît qu’il la pleure…

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M
Je ne comprends pas, je n'arrive pas à accéder à ton blog au-delà de cette page  (j'ai eu ce pb plusieurs fois, ce qui expliquie en partie la rareté de mes visites ): je mets ton blog dans "Mes favoris", et ensuite il ne me donne que l'article du jour où je l'ai inscrit).<br /> (merci pour le lien, c'est super gentil, (je vais me décider à apprendre à inscrire des liens, chez moi,)
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D
merci mireille pour la visite, pardon pour le retard à répondre, tu mets en lien l'adresse de l'accueil avant d'ouvrir un article (ça devrait marcher !?) - à tout à l'heure sur le fil
C
un texte sombre, profond , intense ,  mystérieux qui transpire une atmosphère d'indifférence, de bassesse ,d'hyprocrise, de mensonges, de suspicion pour appréhender  avec brio  la noirceur de l'âme humaine, j'ai aimé la puissance et la profondeur de tes mots !<br /> Merci de ton passage sur mon blog où je suis toujours ravie d'accueillir de nouveaux visiteurs  et  en espérant  que tu reviendras souvent te balader dans mon jardin d'écriture !<br /> En tout cas moi je reviendrai dans ton univers qui m'a séduite  et je t'ajoute à mes favoris !<br /> Merci pour le partage !<br /> chrystelyne
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D
merci chrystelyne, dans cette histoire, il n'y a que fantasmes teintés fortement de souvenirs mais qui est-il celui que les voitures bleus ont emmené et puis ce petit rire cristallin en écho sur les rives... j'te jure, j'ai rien vu
M
Oui, ce texte pêche profond, sous les apparences et les automatismes, j'ai envie de dire "histoire forte" comme on dit "eau forte"...
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D
merci Mireille j'ai toujours aimé lorsque le caché de l'âme humaine se fait entrevoir aux brumes de nos hermétismes et de nos certitudes...
V
Le climat très sombrece galop de la phrase où se tissent rires de gorges et hurlements, frolements de lune et d'eauxcela me rappelle une chanson de Vigreaultla manikoutaiC'est très beau, tu es en plein dans ton vrai de vrai style làc'est beau et émouvantpuissant....
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D
qu'il est doux d'avoir ta visite Viviane, toi dont les écrits se sont tu à notre grand regret, qu'importe le nombre de visites pour moi seul compte la qualité de ceux qui s'arrêtent, à bientôt
Z
Peur du qu'en dira-t-on, indifférence, médisance, mépris, suspicion, jalousie... : on peut s'interroger sur les motivations. En tout cas, ton texte recrée cette atmopshère très particulière. Il me fait penser à cette chanson de Goldman que je permets de citer ici : "Peurs".<br /> Qu'est-ce qu'on aurait dû ?Qu'est-ce qu'on aurait pu ?Personne y peut rienChacun son destinIci, c'est comme çaC'est chacun pour soiLa vie, les rumeursPeurs contre peursOn l'a trouvée bizarreDès qu'elle est arrivéeAvec son genre à partSon air d'pas y toucherElle était pas bavardeA peine bonjour bonsoirJ'ai mis les mômes en gardeNous, on veut pas d'histoireElle était pas vilaineMoi, j'la trouvais vulgaireToujours la même dégainePas coiffée, un drôle d'airElle prenait des taxisElle fumait dans l'couloirElle f'sait quoi dans la vie ?J'm en fous, j'veux pas l'savoirPeurs contre peurs, nous sommes d'ici, elle est d'ailleursPeurs contre peurs, elle est partie un jourOn reste entre nous peurs contre peursOn voyait d'la lumièreSi tard a-t-on idéeQu'est-ce-qu'elle pouvait bien faire ?Elle avait pas la téléElle avait pas d'visiteElle avait pas d'courrierElle a même eu les flicsNon, c'était à côtéOn dit de source sûreQu'un voisin l'a croiséeLa nuit dans une voitureMoi, rien peut m'étonnerElles ont ça dans la peauC'est comme des animauxC'est c'que nous avait ditUn gars des coloniesPeurs contre peurs. nous sommes d'ici elle est d'ailleursPeurs contre peurs, un jour elle est partieNous sommes restés, nos peurs aussiQu'est-ce qu'on aurait dû ?Qu'est-ce qu'on aurait pu ?Personne y peut rienChacun son destinIci, c'est comme çaC'est chacun pour soiOn demande rienQu'est-ce que vos croyezC'est partout pareilNos yeux, nos oreillesVaut mieux les fermerIci, tout est durOn aime les serruresPas les étrangersOn l'a trouvée bizarreDès qu'elle est arrivéeAvec sont genre à partSon air d'pas y toucherElle était pas bavardeA peine bonjour bonsoirJ'ai mis les mômes en gardeNous, on veut pas d'histoirePas d'histoire
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D
merci zebu, il me vient un autre texte de cette veine : Marie-Jeanne repris par Joe Dassin, mystére et sous-entendus